Bilquiss / Saphia AZZEDDINE

« Vous priez encore Dieu ?

– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?
– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.
– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »
Bilquiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l’histoire d’une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie sa religion.

Portrait d’après blessure / Hélène GESTERN

Il s’appelle Olivier, elle s’appelle Héloïse. Ils vont déjeuner, mais la rame de métro dans laquelle ils sont montés est gravement endommagée par une explosion. Restera de cet accident des corps meurtris, un sentiment brisé et une photo de leur évacuation, si violente et si impudique qu’elle va tout faire trembler autour d’eux. Ils n’auront qu’une obsession : réparer les dégâts que cette image aura causés dans leurs vies.

Portrait d’après blessure raconte l’histoire de deux êtres aux prises avec le pouvoir des photographies, qu’elles parlent la langue de la dignité ou celle du désastre.

Dix-sept ans / Colombe SCHNECK

Schneck17ans

On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. je suis une fille, pas un garçon. J’ai dix-sept ans, mon corps me trahit, je vais avorter. J’y pense toujours, je n’en parlerai jamais à personne. parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? » C.S.

Des millions de femmes l’ont vécu, des millions de femmes l’ont tu. C’est un événement jamais banal, jamais confortable. Un récit pudique, poignant, troublant.

Le village évanoui / Bernard QUIRINY

quiriny village

Un beau matin de septembre, les habitants de Châtillon-en-Bierre se retrouvent confrontés à un curieux phénomène : il leur devient soudain impossible de quitter leur village. Les routes n’aboutissent plus nulle part, tout comme les coups de téléphone et les e-mails. Après la sidération du début, il faut très vite affronter des questions pratiques (comment manger, se soigner, etc.), puis des questions métaphysiques. Les Châtillonnais sont-ils désormais seuls dans l’univers ? Est-ce un signe de Dieu ?

Jouant de situations tantôt cocasses, tantôt tragiques, Bernard Quiriny signe une savoureuse fable sur la démondialisation doublée d’une interrogation sur le sens de l’existence.

Rhinocéros / Eugène IONESCO

« Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! »

Kinderzimmer / Valentine GOBY

« Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

-Pourquoi tu fais ça ? Qu’est ce que tu veux ?

-La même chose que toi. Une raison de vivre. »

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Extras vol.4 / Scott WESTERFELD

Plusieurs années se sont écoulées depuis que la rebelle Tally a renversé le système des Uglies, des Pretties et des Specials. Sans castes, le monde connaît une véritable renaissance, sous le regard de millions de caméras. La société n’est plus qu’une gigantesque émission de télé réalité.

Une chose pourtant n’a pas changé : les moins de seize ans sont interdits en ville. Surtout quand on est une Extra comme Aya, une anonyme au rang facial ridicule. Sa seule chance de s’arracher à la médiocrité : claquer sur le nouveau réseau une histoire inouïe et … dangereuse.

Specials vol.3 / Scott WESTERFELD

Les Specials : ce nom faisait frissonner Tally lorsqu’elle n’était qu’une Ugly insoumise et repoussante. Et voilà qu’après une nouvelle opération, elle est devenue une Special à son tour ! Pourtant, la jeune fille ne peut s’empêcher de penser à son ancienne vie. Alors, le jour où les Autorités lui demandent d’éliminer les rebelles de La Nouvelle-Fumée, un choix douloureux s’impose à elle : doit-elle écouter la petite voix de sa conscience ou mener à bien la mission cruelle pour laquelle elle a été conçue ? Quelle que soit sa décision, le monde de Tally ne sera plus jamais le même…

Pretties vol.2 / Scott WESTERFELD

Tally est enfin devenue une sublime Pretty. Elle a de grands yeux pailletés, un visage et un corps parfaits ; tout le monde l’apprécie, et son petit copain est craquant. Ses rêves les plus fous sont devenus réalités. Mais au cœur de cette vie de fête, de luxe high-tech et de liberté, perce un sentiment de malaise : quelque chose ne va pas, quelque chose d’important. Un jour, Tally reçoit un message, écrit de sa propre main lorsqu’elle était Ugly… A mesure qu’elle le lit, les souvenirs reviennent : sous la beauté parfaite et le bonheur absolu des Pretties se cache une effroyable vérité. Désormais pour Tally un choix cruel s’impose : oublier à tout prix cette vérité ou fuir la cité pour sauver sa peau.

Je voudr@is que tu … / Frank ANDRIAT

« De lui, je n’ai vu que quelques photos, celles qu’il partage sur le net. Mais il n’en dit pas beaucoup sur sa vie ; j’imagine une histoire folle… Et si tout cela était trop parfait pour être vrai ? Si son profil n’était qu’un masque ? Pourtant, sur chaque photo, j’ai l’impression que ses yeux me sourient… »