Né d’aucune femme / Franck BOUYSSE

Les premières pages de ce roman nous emmènent dans une histoire que l’on a du mal à saisir. Qui est cet homme ? Qui est cet enfant ? Mais très vite tout va se mettre en place et l’on va basculer dans l’enfer de la vie de Rose. Parce qu’elle était l’aînée des quatre filles, parce que sa famille est pauvre, parce que son père va la vendre, parce que ce couple qui l’achète est le mal incarné, Rose ne connaîtra plus jamais le bonheur, sauf peut-être quelques instants, quelques jours au milieu de ce que l’être humain à de plus sordide.

Un roman et une écriture qui vous habitent de la première à la dernière ligne.

Félix et la source invisible / Eric-Emmanuel SCHMITT

Comment à 12 ans, Félix va-t-il réussir à soigner sa mère ?

Félix vit à Belleville avec Fatou qui tient un petit bistrot. Subitement, leur vie va devenir un cauchemar. Heureusement, clients et amis sont là pour aider Félix qui va tout faire pour ramener Fatou à la vie.

Un beau roman d’Eric-Emmanuel Schmitt, un de plus, avec toujours autant de sensibilité et de poésie. Un roman qui peut nous rappeler Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran .

Les carnets d’Esther / Florence ROCHE

Une jeune femme part à la recherche de la vérité sur la mort de son père. Son enquête va la replonger dans l’histoire de la seconde guerre mondiale, en juillet 1942. Ce jour-là, deux petites filles dorment côte à côte : l’une d’elle est emmenée dans les camps, l’autre non… Quel est ce mystère qui va aboutir bien des années plus tard à un meurtre ?

Après la peine / Ahmed KALOUAZ

Les parents ont parfois des zones d’ombre… La vie si banale de Ludovic bascule brutalement le jour où son père est arrêté au petit matin par des policiers, pour escroquerie. Même sa mère ne soupçonnait rien. À quoi cet argent servait-il ? Lorsque plusieurs mois plus tard il sort de prison, il refuse toujours de parler. Mais il propose à Ludovic de partir en camping-car dans les Cévennes. Le temps de se retrouver tous les deux, entre père et fils, et de s’expliquer.

On la trouvait plutôt jolie / Michel BUSSI

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits…
Un suspense renversant et bouleversant.

 » — Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
— Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
— Qui l’a lancé, ce sortilège ?
— Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Une fille de …/ Jo WITEK

« Courir pour me sentir unique sur terre. Courir pour exister. Me forger un moral de championne, un corps solide, musclé, entraîné. Un corps qu’on ne piétine pas. Qu’on n’avilit pas. Courir pour que mon corps n’appartienne qu’à moi. Que mes désirs n’appartiennent qu’à moi. Courir pour marcher librement sans me soucier du regard des autres, et surtout pas de celui des hommes. Tel était mon salut. »

Le long de la ligne verte, Hanna avale des kilomètres de chemin quatre fois par semaine. Dans ces moments de solitude, elle se sent libre, forte, protégée du regard des autres. Hanna est la fille d’Olga, prostituée ukrainienne. Ailleurs, en ville comme en cours, c’est plus difficile. Par amour pour sa mère, elle décide un jour de ne plus avoir honte. De relever la tête et de raconter son histoire au rythme de ses foulées.

Point cardinal / Léonor de RECONDO

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur les chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable.

Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. A son retour, Solange trouve un cheveu blond…

Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il est une femme. Reste à convaincre ceux qu’il aime de l’accepter.

La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize -, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides et d’une poignante justesse, elle trace le difficile parcours d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière.

Les solitudes se ressemblent / Ahmed KALOUAZ

Dans ce roman Ahmed Kalouaz retrace la vie présente et passée de Fatima, une  femme née dans un baraquement de Saint-Maurice, dans le Gard. C’est là que pendant des années sa famille et bien d’autres ont été parquées après leur retour d’Algérie. Fatima est fille de harkis. Elle devra subir les conséquences d’être » une fille de traitre et une fille d’Arabe ». Pas facile de se construire avec ce  passé qui pourtant n’est pas le sien.

Un sujet difficile encore aujourd’hui dans la société française, mis en lumière par Ahmed Kalouaz à travers les pensées et la vie de cette  femme. Un  beau roman plein de sensibilité comme sait le faire cet auteur.


« Les survivants ne furent jamais considérés comme des héros, même aux yeux de leurs propres enfants. Je me suis défiée de mon père parce qu’il portait cette honte-là, d’un combat et de lieux dont nous ne savions rien à l’époque, à peine un peu plus aujourd’hui. J’ai moi aussi dans mes premiers émois d’adolescente pris cet homme pour ce que l’on disait de lui et de ses pairs. Harki ayant pactisé avec l’armée française alors qu’elle incendiait les douars, traquait des hommes dans les ruelles des grandes villes, les sentiers du maquis, sans états d’âme, parce qu’il fallait tuer de crainte de l’être soi-même. »   extrait des pages 40 -41

Point final / William LAFLEUR

« Ce matin, je suis mort. J’ai mis un point final à cette vie. »

Dans leur maison, une mère de famille et ses deux enfants viennent d’apprendre la mort accidentelle de leur mari et père.

Tout à leur souffrance, comment pourraient-ils se douter qu’ils sont épiés jour et nuit, que des caméras et des micros enregistrent chacun de leurs gestes et chacune de leurs paroles ? Que celui qui les observe n’est autre que leur cher disparu ? Bien vivant, à quelques rues de là, il tient froidement un journal dont les mots se nourrissent de leurs larmes.

Voyeur de la douleur des siens, manipulateur de leur détresse, celui dont l’existence se limite aux pages qu’il noircit jour après jour invite le lecteur à devenir complice de son jeu littéraire…