Un clafoutis aux tomates cerises / Véronique de BURE

Dans ce roman, on suit Jeanne 90 ans et ses amis : Nine, Fernand et la Marcelle, Gilberte, Toinette… On vit au rythme de Jeanne et de ses déplacements … de moins en moins loin. Entre goûters, cuisine pour ses enfants et petits enfants, déplacements à Vichy ou ailleurs, Jeanne nous entraîne dans l’intimité d’une vieille dame, dans la campagne de l’Allier.

Un livre plein de tendresse et plein de scènes de vie qui rappelleront aux uns et aux autres des moments partagés avec nos Jeanne, Gilberte ou Nine…

Un cimetière à Marrakech/ Alain ROELS

Quatrième de couverture : Jules Renard est un journaliste passionné d’ouvrages anciens. Il a fait une découverte intéressante dans une malle d’archives retraçant l’histoire d’une famille française venue s’installer au Maroc en 1907. Son travail est perturbé le jour où il croise, dans une rue de Marrakech, une compatriote en voie de clochardisation. Obsédé par cette rencontre furtive, il fait tout pour retrouver cette femme et il y parvient. Grâce à elle, il apprendra beaucoup du Maroc d’aujourd’hui. Mais c’est au cimetière européen que leur vie sera bouleversée.

Ce roman est à la fois un regard européen sur le Maroc d’aujourd’hui et une plongée dans le passé de ces migrants français qui sont allés chercher une autre vie sur le sol marocain. Avec Jules, on vit dans la communauté française installée dans le Maroc du XXIe siècle et avec  Ginette et Marcel, on quitte le Morvan pour démarrer une vie nouvelle dans ce territoire sous protectorat. Ces deux époques en parallèle nous entraînent dans une belle histoire qui nous réserve quelques surprises jusqu’à la dernière page.C.B.

Un bruit de balançoire / Christian BOBIN

Le nouveau livre de Christian Bobin sorti au mois d’août. Un recueil composé de lettres envoyées à sa mère, à un nuage, à un ami, à un messager, à son pauvre bol…

Une écriture toujours aussi belle, poétique, intime… Une écriture sur la vie, tout simplement.

Quelques extraits à partager sur le livre et la lecture :

« J’ai aimé les livres pour ce qu’ils étaient, des blocs de paix, des respirations si lentes qu’on les entend à peine. J’ai aimé le silence, la musique et la mort pour ce qu’ils ouvraient en moi, cette clairière dans mon cerveau, ce trou dans les étoiles, un peu de vide, enfin. »

« La lecture est un billet d’absence, une sortie du monde. »

Alors bonnes lectures !

Les solitudes se ressemblent / Ahmed KALOUAZ

Dans ce roman Ahmed Kalouaz retrace la vie présente et passée de Fatima, une  femme née dans un baraquement de Saint-Maurice, dans le Gard. C’est là que pendant des années sa famille et bien d’autres ont été parquées après leur retour d’Algérie. Fatima est fille de harkis. Elle devra subir les conséquences d’être » une fille de traitre et une fille d’Arabe ». Pas facile de se construire avec ce  passé qui pourtant n’est pas le sien.

Un sujet difficile encore aujourd’hui dans la société française, mis en lumière par Ahmed Kalouaz à travers les pensées et la vie de cette  femme. Un  beau roman plein de sensibilité comme sait le faire cet auteur.


« Les survivants ne furent jamais considérés comme des héros, même aux yeux de leurs propres enfants. Je me suis défiée de mon père parce qu’il portait cette honte-là, d’un combat et de lieux dont nous ne savions rien à l’époque, à peine un peu plus aujourd’hui. J’ai moi aussi dans mes premiers émois d’adolescente pris cet homme pour ce que l’on disait de lui et de ses pairs. Harki ayant pactisé avec l’armée française alors qu’elle incendiait les douars, traquait des hommes dans les ruelles des grandes villes, les sentiers du maquis, sans états d’âme, parce qu’il fallait tuer de crainte de l’être soi-même. »   extrait des pages 40 -41

Riquet à la houppe / Amélie NOTHOMB

Je me suis finalement laissée tenter par le traditionnel livre de rentrée d’Amélie Nothomb. Laissée sur ma faim par Pétronille de la rentrée 2015, c’est sans enthousiasme mais avec curiosité que j’ai commencé ce conte. Un bon cru, sans champagne cette fois mais avec des personnages attachants, des répliques pleines d’humour et grinçantes, comme on les aime chez cet auteur.

