Le visiteur / Eric-Emmanuel SCHMITT

Juin 1938. Les troupes hitlériennes viennent d’envahir l’Autriche. Dans Vienne occupée, Sigmund Freud, vieux, malade, persécuté, inquiet pour le sort de sa fille Anna, découvre que derrière l’énigmatique visiteur qui le surprend dans son appartement se cache peut-être une incarnation de Dieu.

Entre le vieil homme désabusé, qui ne croit que ce qu’il voit, et l’élégant personnage, spirituel et manipulateur, se noue un étrange dialogue.

Le Cid / Pierre CORNEILLE

« Rodrigue, as-tu du coeur ? » Par cette question, Don Diègue éprouve le courage de son fils avant de lui demander d’affronter en duel le comte de Gormas, qui l’a giflé.

S’il tue le comte, Rodrigue sauve son honneur mais perd son amour – le belle Chimène, fille de l’offenseur.

Au moment de sa création, en 1637, l’œuvre suscite les passions les plus vives. Les rivaux de Corneille attaquent la pièce, dénoncent ses invraisemblances et crient au plagiat. Mais déjà, « tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodigue ». Depuis, Le Cid  n’a cessé d’être joué.

Roméo et Juliette / W. SHAKESPEARE

« Car jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Juliette et de son Roméo. » C’est par ces mots que Shakespeare conclut la tragique histoire des amants de Vérone devenus au fil du temps, le figures mythiques de l’amour et de la jeunesse en lutte contre l’absurdité des conflits familiaux aux rivalités ancestrales.

Rhinocéros / Eugène IONESCO

« Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! »

Antigone / Jean ANOUILH

« L’Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l’ai réécrite à ma façon, avec la résonnance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. Jean Anouilh

Le Dieu du carnage / Yasmina REZA

A l’issue d’une altercation entre leurs fils respectifs, deux couples se rencontrent pour régler le conflit à l’amiable. Mais le propos policé des adultes dégénère vite en dispute féroce … Mus par « le dieu du carnage », ils finiront par se quereller avec pertes et fracas …

Une pièce drôle et efficace, dans laquelle la mécanique du conflit mélange les registres. Yasmina Reza propose une comédie grinçante très actuelle et proche des lecteurs, où pointe une satire de notre société d’apparences.

Médée KALI / Laurent GAUDE

Qui est donc cette femme, seule sur scène, qui hurle sa colère ? Elle est Médée, et aussi Gorgone et Kali, divinité hindoue. Amante et mère criminelle, trahie et meurtrie, elle raconte son errance depuis l’Orient où elle est née. A qui s’adresse-t-elle ? Peut-être à ceux qu’elle a perdus et qui sont désormais loin d’elle.

Macbeth / William SHAKESPEARE

Macbeth et Banquo, généraux de Duncan, roi d’Ecosse, de retour d’une campagne victorieuse contre les rebelles, rencontrent dans la lande trois sorcières qui leur font une prophétie : Macbeth deviendra roi, affirment-elles, et Banquo engendrera des rois… Poussé par Lady Macbeth et désireux d’accéder au trône, Macbeth entreprend d’assassiner Duncan – premier crime d’une longue série. C’est ainsi que débute Macbeth (1606), l’une des plus célèbres tragédies de Shakespeare, qui relate une plongée dans le Mal extrême et absolu. Comme l’écrivait Victor Hugo : « Macbeth, c’est la faim. Quelle faim ? La faim du monstre toujours possible dans l’homme. Certaines âmes ont des dents. N’éveillez pas leur faim. »

Le paquet / Philippe CLAUDEL

Un homme tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Que renferme t-il donc ? Le corps de sa femme qu’il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs, ses rêves, ses joies ? Les débris d’une vie ? Nos lâchetés, nos abandons, nos laideurs ? Le doute plane jusqu’au bout.