Des rencontres enrichissantes et passionnantes

C’est dans le cadre de la semaine de la diversité organisée par le centre de la Francophonie de Bourgogne que ces rencontres entre écrivains et jeunes lycéennes se sont déroulées.Un moment d’échanges intenses sur l’écriture de deux ouvrages « Le thé n’a plus la même saveur » d’El Hassane Aït Moh et « Shégués, enfants du silence » de Jeannine Valignat , mais aussi d’une manière plus générale sur l’immigration et les enfants sorciers avec le témoignage de Lauric.

El Hassane Aït Moh, Jeannine Valignat et Lauric à la rencontre des lycéennes de Leon Blum

Écrire, c’est se libérer. Jeannine Valignat

C’est ce qu’a dit lors de son interview Jeannine Valignat aux classes de 1 CAP coiffure et 1 bac pro esthétique.

Pourquoi avoir choisi d’écrire sur les migrants ?

Je veux dénoncer la vérité et faire réagir, déranger les populations. Il faut voir ce qu’il y a derrière les images, Ce qui se passe dans le monde, ce sont des hommes qui veulent le bonheur.  Il faut mettre des mots sur la souffrance pour s’en libérer.

Ecrivez-vous un autre livre en ce moment ?

En ce moment, je n’arrive pas à écrire.  En fait je ne sais pas comment ni par où commencer. Je voudrais écrire un livre de témoignages, dire la vérité avec des mots justes pour exprimer le bonheur de partager. Je voudrais parler des personnes qui aident les autres en difficulté : les familles hébergeantes, les associations comme celle créée par trois femmes pour obtenir de la nourriture à la banque alimentaire pour les mineurs réfugiés qui n’ont pas droit personnellement aux aides…

Ces rencontres ont-elles changé votre vie ?  Oui. On n’est jamais pareil après la rencontre d’un être humain. On s’enrichit de l’autre. Ces rencontres ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

Laquelle de ces histoires vous a le plus touchée ?

Toutes. Il faut du temps pour s’en séparer et passer à quelque chose d’autre. Pourtant celle de la petite fille de quatre mois qui risquait l’excision me touche tout particulièrement car je suis une femme et que cela touche à l’intégrité du corps de la femme. Sa famille m’a demandé de l’aide. Quand nous avons gagné, elle était rayonnante. Son père était tellement heureux, ses gestes débordaient d’amour et c’est à ce moment-là que je me suis dis que cette petite fille était sacrée.

Qu’avez-vous pensez quand vous avez vu pour la première fois le jeune garçon que vous appelez Glany dans votre livre ? 

Quand je l’ai vu pour la première fois, je ne vais pas vous mentir, intérieurement, je me suis dit… « il va crever ! ». C’était un enfant en grande souffrance. C’était une urgence de le prendre. Il a mis énormément de temps à parler et à être rassuré, il fallait faire quelque chose. Il faut donner du courage, de l’espoir et pour cela il faut prendre de la distance avec les histoires personnelles.

 Témoignage de Lauric sur les enfants sorciers

Pourquoi avez-vous été accusé de sorcellerie ?

Après la mort de mes parents, ma tante a été parler à ma famille pour dire que j’étais un « enfant sorcier » et que j’avais tué mes parents. Dans mon pays, quand on ne peut pas expliquer les faits, on a recours à la sorcellerie. Après ça, on m’a emmené à l’église où le pasteur a confirmé cela, pour se faire de l’argent.

Êtes-vous toujours accusé de sorcellerie  ?

Oui par toute ma famille, sauf mon grand-père qui lui, n’y croit pas car il m’avait dit que c’étaient les Belges qui avaient inventé cela au temps de la colonisation pour faire peur aux Africains.

Aujourd’hui ce passé continue-t-il à vous hanter ?

Je suis passé à autre chose mais quand je passe devant une église évangélique, j’ai envie de rentrer et de leur dire que c’est des mensonges. raconter mon histoire, me libère.

