La nostalgie heureuse / Amélie NOTHOMB

Nothomb, nostalgie heureuse

Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. À l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête ?

À aucun moment je n’ai décidé d’inventer. Cela s’est fait de soi-même. Il ne s’est jamais agi de glisser le faux dans le vrai, ni d’habiller le vrai des parures du faux. Ce que l’on a vécu laisse dans la poitrine une musique : c’est elle qu’on s’efforce d’entendre à travers le récit. Il s’agit d’écrire ce son avec les moyens du langage. Cela suppose des coupes et des approximations. On élague pour mettre à nu le trouble qui nous a gagnés.

Une réflexion sur “La nostalgie heureuse / Amélie NOTHOMB

  1. Un retour en enfance qui n’est pas aussi simple: entre l’envie et l’espoir de retrouver ce que l’on a perdu, retisser les liens n’est pas aussi évident. L’écrivain se montre sans fard dans une joie pure de retrouvailles avec une douce amertume de voir que le passé ne peut pas être totalement retrouvé. Une immersion japonaise tout en simplicité et plaisir. F.P.

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