Un oiseau blanc dans le blizzard / Laura KASISCHKE

Garden Heights, dans l’Ohio.

Kasischke un oiseau

Une banlieue résidentielle qui respire l’harmonie. Eve nettoie sa maison, entretient son jardin, prépare les repas pour son mari et pour Kat, sa fille. Depuis vingt ans, Eve s’ennuie. Un matin d’hiver, elle part pour toujours. Kat ne ressent ni désespoir ni étonnement. La police recherche Eve. En vain. La vie continue et les nuits de Kat se peuplent de cauchemars.

Une fois encore, Laura Kasischke écrit avec une virtuosité glaciale le roman familial de la disparition et de la faute.

Un homme, ça ne pleure pas / Faïza GUENE

Dans la banlieue de Nice, la famille Chennoun vit au mieux de ses contradictions. Abdelkader, le « padre », ancien cordonnier, met en garde son unique fils, Mourad, contre les larmes qu’un homme doit refouler. Mourad, lui, les verserait volontiers, écrasé qu’il est par une mère, Djamila, aimante, envahissante et possessive, dispensatrice d’une nourriture pléthorique et sacrificatrice de ses rares amis : c’est en garçon solitaire, désaltérant ses soifs dans la seule lecture, qu’il grandit. L’aînée des filles, Dounia, refuse sa condition de fille musulmane inféodée à sa famille, rêve d’une brillante carrière politique et rompt les amarres sous les imprécations de ses parents et de sa cadette, Mina, respectueuse de la tradition… Devenu prof de français, Mourad quitte Nice peu après que le « padre » eut fait un AVC et se fut figé dans une demi-mort sur un lit d’hôpital. Nommé à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Mourad est hébergé dans un somptueux appartement du XVIe arrondissement par son cousin Miloud, un beau gosse cynique qui est passé par la case prison en Algérie et incendie les sens d’une très riche quinquagénaire à particule… Mourad est désorienté mais ce n’est rien à côté de ce qui l’attend au collège Gustave-Courbet. Trouvera-t-il jamais la tranquillité à laquelle il aspire depuis toujours ?

Sois un homme, papa / Janine BOISSARD

Boissard, sois un ho

« Dans la vie, mon grand, il faut parfois savoir choisir. »

Comment Jean-Rémi se relèvera-t-il de cette phrase meurtrière que son fils aîné lui jette à la figure ? A force de concessions, a-t-il perdu l’estime des siens ? Comment la reconquérir ? Choisir, pour lui, ce sera dire « non ». Non aux diktats de sa femme, ambitieuse avocate internationale. Non à un travail qu’il déteste. Non au mépris de Cédric et de Tom, ses garçons pour lesquels il ne fut jamais un modèle. Cessant enfin de courir après une vie qui lui échappe, Jean-Rémi va renouer avec la passion de sa jeunesse, l’horticulture, et prendre le temps d’être lui-même. Ainsi regagnera-t-il le respect des autres. Et, pour l’amour de ses enfants, Jean-Rémi est prêt à tout.

On rit et on pleure dans ce roman de Janine Boissard, qui s’inscrit dans la veine du roman familial qui a fait son succès.

Ne dis rien / Cathy GLASS

Quand Reece, sept ans est confié à Cathy Glass, mère d’accueil, le petit garçon est déscolarisé et a déjà été renvoyé de nombreux foyers. Dernier d’une famille de six enfants tous placés, il est extrêmement violent.

portée par le désir de secourir cet enfant en détresse, Cathy va tenter de comprendre son histoire. Mais Reece, lui, ne parlera pas : sa mère lui a fait promettre de ne rien dire.

A force d’obstination, la jeune femme va découvrir … un abominable secret de famille. Pourra-t-elle désormais  aider Reece à guérir des terribles démons qui le hantent ?