EL HASSANE AIT MOH, UN AMOUREUX DE LA FRANCE

El Hassane Aït Moh est venu à la rencontre des élèves de 1 COIF et 1 ESTH du lycée Léon Blum pour échanger autour de son roman le Thé n’a plus la même saveur

Y a-t-il  un peu de vous dans le roman ?

Il y a dans la construction du personnage beaucoup de moi. Ce personnage est une construction à partir de l’expérience personnelle vécue. En quelque sorte, l’auteur se libère à travers les personnages de son livre.

Pourquoi dans votre  roman votre personnage dit « la France est une souffrance »

Le personnage qui dit cette phrase dans le livre est une personne qui a réellement existé : j’avais 18 ans, je venais d’arriver en France, à la gare de Lyon. J’avais un sac en cuir que je portais à la taille, un sac que seul les Marocains peuvent avoir. J’étais perdu, quand un jeune Algérien est venu me demander si j’avais du shit (rires). Après avoir discuté avec lui, il me dit qu’il ne savait plus qui il était. Normalement, quand on part de son pays c’est pour se reconstruire mais pour moi cet homme a raté son immigration puisqu’il n’est pas heureux. La France est un concept idéal, elle donne de l’espoir. Il est difficile de retrouver la perfection de la France dans d’autres pays.

Pourquoi avoir choisi comme titre « le thé n’a plus la même saveur »

C’est une phrase que dit le personnage dans le roman, car pour lui le thé de France n’a pas le même goût que le thé au Maroc, il se demande pourquoi : peut-être est-ce l’eau ? Ou le thé ? Il fait plusieurs essais et changements. Mais non, rien n’y fait. En réalité, c’est la personne qui a changé, ce qu’il est devenu loin de chez lui.

Rencontre avec Colette NYS-MAZURE

LE CREUSOT : Les Lycéens ont reçu l’écrivaine Colette Nys-Mazure

Le Lundi 28 mars 2016 @ 10:00:54 (article paru sur Creusot-infos)

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Colette Nys-Mazure, est une écrivaine belge de langue française. Suite au décès de ses parents, elle part habiter chez des membres de sa famille dans le Tournais, une région qu’elle affectionne beaucoup et qu’elle ne quittera plus. Après ses études dans une université catholique, elle devient  professeur de lettres , poète et écrivain. La poésie  est son domaine de prédilection, mais elle a également rédigé des nouvelles, des essais et des pièces de théâtre. Elle anime également des ateliers de lecture et d’écriture. Colette Nys-Mazure est maman de 5 enfants.

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Lés élèves de la classe de 1ère CAP Coiffure, ont reçu l’écrivain dans leurs locaux, elle était accompagnée de Claude Thomas du Centre de francophonie de Bourgogne.

Les jeunes avaient préparé une liste de questions auxquelles l’intervenante a répondu d’une manière qui visiblement les a touchés.

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« La poésie est une autre langue » a estimé Colette Nys-Mazur qui se dit inspirée par la vie « elle met en scène les mots d’une autre façon. Mon rapport à la religion est plutôt un rapport à l’absolu, je crois en quelque chose au dessus de nous, qui nous dépasse, sans  pouvoir le définir… » .

Claude Thomas évoquait la question des jeunes, extrémistes, qui, en recommandant de la religion commettent meurtres et attentats. « Parfois, la religion peut être un piège » a répondu l’écrivain «  Il est dangereux  de  s’y jeter  et de perdre son pouvoir de discernement. Garder son libre arbitre est indispensable car se fier à une doctrine sans réfléchir est cause de déviances dramatiques. »

Colette Nys-Mazur est très marquée par les souvenirs violents qu’elle garde de la seconde guerre mondiale « l’enfance est le père de l’homme a-t-on dit et je pense qu’il est très important de préserver les petits. Je crois aussi, à l’indépendance, au besoin d’autonomie, la famille est importante (mais on y trouve des exemples que l’on doit refuser) et à la solidarité, on vit liés les uns aux autres , solitaires mais solidaires.»

