Les carnets d’Esther / Florence ROCHE

Une jeune femme part à la recherche de la vérité sur la mort de son père. Son enquête va la replonger dans l’histoire de la seconde guerre mondiale, en juillet 1942. Ce jour-là, deux petites filles dorment côte à côte : l’une d’elle est emmenée dans les camps, l’autre non… Quel est ce mystère qui va aboutir bien des années plus tard à un meurtre ?

Le voyant / Jérôme GARCIN

Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux Etats-Unis, où il devient « The Blind Hero of the French Resistance ». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.

Jérôme Garcin fait le portrait d’un résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

L’orangeraie / Larry TREMBLAY

Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible ?

Conte moral, fable politique, L’orangeraie maintient la tension jusqu’au bout. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies.

Prix des Libraires du Québec

Kinderzimmer / Valentine GOBY

« Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

-Pourquoi tu fais ça ? Qu’est ce que tu veux ?

-La même chose que toi. Une raison de vivre. »

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Ce que le jour doit à la nuit / Yasmina KHADRA

Younès n’a que 9 ans quand son père, ruiné, se résout à le confier à son oncle, pharmacien dans une petite ville de l’Oranais. Vite intégré à al communauté pied-noir, Younès partage les jeux et les rêves d’adolescence d’une bande de jeunes colons dont il devient l’ami inséparable. Mais l’amour va bientôt fragiliser ce parfait équilibre et mettre à rude épreuve la complicité qui unit ces quatre garçons. La guerre d’indépendance qui survient, sanglante et fratricide, ajoute encore au déchirement. Écartelé entre sa fidélité à ses origines, sa loyauté envers ses amis, et son amour naissant pour Émilie, Younès devra faire des choix extrêmement douloureux.

Kosaburo, 1945 / Nicole ROLAND

« J’avais ouvert le cockpit, l’air marin montait jusqu’à mes narines, je fermai les yeux. Je voyais les autres, mes compagnons, ceux qui étaient morts avant moi, ceux qui avaient quitté leurs hautes écoles, leurs universités pour ceindre leur front du bandeau du kamikaze. J’entendais leurs voix, leurs rires, et maintenant ce silence. Je les revoyais sur une photographie prise avant leur départ. Casques d’aviateur, lunettes ramenées sur le front, aucun d’eux ne souriait. Ils allaient mourir. Ils le savaient. Certains semblaient farouchement déterminés, d’autres, songeurs, portaient encore sur leur visage la marque de l’enfance. Leurs fantômes me rejoignaient et me demandaient des comptes. Il fallait que je meure. »

La lettre de Conrad / Fred UHLMAN

Parce qu’il a participé à un complot contre Hitler, Conrad est condamné à mort. La veille de son exécution, il décide d’écrire une longue lettre à l’ami juif qu’il se reproche d’avoir trahi. Dans cette confession où souvenirs et présents se mêlent, il retrace d’abord l’histoire de cette amitié si forte puis tente enfin d’expliquer les raisons de sa trahison. Son unique souhait est que Hans le comprenne, s’il le peut…

Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu / Sam BRAUN

Sam Braun avait 16 ans quand il fut arrêté avec ses parents et sa petite soeur par des miliciens français à Clermont-Ferrand. Leur crime ? Ils étaient juifs dans la France occupée par les nazis. Ils seront conduits à Drancy, puis déportés à Auschwitz. Sam reviendra seul. Plus de 60 ans plus tard, après s’être longtemps tu, Sam Braun répond avec simplicité et intelligence aux questions précises d’un professeur de lettres, devenu son ami

La chambre des officiers / Marc DUGAIN

« La guerre de 14, je ne l’ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l’humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d’hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d’excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n’en finissait plus de s’acharner sur le simple soldat. C’est cette guerre-là que je n’ai pas connue. »

Dans les premiers jours de 14, Adrien F, lieutenant du génie, est fauché par un éclat d’obus sur les bords de la Meuse. Défiguré, il est transporté au Val-de-Grâce où il séjournera cinq ans dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s’y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d’une part de leur identité, révéleront toute leur humanité.

Jusqu’à la grotte de la Luire / Ahmed KALOUAZ

1944. En route pour une partie de pêche, Jules, lycéen de 15 ans, et son cousin Paul réfractaire au STO, sont surpris par un groupe de soldats allemands et séparés dans leur fuite. Jules est recueilli par un employé de la mine, Lucien, qui fait partie de la Résistance. L’adolescent, d’abord caché avec un groupe de réfugiés, rejoindra la maquis du Vercors et les rangs des combattants de la « République Libre »…