La ballade de Lila K / Blandine LE CALLET

Tout commence comme un fait divers sordide : des hommes s’introduisent dans une maison et enlèvent une mère de famille. Mais au fil des pages, c’est une autre histoire que Blandine Le Callet raconte : celle de Lila, enfant sans parent, confiée au Centre qui contrôle à outrance sa vie. Tout est fait pour qu’elle ne retrouve pas cette mère idéalisée et aimée. Pourtant, dans cette descente aux Enfers, deux êtres merveilleux, deux hommes illuminent sa vie et la conduisent secrètement sur le chemin de la vérité. Ce roman beau, fort, cruel et surtout inclassable mélange avec subtilité plusieurs influences, il aborde aussi une forme de dictature à la Orwell. Sa principale force porte sur Lila, personnage frêle, du moins le croit-on, et qui n’aura de cesse de se construire, de retrouver sa famille et son identité.

Kill all enemies / Melvin BURGESS

Billie, quatorze ans, n’apporte que des problèmes. Une bagarreuse. Un danger pour sa famille et ses amis. Mais son éducatrice la voit différemment.

Son copain de classe, Rob, est un gros costaud. Il peut prendre soin de son petit frère comme de lui même. Mais il est le souffre-douleur d’un beau-père violent qui l’humilie.

Et Chris a du mal avec le collège. Il n’a tout simplement aucune envie d’être là. Mais pour son père, c’est un minable.

Billie, Rob, Chris, héros malgré eux, nous racontent leur histoire. Le grand Melvin Burgess nous aide à comprendre la violence de ceux que l’école et la société rejettent, avec tout l’humanisme et l’authenticité qui le caractérisent.

Un roman qui prend aux tripes.

Trois histoires fortes qui se côtoient avec un point commun  : un manque d’amour et une violence destructrice. Un  roman dans le même style que Junk qui nous montre le plus sordide et nous laisse l’espoir d’une renaissance pour certains des personnages. Un roman pas toujours si loin de la réalité.

L’équation africaine / Yasmina KHADRA

Bouleversé par la mort de sa femme, le docteur Kurt Krausmann inquiète son entourage. Entraîné presque malgré lui par son ami Hans dans une expédition humanitaire, il compte sur ce voyage pour se reconstruire.

Un matin, au large du Soudan, des pirates arraisonnent leur voilier, les réduisant en otage. Privé de liberté, Kurt va pourtant découvrir le vrai visage de l’Afrique, de pays en pays, de rencontres étonnantes en découvertes insoupçonnées.

Extrait du livre

« Je parle de Jessica, de Jessie, de ma douce moitié, de mon songe parti en fumée… Comment a-t-elle pu me faire ça ? J’ai vu en Afrique des gens qui n’avaient que la peau sur les os, et rien à bouffer et rien à attendre, et qui se battaient pour chaque seconde de leur vie. Des gens spoliés, persécutés, réduits au rang de leur propre bête de somme, chassés de leurs villages sordides et errant parmi les brigands et les maladies, eh bien, figure-toi : aussi pauvres et désarmés, ils ne cédaient pas une miette de leur lamentable existence. Et Jessica, qui avait tout pour être heureuse, tout, […] que fait-elle, Jessica, qu’est-ce qu’elle nous fait ? Elle met délibérément fin à ses jours ! Et pourquoi ? Pour une promotion… »

La princesse et le pêcheur / Minh TRAN HUY

Deux adolescents d’origine vietnamienne et, entre eux, comme un obstacle à l’amour, la douloureuse absence dont le pays perdu est la mémoire.
Née française de parents vietnamiens, élevée et protégée comme une fille unique, Lam est devenue une adolescente effacée et studieuse, aimant s’évader par la lecture. A l’occasion d’un séjour linguistique, elle se lie avec Nam, jeune Vietnamien récemment arrivé en France. Il est beau, indépendant, aussi assuré qu’elle se sent insignifiante. Et il vient de ce pays qu’elle ne connaît qu’allusivement, par quelques contes qu’elle tient de sa grand-mère et partage avec lui – telle l’histoire du vain amour qu’un modeste pêcheur vouait à la princesse – ou par quelques noms de parents morts dont la famille honore la mémoire sur l’autel des ancêtres.
Entre Lam et Nam, ce devrait être une liaison amoureuse. Mais il l’aime et la respecte comme sa petite sœur…
Cette année-là, elle fait son premier voyage en famille au Vietnam – au cours duquel affleure enfin le non-dit : la guerre civile, l’emprise totalitaire, les crimes, les souffrances des uns et des autres, le fossé entre ceux qui sont restés sur place (rebelles ou dociles) et ceux qui ont choisi la fuite. Comme ses parents ou sa grand-mère. Et bien plus récemment, se dit-elle, comme Nam, qui a fui en bateau avec son grand frère – laissant ses proches à la merci des persécutions.
A mesure même qu’elle devine ou entrevoit ce que le jeune homme a pu vivre, et tandis qu’en elle grandit l’attente d’être aimée, par ses silences, ses ellipses et ses disparitions, il la laisse en lisière de ses secrets, dans la poignante mélancolie de ce qui ne peut entre eux advenir. Un dernier tête-à-tête scellera l’impossibilité amoureuse.