Les lycéens ont ensuite lu des acrostiches qu’ils avaient composés à partir des mots « seul » ou « solitude ». Des compositions riches, recherchées  parfois très originales qui ont visiblement séduit  Colette Nys-Mazur et Claude Thomas. MHM

La violence dans la littérature

Aymon réputation
Collins hunger games III
Lincourt, placard
journal d'Anne Frank
Brown hate

Parce que la violence est multiforme, parce que l’on ne met pas tous la même chose derrière ce mot,  il nous semblait intéressant de voir ce que nos élèves en pensaient, comment à travers les mots, ils appréhendaient la violence. Un débat a réuni les classes de 1 Cap Coiffure et  2  bac pro esthétique.

Trois axes de réflexion  :

  1. la violence dans les établissements scolaires
  2. La violence dans la société
  3. la violence dans la famille.

Les titres sélectionnés pour ce débat  :

  1. pour le premier thème :  Gaël AYMON, Ma réputation / Clémentine BEAUVAIS,  Les petites reines /  Jennifer BROWN, Hate List.
  2. Pour le deuxième thème : Jaycee DUGARD , Une vie volée / Thomté RYAM, Banlieue Noire / Le journal d’Anne Frank /Suzanne COLLINS, Hunger Games.
  3. Pour le dernier thème : Inès de KERTANGUY, J’ai 12 ans /  Marie LINCOURT, La petite fille dans le placard / Frank ANDRIAT, A moitié vide.

Cette sélection, faite par nos soins, à partir des lectures de ce début d’année,  a été l’objet de controverses. Tous ne voyaient pas forcément de violence dans les livres lus ou présentés.

Mais l’objectif fixé était atteint : qu’est ce que la violence, pour nous, aujourd’hui ?

Roberto Lorier à la rencontre des lycéens

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vendredi 27 novembre 2015, une rencontre avec l’écrivain Roberto Lorier a permis aux élèves de  1 Cap Coiffure du lycée Léon Blum de partir à la découverte du peuple tsigane. Roberto LORIER a parlé du premier livre de la Saga tsigane qu’il a commencée à publier. C’est autour de la jeune Pâni que l’histoire se déroule et que l’on découvre les origines indiennes de ce peuple et les migrations forcées qu’il a subies. Mais l’écrivain a aussi évoqué la culture tsigane d’aujourd’hui et les différentes composantes de ce peuple attaché à ses traditions et à son histoire.

Quelques commentaires de nos lycéens sur cette rencontre :

« C’était intéressant car il nous a appris des choses sur les tsiganes, on comprend mieux leur vie… »

« son histoire m’a vraiment envie de vivre la même. C’est pour moi une vie que je n’aurai jamais. Il a fait le tour du monde. On peut dire qu’il a réussi sa vie. Il est déterminé, ne baisse jamais les bras. Il m’a appris beaucoup de choses. »

 » J’ai appris beaucoup de choses sur le peuple tsigane. J’ai bien aimé son histoire, que ce soit l’histoire de son livre, de son peuple, ou même de sa vie personnelle. »…

LYCEE LEON BLUM : Ousmane Diarra s’est exprimé franchement sur le Mali

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Le Mardi 02 juin 2015 @ 02:56:00          Creusot infos

