
« Ecouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.
Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.
Un condensé poétique sur fond de cerisiers en fleurs: une vieille femme ressemblant à une fée pouvant enfin à son triste destin. Avec une générosité inouïe cette vieille grand-mère livre ses secrets de pâtisserie à un jeune perdu et ne croyant plus en rien. Elle transmet inlassablement alors que cette société japonaise a été effroyable avec elle. Deux histoires se mêlent et se répondent: celle du traitement des pestiférés au Japon traités de la pire des façons et celle de la pâtisserie. Cette petite mamie a fait le choix du pardon, se trouvant récompensé par le droit de se mêler aux autres. Rien ne fait plus briller ses yeux. Un petit livre plein de surprises et d’amour… F.P.
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