Où on va, papa? / Jean-Louis FOURNIER

Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? »

Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre.

Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.

Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents des enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien.

Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Le cri de la mouette / Emmanuelle LABORIT

Emmanuelle est sourde de naissance. pour s’évader de sa prison, elle se met à crier. Des cris d’oiseau de mer, disent se parents. Jusqu’au jour où, à sept ans, « la mouette » découvre le langage des signes. le monde s’ouvre à elle… Elle sera comédienne puisque c’est son rêve le plus cher. Adolescente révoltée, Emmanuelle va lutter, souffrir et finalement gagner son combat : être actrice mais aussi plaider la cause de millions de malentendants. Pour que le monde des sourds ne soit plus le monde du silence.

Patients / GRAND CORPS MALADE

A tout juste 20 ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Dans le style poétique, drôle et incisif qu’on lui connaît, Grand Corps Malade relate les péripéties vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation. Jonglant entre émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance.

« Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l’horloge. La patience est un art qui s’apprend patiemment. »

Un petit quelque chose de différent / Eléonore FAUCHER

Anaïs, qui est née avec une seule main, veut essayer d’être actrice… au moins essayer. Elle parvient à trouver les arguments pour convaincre ses parents, inquiets et embarrassés. Ceux-ci prennent alors rendez-vous avec trois agents et emmènent leur fille à Paris. Dans cette ville aux codes mystérieux, qui l’attire et l’effraie à la fois, Anaïs va faire la rencontre d’Ali, un réalisateur d’origine algérienne qui a le projet de tourner un film sur son enfance dans le bidonville de Nanterre…

Le second souffle / Philippe POZZO DI BOGGO

« Il est insupportable, vaniteux, orgueilleux, brutal., inconstant, humain. Sans lui, je serais mort de décomposition. Abdel m’a soigné sans discontinuité, comme si j’étais un nourrisson. Attentif au moindre signe, présent pendant toutes mes absences, il m’a délivré quand j’étais prisonnier, protégé quand j’étais faible. Il m’a fait rire quand je craquais. Il est mon diable gardien ».

L’histoire vraie de la rencontre improbable du riche privilégié tétraplégique et du jeune beur de banlieue a inspiré les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano pour leur nouveau film Intouchables, avec François Cluzet et Omar Sy.

La tête à Toto / Sandra KOLLENDER

– Écoute Anna, ton bébé est gravement malade, mais tu sais il pourrait être handicapé. Ah, OK, il est handicapé ? Mais tu pourrais être une mère célibataire. Ah, ça aussi ? Bon mais ne te plains pas, je te rappelle que le père de ton fils est vivant alors que ton amoureux d’avant est mort d’un cancer. Ah, tu vois, ça va tout de suite mieux non ?

Anna a grandi dans une famille où le pathos est proscrit. Chez les siens, il est un devoir de rire de tout. Alors, elle n’a pas choix, il faut tout prendre autrement. C’est une question de survie.
Dans ce roman autobiographique, Sandra Kollender nous entraîne dans un monde surréaliste et lumineux. Elle démontre que dans la vie non seulement tout peut arriver – mais que, surtout, presque tout arrive. Même le meilleur.
En refermant ce livre sur le pouvoir de l’amour maternel, on se dit que, bien qu’escarpé, le chemin est exaltant.

Le transfo / Sylvie DESHORS

Bô est sourd. Jeune garçon exclu de la vie des gens « normaux », il a trouvé refuge loin de sa cité, de son collège, dans le calme d’un petit endroit bien à lui. Le hasard amène aussi à ce même lieu Angéla, persécutée par les garçons du collège. Tous deux essaient alors de s’échapper de ce monde en préparant leur fugue.