 il a partagé notamment une vision dénonçant le radicalisme religieux

Ecrivain malien de Bamako, Ousmane Diarra avait été sollicité par le Centre Francophonie de Bourgogne pour venir parler de son dernier roman « La route des clameurs ». Un écrit, avec un contexte en toile de fond, qu’il a partagés lors de deux rencontres mercredi dernier, le matin au lycée Léon Blum devant des élèves de première année de CAP Coiffure et de seconde et terminale Esthétique, et le soir à la Maison des familles de Torcy.
De sa vie d’homme à celle d’intellectuel, Ousmane Diarra a échangé franchement avec ses interlocutrices et interlocuteurs. D’abord sur le père qu’il est, faisant tout pour que ses enfants grandissent sainement, lui qui a été orphelin dès l’âge de deux ans… Ensuite sur la lecture et l’écriture, lui ayant permis de « sortir de l’enfermement » et considérant les écrits comme des moyens de combattre l’intégrisme, le radicalisme religieux. Pour empêcher celui-ci de « travailler sur l’esprit ».
C’est notamment en ce sens qu’il a livré son point de vue sur la situation actuelle au Mali, et sur les dérives qui s’y sont développées depuis les années 1980…

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« Revenir aux fondamentaux »
Vous dites que l’écriture est une arme. Est-ce la première raison de l’écriture de votre roman « La route des clameurs » ?
« Oui. Quand les deux tiers du pays sont occupés par des gens qui veulent nous effacer en tant que civilisation, je ne suis pas militaire, mais mon arme est celle de témoigner. »
La disparition de l’école publique est un danger là-bas…
« J’en suis le fruit, de cette école. A partir des années 1980 et les licenciements en masse dans l’enseignement pour satisfaire les ajustements structurels demandés par le FMI, le délabrement de cette école a eu pour conséquence l’invasion de l’espace de l’enseignement par des écoles coraniques, des écoles privées. Le manque de formation des enseignants a permis aux intégristes d’envahir l’espace public avant même de prendre les armes. Le religieux a pris une place plus importante que la politique. »

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Comment selon vous la population malienne peut-elle repenser par elle-même ?
« C’est une question de s’assumer, d’oser. Ça passe notamment par les intellectuels, les artistes, les écrivains… De même que les politiques. Aujourd’hui, il n’y a pas assez d’audace, il n’y a pas assez de courage. Alors que nous devons rappeler des fondamentaux à la population malienne.
Ceux qui en font preuve sont ciblés comme des vendus à l’occident, donc la place de l’intellectuel devient difficile et beaucoup d’entre eux n’assument pas. Ils n’osent pas penser publiquement contre l’islamisme radical et l’intégrisme, par crainte pour leurs familles. »Quel est votre sentiment sur la religion comme façon de penser ?
« Pour moi, ce n’est pas une identité. Elle ne doit pas être une identité. Or la tendance actuelle est préoccupante et elle est un vrai problème pour les populations. Dans ces pays comme le Mali où une majorité de la population est musulmane, les intégristes veulent imposer l’islam comme une identité alors que ça doit rester une croyance.
C’est aussi pourquoi ils s’acharnent contre les pensées traditionnelles qui ouvrent l’esprit des gens sur d’autres cultures et d’autres civilisations. »
Comment protéger les populations et les enfants de cet intégrisme religieux ?
« La meilleure manière est de revenir à l’école publique, républicaine, laïque et obligatoire. Au Mali, je pense qu’il n’est pas trop tard car la majorité de la population reste convaincue par ce système. Mais si ça tarde trop, les intégristes et leur radicalisme auront pris toute la place…
Il faut d’abord un assainissement politique, que les dirigeants du Mali prennent leur courage à deux mains, qu’ils arrêtent les discours démagogiques qui servent juste à instrumentaliser la population. Ils la rassurent pour être élus au lieu de faire face aux vérités. Il est question de conscience politique. »
D’un côté vous dites qu’il n’est pas trop tard pour retrouver de vraies valeurs, mais de l’autre vous vous montrez pessimiste ?
« Oui car il y a une confusion terrible… La démocratie c’est quoi ? La liberté de s’exprimer et la conquête du pouvoir sans violence. Par les arguments. Sauf que les intégristes en profitent aussi et qu’il faut faire attention. Car au final, leur objectif est bien de tordre le cou à la démocratie. »