Macbeth / William SHAKESPEARE

Macbeth et Banquo, généraux de Duncan, roi d’Ecosse, de retour d’une campagne victorieuse contre les rebelles, rencontrent dans la lande trois sorcières qui leur font une prophétie : Macbeth deviendra roi, affirment-elles, et Banquo engendrera des rois… Poussé par Lady Macbeth et désireux d’accéder au trône, Macbeth entreprend d’assassiner Duncan – premier crime d’une longue série. C’est ainsi que débute Macbeth (1606), l’une des plus célèbres tragédies de Shakespeare, qui relate une plongée dans le Mal extrême et absolu. Comme l’écrivait Victor Hugo : « Macbeth, c’est la faim. Quelle faim ? La faim du monstre toujours possible dans l’homme. Certaines âmes ont des dents. N’éveillez pas leur faim. »

Certaines n’avaient jamais vu la mer / Julie OTSUKA

Japon, 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration. À la façon d’un chœur antique, leurs voix s’élèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.
Prix Femina étranger 2012

L’herbe bleue

L’herbe bleue est le journal intime d’une jeune droguée de quinze ans.Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n’apporte aucune solution à ce problème. C’est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l’univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été changés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit.

Facebook m’a tuer / Alexandre des ISNARDS et Thomas ZUBER

Couple, amis, famille, travail. Facebook, Google ou Twitter bouleversent notre existence. Au travers de tranches de vies réelles, tantôt drôles, révélatrices ou grinçantes, ce livre dévoile les codes, les normes et les réflexes de la Génération Y. Certains s’y reconnaîtront forcément, d’autres découvriront l’univers désormais quotidien de leurs enfants ou de leurs amis. Portrait d’une époque, c’est aussi un guide de survie en territoire numérique.

Je fais rire le monde… mais le monde me fait pleurer / Ali Akbar

Tous les habitués de Saint-Germain-des-Prés connaissent Ali : il est une des figures indispensables du quartier. Son métier ? Vendeur de journaux à la criée. Inlassablement, il arpente le boulevard, Le Monde ou Le Journal du Dimanche à la main, et doit son incroyable notoriété à son imagination débordante : les  » unes « , souvent sinistres, sont détournées, quand elles ne sont pas tout à fait issues de l’imaginaire d’Ali. On dit souvent que l’humour est la politesse du désespoir ; Ali a fait de cette maxime plus qu’un fonds de commerce, une véritable devise. Pour faire rire, mais aussi pour surmonter la brutalité de son parcours. Né au Pakistan dans une famille nombreuse dont le père a souvent la main lourde, il se retrouve à l’âge de cinq ans dans la rue à travailler afin de ramener de l’argent à la maison. S’il revient bredouille, il est obligé de passer la nuit dehors, exposé aux menaces de la prostitution et de la violence. Seul refuge de ce petit garçon qui reste malgré tout rêveur, la lecture et une soif d’apprendre qui ne le quittera jamais. A 18 ans, il quitte enfin sa famille et s’embarque comme mousse sur un bateau. Commence alors pour lui un long périple au cours duquel il vagabondera de la Grèce à l’Afghanistan, en passant par la Chine, pour débarquer un beau jour en France. Il subsiste grâce à des petits boulots, trouve refuge dans des chambres sordides, le plus souvent sous les ponts. Ali rencontre le professeur Choron, qui lui offre un abri, un local à Charlie Hebdo, et un premier emploi : vendeur de journaux. Depuis 30 ans, Ali parcours quotidiennement des dizaines de kilomètres. Ces journaux auront été son passeport pour une vie plus heureuse pour lui et pour les siens. Personnage attachant et volubile, Ali déroule dans ce texte le fil d’une vie hors norme, et d’un combat quotidien en vue de son intégration. De son enfance misérable aux galères de l’exil et de la clandestinité, des boulots précaires et des mauvaises rencontres… jusqu’à la paix d’un foyer. Une vie   « normale » , gagnée de haute lutte.

La Mecque – Phuket / Saphia AZZEDDINE

Deux sœurs, jeunes femmes de la banlieue parisienne, décident d’aider leurs parents à réaliser leur rêve : elles économiseront sur leurs petits boulots pour leur offrir un pèlerinage à La Mecque. Mais voilà : quand, l’argent réuni, l’heure vient d’acheter les billets, elles cèdent à la tentation, et en prennent pour Phuket, en Thaïlande où, renonçant définitivement à être les bonnes filles qu’elles pensaient être, elles partent découvrir une autre vie.