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C’est l’histoire de Déodat, passionné par le monde des oiseaux, très intelligent mais au physique peu flatteur.  On le suivra de sa naissance à sa rencontre avec Tremière. Ce livre nous entraîne dans le monde des contes  et en particulier dans celui de Riquet à la houppe, mais aussi dans l’univers très particulier d’Amélie Nothomb. C.B.


Enide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu’elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d’une maladresse variable : « c’est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort. » Ou : « Drôle de tête ! Enfin pour un garçon, ce n’est pas grave.
Le sommet fut atteint par la méchante tante Epziba :
– Ma pauvre Enide, tu te remets ?
– Oui. La césarienne s’est bien passée.
– Non, je veux dire, tu te remets d’avoir un gosse aussi vilain ? »

– Ma pauvre Enide, tu te remets ?

– Oui. La césarienne s’est bien passée.

Jukebox Motel / Tom GRAFFIN

Ce roman a reçu le prix livres en vignes 2016.

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Le 23 septembre 2016, au château du clos de Vougeot en Côte d’Or, Tom Graffin a reçu le prix du premier roman Méo-Camuzet pour Jukebox Motel.

C’est un roman captivant où l’on suit les aventures de Thomas Shaper. Il quitte l’exploitation familiale de culture de fraises de son père,  pour New York et le rêve de devenir un grand peintre. Parcourant les États-Unis,  son rêve tourne parfois au cauchemar, les rencontres de Thomas auront de multiples conséquences  et on est emmené avec lui dans le tourbillon de sa vie et de ses créations. Créations parfois destructrices…

Extrait du roman :

« En ce premier jour d’automne 1970, que sont mes toiles ? De l’art ? De la besogne ? De l’amour ? De la haine ? Une issue ? Un piège ? Elles ont été toutes ces choses à des périodes différentes, mais il n’y a qu’une seule chose qu’elles aient toujours été : une farce. »

Le poison d’amour / Eric Emmanuel SCHMITT

Quatre adolescents de seize ans liées par un pacte d’amitié éternelle tiennent le journal de leur impatience, de leurs désirs, de leurs conquêtes et de leurs rêves. Comment éviter les désastres affectifs dont les parents donnent l’image quotidienne dans leur couple ? Hier encore des enfants, les voilà prises au piège de cette émotion bouleversante, l’amour, prêtes à entrer dans ce domaine mystérieux, cette folie qui peut les transformer en monstres.
Tandis qu’au lycée on s’apprête à jouer Roméo et Juliette, imprévisible et fatal, un drame se prépare…

« Si tu ne m’aimes plus, c’est que tu ne m’as jamais aimé. »

Kinderzimmer / Valentine GOBY

« Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

-Pourquoi tu fais ça ? Qu’est ce que tu veux ?

-La même chose que toi. Une raison de vivre. »

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Les gens heureux lisent et boivent du café / Agnès MARTIN-LUGAND

Martin Lugand les gens

 » Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n ‘a d’autre choix que de faire avec.

Mémé / Philippe TORRETON

Mémé /Philippe TORRETON

« Mémé, ça ne se dit plus mais c’était ma mémé » nous dit le bandeau ajouté sur ce roman.

Torreton mémé

Mémé, un mot qui fait sourire, un mot qui n’est plus très à la mode  mais ici dans ce roman c’est un merveilleux mot rempli de tendresse, d’amour, de reconnaissance. Un très beau livre  où tous ceux qui ont eu la chance de connaître leur mémé se retrouveront. Une reconnaissance pour tous ceux et toutes celles qui nous ont donné leur temps et leur amour. Mais aussi une déchirure devant la séparation et la mort.

Un livre pour replonger dans nos souvenirs.

Un livre qui  fait sourire, qui fait pleurer.

Un magnifique livre de vie sur nos « mémés » !

C.B.