Alexandre Najjar nous parle du Liban

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C’est avec les deux classes de CAP Coiffure qu’Alexandre Najjar s’est entretenu, ce lundi 13 avril 2015, 40 ans, jour pour jour,  après le début de la guerre du Liban. A travers ses livres, L‘école de la guerre ou plus récemment Le dictionnaire amoureux du Liban, cet avocat et écrivain nous fait partager la vie dans le Liban d’hier mais aussi d’aujourd’hui. C’est autour de ce thème que s’est déroulée la rencontre grâce au centre de la francophonie du Breuil. Un moment d’échanges enrichissant  qui a permis aux élèves de mieux appréhender la situation de cette partie du monde où la guerre reste très présente.

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Rencontre avec Bernard POZIER – Paroles de lycéennes


Les premières et terminales CAP Coiffure ont rencontré le poète Bernard POZIER .

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Ce qu’ils en ont pensé :

 » la poésie ne me fait pas écho mais la diversité est importante. L’auteur était très sympathique et très réceptif à nos questions. Cela serait bien que l’on en rencontre d’autres. »

« Ce que j’ai moins aimé, c’est qu’il racontait beaucoup de choses en même temps. Sinon j’ai bien aimé car il était franc et racontait ses histoires précisément. »

« J’ai bien aimé même si parfois il ne répondait pas aux questions. J’ai trouvé intéressant la manière dont il écrit ses poèmes et sa façon de penser qui est directe. »

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« J’ai bien aimé quand il a fait le poème. Je trouvais qu’il parlait un peu beaucoup mais cela n’est pas très grave. je trouve que c’est bien de rencontrer des personnes connues. »

« Je trouve que c’est un homme amusant. Il aime bien rire et partager son métier avec les autres. Il nous l’a bien fait comprendre avec des exemples de la vie courante. J’ai bien aimé son accent, sa moustache, sa personnalité quoi ! j’ai trouvé intéressant de rencontrer un québécois ! »

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« Un homme avec beaucoup d’humour. Bernard Pozier est un Québécois, un poète très sympa. Il nous a expliqué plein de choses sur la poésie, sur la vie au Québec. »

« L’échange des poèmes et du slam était bien. Il était sympa et nous parlait bien »

LYCEE LEON BLUM : Bernard Pozier partage son amour et sa vision de la poésie

Le Vendredi 13 mars 2015 @ 01:18:01  – Creusot-infos

Bernard Pozier est vice-président de la maison de la poésie de Montréal, poète qui a reçu plusieurs prix, il a écrit de nombreux ouvrages, les plus récents s’intitulent Agonique agenda, Post-scriptum et Le temps bouge La terre passe.

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Présent au Creusot grâce à un partenariat entre la manifestation Temps Poésie de Dijon et le Centre francophonie de Bourgogne, Bernard Pozier est intervenu au lycée Léon Blum. Il y a rencontré les classes de 1ère et de terminale coiffure. Etaient également présents Daniel Fournier et Fabienne Roitel, écrivains canadiens également, Yves Bouin responsable artistique de l’association la voix des mots et Claude Thomas.

Bernard Pozier s’est exprimé à partir des questions préparées par les lycéens.

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Poète…
« Je suis poète pour écrire des choses qui n’ont pas été encore trop exprimées d’une façon singulière, être poète c’est avoir une perception personnelle des choses, les énoncer à sa manière et le transmettre. La poésie c’est une manière de vivre. Je n’écrirai pas de romans, dans les romans on est obligé d’utiliser des phrases banales, je n’aime que les choses inédites, la poésie me permet une utilisation anormale de la langue.