Une étoile aux cheveux noirs / Ahmed KALOUAZ

Aux portes de l’automne, un homme entreprend un lent voyage à mobylette à travers la France, d’un port de Bretagne jusqu’à Grenoble. Au bout de la route, sa mère. Sera-t-elle là pour lui ouvrir la porte ? Descendue d’un bateau à Marseille dans les années cinquante, une valise à la main et de l’autre un enfant, elle va subir à 84 ans un dernier déracinement. L’appartement dans lequel elle vit depuis quarante ans, au huitième étage d’une cité doit être rasé, et tous ses souvenirs emportés dans des cartons.

Le long de ces mille kilomètres, le fils remonte le cours de l’histoire de sa mère. l’enfance confisquée, les premiers taudis lors de l’arrivée en France, le racisme mais aussi les parfums épicés de sa cuisine, l’amour porté à ses quatorze enfants.

A cette mère illettrée, dépossédée dès l’enfance de son destin, Ahmed Kalouaz écrit une lettre bouleversante et pudique.

La honte / Annie ERNAUX

La vie de la narratrice se compose de deux époques : « avant » le mois de juin 1952 et ce dimanche maudit lorsque « mon père voulut tuer ma mère », et « après », avec cette vie bouleversée et ce temps passé dans l’angoisse de la prochaine dispute. « Après, ce dimanche-là s’est interposé entre moi et tout ce que je vivais comme un filtre. » Servie par une écriture imagée tissée d’expressions populaires, Annie Ernaux raconte le temps jadis avec son père et sa mère et leur bistrot-épicerie dans un petit village de Normandie : la messe, la robe du dimanche, sa grand-mère, l’oncle Joseph, la balançoire géante, ses cousins, les trains vers Le Havre… Au centre de ce court récit, les années 51-52, la faillite de ses parents, les difficultés d’argent et « la honte devenue un mode de vie. » Un texte tendre, extrêmement attachant.

Vas-y maman / Nicole de BURON

Une mère de famille dévouée à son foyer se met tout à coup à vouloir exister par elle-même. Ancienne journaliste, elle décide de se remettre à travailler et devient écrivain. Mais, elle ne se doute pas encore que le fulgurant succès de son livre va mettre en péril l’équilibre de sa petite famille chérie.

Peut-on être à la fois une bonne épouse au foyer et une « executive woman » ? Compliqué, mais…

Il a jamais tué personne, mon papa / Jean-Louis FOURNIER

Il était docteur, le papa de Jean-Louis Fournier. Un drôle de docteur qui s’habillait comme un clochard, faisait ses visites en pantoufles et bien souvent ne demandait pas d’argent. Ses patients lui offraient un verre. Il n’était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait trop bu :  il disait alors qu’il allait tuer sa femme. Un jour il est mort : il avait quarante-trois ans. Longtemps après, son fils se souvient. A petites touches, en instantanés, il trace le portrait de ce personnage étonnant, tragique et drôle à la fois. Il a appris, en devenant grand, l’indulgence. Et qu’il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui, plus fragiles, choisissent de « mauvais » moyens pour supporter l’insupportable.

Du rêve pour les oufs / Faïza GUENE

Ahlème a 24 ans. Elle vit à Ivry en banlieue sud avec « Le patron » (son père) et Foued, son petit frère de 13 ans. « Le patron », personnage loufoque, a perdu la boule il y a trois ans lors d’un accident de chantier où sa tête a heurté une solive. N’ayant plus toute sa tête, dépassé par les événements, c’est un « patron » dont l’autorité repose avant tout sur Ahlème qui a fort à faire avec Foued, un vrai petit chétane (voyou). La seule chose qui le retient de ne pas collectionner les conneries (plus ou moins drôles et plus ou moins graves), c’est la surveillance de sa soeur. Le problème est qu’elle aussi a fort à faire, entre ses missions intérim (les comptages de clous chez Leroy Merlin), les files d’attente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour (tous les trois mois) et ses histoires d’amour foireuses (pourquoi ses copines s’entêtent-elles à lui présenter des ploucs ?). Certains auraient baissé les bras et arrêté de rire. Mais pas elle. Car, comme dit Tantie Mariatou : « On a beau couper la queue du lézard, elle repousse toujours. »