Tabou / Frank ANDRIAT

Loïc est mort. Loïc s’est suicidé parce qu’il n’acceptait pas son homosexualité. Dans sa classe, c’est la conster­nation. Personne ne se doutait de rien. Sauf Philippe à qui Loïc a parlé quelques jours avant de se pendre, à qui Loïc a fait promettre de ne pas dévoiler son secret.

Tabou. Il y a des sujets qu’on hésite à aborder. Parce que c’est plus facile. Plus lâche aussi, mais ça, on préfère l’oublier. Tabou. Quand on est différent, c’est difficile, mais c’est aussi tellement riche. Loïc s’est tu et il est mort. Aurait-il pu tendre la main vers les autres, aurait-il pu apprendre à s’aimer ? Ses amis, stupéfiés par ce geste, s’interrogent.

La fugue / Valérie SIGWARD

  Dans sa chambre, il y avait une étagère spéciale où il rangeait ses robots. Un jour, il me les a tous donnés. Sur les murs, il y avait des posters de Jim Morrison et un de Lara Croft. Il écoutait les Doors, Louise Attaque, Nirvana, et the Wall des Pink Floyd qu’il avait piqué aux parents, il le mettait à fond en faisant ses devoirs. Quand on lui demandait si ça allait, il répondait toujours  « très bien » , ce qu’il avait fait de sa journée, il répondait   « des trucs  » , et si ça marchait à l’école « ouais » . Il ne piquait jamais dans les magasins alors que, pendant un moment, il était copain avec un mec qui n’arrêtait pas. Le dimanche, on allait manger chez mamie et c’était clair que c’était son préféré car elle lui caressait les cheveux tout le temps et qu’il se laissait faire. Avant de sortir avec Marie, il est sorti avec une fille qui s’appelait Annabelle et une autre Sophie. Personne ne comprend pourquoi il s’est jeté d’un pont.