L’utilisation inhabituelle des majuscules et des espaces, la musique des mots…
« Les espaces permettent de faire des pauses inattendues, de sculpter les mots par le silence, et de donner également  le rythme du texte à d’autres personnes qui voudraient dire le poème. Les majuscules accordent du relief à un mot, le grandissent… » A partir de mots proposés par les jeunes, Bernard Posier a écrit un poème au tableau, spontanément. En donnant une autre dimension à des mots de tous les jours. »

Ses livres…
« Je ne me mets pas un jour à écrire un livre. J’écris des poèmes comme ils viennent, comme mes émotions les ressentent. Puis je les marie pour créer un ouvrage. Parfois je dois en rédiger quelques autres pour terminer le livre. »

L’entretien s’est terminé par des poèmes des lycéens lus au poète. Des poésies touchantes et même des slams.

« Vous êtes coiffeuses, vous créez de belles choses avec des mèches de cheveux, nous, nous créons avec les mots, nous avons ceci en commun » notait Danielle Fournier « vous cherchez la diversité dans vos coiffures, cette diversité on la retrouve dans la poésie.
MHM

Je voudrais faire un slam

Pour celle qui a tout supporté

Toutes les galères elle les a affrontées

Cette femme elle a galéré

Pendant neuf mois elle nous a portés

Ella nous a vus grandir

Mais aussi nous épanouir

Tu auras beau grandir tu seras son bébé

Elle te fera sourire et supporter

Je voudrais faire un slam pour celle que j’ai toujours aimée.
Une lycéenne

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Denis POURAWA – paroles de lycéennes

Cet auteur nous a montré que son pays lui tenait vraiment à coeur, qu’il a vécu beaucoup d’inégalités étant petit : à l’école les profs blancs ne voulaient pas lui faire cours car il était noir. Il s’est créé un emploi du temps à lui et s’est fait un autre monde dans sa tête. Charline.

A 17 ans il s’invente son école et sa vie. Pour lui, l’homme est l’équilibre entre l’arbre et la roche. Il écrit sur la nature car sur son île avec les trois usines, la nature disparaît. L’indépendance de son pays ne l’intéresse pas car il se sent lui-même indépendant.

Dans la culture kanak, offrir un tissu avec un cadeau à l’intérieur est un geste de respect. Alexandra.

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Au début j’avais peur de m’ennuyer et puis il nous a parlé de sa vie. Grâce à l’écriture, il se libérait de sa haine et je me suis reconnue en lui. Il nous a raconté que pour lui le respect de tout le monde était très important. Et c’est quelque chose  de primordial chez moi, le respect, même si tu ne connais pas la personne. C’est quelqu’un de simple et de humble. Il aime le partage, il dit que ça rapproche et je trouve qu’il a sincèrement raison.
J’ai tout apprécié chez lui et dans sa culture. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un avec autant de gentillesse et de respect.

Clarisse.

Il a arrêté l’école tôt et il s’est mis dans sa bulle. L’écriture, ça lui est venue comme ça. Il a aussi écrit à cause des événements dans son pays.

Blandine.

Il nous parlait comme à des amis. Il nous a appris ce qu’étaient les kanaks et le « magnagna ».

Justine

A dix-sept ans il a pris sa vie en main. Ca fait 6 ans qu’il habite à Paris. Il est écrivain et emploie des mots assez complexes.

Coralie

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Les ateliers littéraires rencontrent Denis POUWARA

LYCÉE LÉON BLUM : Denis Pourawa  à la rencontre d’élèves de bac pro

Date : Dimanche 25 janvier 2015 @ 14:45:00 :: Sujet : VIE LOCALE – Le Creusot

Cet article provient de Creusot Infos

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Après avoir rencontré les élèves de seconde au CDI, Denis Pourawa a échangé avec les jeunes filles des classes de terminales esthétique et coiffure  et seconde esthétique, en présence de leurs professeurs mesdames Bollery et Perceval.

