Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu’ils n’ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun des deux ne pouvait exister seul, comme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine qu’ils jettent l’un sur l’autre, pouvait se révéler ce qui n’est jamais tout à fait dit dans l’un, jamais tout à fait dit dans l’autre, mais seulement dans leur fragile intersection.
L’un de ces textes appartient tout entier à l’imaginaire : c’est un roman d’aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d’un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l’idéal olympique. L’autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d’une vie d’enfant pendant la guerre, un récit pauvre d’exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d’absences, d’oublis, de doutes, d’hypothèses, d’anecdotes maigres. Le récit d’aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. Car il commence par raconter une histoire et, d’un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d’on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d’où est sorti ce livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l’enfance et la trame de l’écriture.»
Georges Perec.

Un de mes dix livres préférés! Un roman/ autobiographie original et bouleversant : l’auteur alterne une fiction dans les chapitres impairs et la vie de sa famille déportée dans les autres chapitres. Le lecteur peut être au début déconcerté par cette construction mais les deux récits s’entrecroisent et se tricotent pour n’en former qu’un. Les deux se font résonance. L’île aux sportifs étranges qui doivent obéir à des règles arbitraires forment la jeunesse hitlérienne. La fiction éclaire ainsi le destin de sa famille plongée dans l’horreur de la Shoah. Sans jamais tomber dans le pathos, il redonne vie à ses parents. Ils existeront pour toujours dans ce livre; l’écriture est à la fois cathartique et témoignage. F.P.
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J’ai adoré ce livre, l’histoire m’a réellement transportée. L’évolution du récit sur l’île de W alternée avec les souvenirs d’enfance du narrateur rendent la lecture certes un peu périlleuse, mais très agréable. La métaphore de ce lieu où la vie est tournée autour du sport pour relater des faits réels du nazisme et des horreurs subies pas le peuple juif pendant la seconde guerre rend l’histoire très touchante, bouleversante. J’ai dévoré ce livre en seulement quelques jours, et je le relirai volontiers. Cl98
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