Les lycéennes avaient préparé des questions auxquelles leur invité a répondu d’une manière extrêmement personnelle et …poétique…

Denis Pourawa au fil des mots…

La France…
« Je suis venu en France pour créer je suis constamment dans la créativité. En Nouvelle Calédonie les rapports de force et les conflits sont  quotidiens. La France demeure un pays de liberté. Par exemple à l’école nous étions séparés selon nos ethnies. Mes amis et moi on se débrouillait comme on pouvait , longtemps les kanaks ne pouvaient pas passer le bac. J’ai eu une adolescence blessée, comme enlevé dans mon propre pays. A 17 ans, je me suis créé mon propre monde je me suis auto protégé de la société. Ce séjour en France est un moment fort ou je peux rencontrer des tas de gens de tous âges, de toutes opinions. »

La poésie….
« La poésie me permet d’aller à la rencontre des autres au delà des conditionnements de la politique, du contexte socio-culturel. Par la poésie je suis libre d’exprimer ce en quoi je crois. La musique est un art qui me permet également de voir les choses autrement. J’apprécie toutes les musiques, du rap au classique. Je transcris souvent dans ma poésie ce que j’ai ressenti en écoutant  la musique. Je me rends compte en écrivant que le monde n’est pas à mon image, ma page est un pays d’adoption qui existe par rapport aux autres pour aller vers les autres…»

La nature…
« En Nouvelle Calédonie particulièrement on détruit la nature pour extraire le nickel qui part en France, en Corée, en Chine. Nous possédons un lagon qui est classé au patrimoine de l’UNESCO, pourtant des usines y déversent leurs déchets. La Nouvelle Calédonie est entrée dans une phase de pollution active. Sans la nature on ne respire pas. J’essaie de faire passer le message à travers mes mots. »

Aimé Césaire…
« J’ai fait l’effort d’aller à sa rencontre à travers ses recueils , j’avais besoin de confronter ma pensée à la sienne, une bouffée d’oxygène. Mais j’ai découvert également Rousseau, Descartes, Molière… des pierres sur mon chemin. »

 La culture kanak.
«  La culture Kanak c’est faire attention à l’autre et j’ai eu la chance de vivre ça dans ma famille. Chaque fois qu’il y a un évènement important, une première visite, on apporte cadeaux, aliments. L’hôte montre sa joie de les recevoir, c’est un moment fort. Lorsque je suis venu à votre rencontre j’ai demandé à la Bourgogne la permission de fouler son sol et de venir m’y exprimer, parce que je ne suis pas chez moi et je me dois de la respecter. »

La situation en Nouvelle Calédonie.
«  Les questions politiques ne m’intéressent pas . Ce qui m’interpelle c’est ce que l’on donne et ce que l’on reçoit. Je rêve que la Nouvelle Calédonie se forge un destin unitaire porté par la république française. Le peuple Kanak est le seul peuple reconnu dans la constitution. On n’y mentionne pas les Bourguignons, les Basques, les Alsaciens. La Nouvelle Calédonie est un POM, un pays d’outre-mer qui au départ, il y a fort longtemps avait accueilli les Français. Il y règne de réelles valeurs d’accueil. »

Les évènements récents …l’après
«  Si l’on veut changer quelque chose en France il faut d’abord se changer soit même, en faire l’effort. A nous de nous donner les moyens, de chercher le chemin qui  mènera à  la paix. On ne peut rien imposer.  On a le droit et le besoin de critiquer. Maintenant il faut faire l’effort de rayonner, d’avancer,  de ne pas baisser les bras. Chacun doit apporter sa contribution. Vous, futures coiffeuses et esthéticiennes  vous êtes là pour apporter de la beauté,  le monde a besoin de beauté et chacun doit  l’apporter à sa façon »
Et  le poète de conclure «  J’aimerais écrire plus sur l’amour, sur les femmes, mais mon pays, le monde sont violents. Dès que l’un de mes livres, de mes poèmes est édité, il ne m’appartient plus, je le donne aux lecteurs. »

MHM

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