Nous étions une histoire / Olivia ELKAIM

« Nous sommes une famille ordinaire, une famille sans histoire. »

ELKAIM, npus étions

Quand Anita accouche d’un petit garçon, toute sa famille se réjouit. Pas elle. Angoisses, nuits sans sommeil, hallucinations… Le présent se dérobe, le passé refait surface. D’où vient un tel désarroi ? Anita quitte son mari et son bébé pour fuir vers Marseille, ville qui fut le théâtre d’un psychodrame familial. Elle tente de comprendre comment, entre sa mère, l’omniprésente et égocentrique Rosie, et sa grand-mère, Odette, séductrice et alcoolique, elle peut trouver sa place.

Être une femme et une mère. Aimer les siens et les détester. Se souvenir et oublier. Percer les secrets qui font notre identité.
Dans ce roman sensible et violent, tendre comme un chagrin d’enfant, Olivia Elkaim dresse le portrait de trois femmes au bord de la crise de nerfs.

Rhinocéros / Eugène IONESCO

« Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! »

Antigone / Jean ANOUILH

« L’Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l’ai réécrite à ma façon, avec la résonnance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. Jean Anouilh

Sans oublier / Ariane BOIS

Lorsqu’elle apprend l’accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s’obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L’onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens.

récit d’un crash intime, d’une fugue maternelle sur les traces d’un silence familial, Sans oublier raconte comment pour devenir mère, il faut d’abord cesser d’être une fille.

Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.

Dieu me déteste / Hollis SEAMON

New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt dix-huit ans. Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux, danser, fumer, boire, et tout recommencer.

La différence, c’est que Richard sait qu’il n’aura jamais dix-neuf ans. Il est un peu plus pressé que les autres et, pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup.

Vous n’êtes pas près d’oublier Richard Casey, comment il mena une révolution contre le corps médical, se glissa dans les draps de la jolie fille de la 302, réussit une évasion périlleuse avec la complicité d’un oncle dysfonctionnel, évita de tomber sous les coups d’un père vengeur, et joua finalement son destin au poker, dans un des plus beaux bluffs jamais montés contre le sort.

Le sumo qui ne pouvait pas grossir / Eric-Emmanuel Schmitt

Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d’une famille dont il refuse de parler. La rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, va l’entraîner dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l’intelligence et de l’acceptation de soi.

Mais comment atteindre l’équilibre lorsqu’on n’est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?

Pourtant, à l’envers des nuages, il y a toujours un ciel…

Après Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose, l’Enfant de Noé, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit le Cycle de l’Invisible avec ce récit qui mêle enfance et spiritualité, nous conduisant à la source du bouddhisme zen.

Kinderzimmer / Valentine GOBY

« Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

-Pourquoi tu fais ça ? Qu’est ce que tu veux ?

-La même chose que toi. Une raison de vivre. »

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Entre mes mains le bonheur se faufile / Agnès MARTIN-LUGAND

Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme s’est résignée.

Aujourd’hui la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie, mentor, troublante et autoritaire…

Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

Les gens heureux lisent et boivent du café / Agnès MARTIN-LUGAND

Martin Lugand les gens

 » Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n ‘a d’autre choix que de faire avec.

Un homme, ça ne pleure pas / Faïza GUENE

Dans la banlieue de Nice, la famille Chennoun vit au mieux de ses contradictions. Abdelkader, le « padre », ancien cordonnier, met en garde son unique fils, Mourad, contre les larmes qu’un homme doit refouler. Mourad, lui, les verserait volontiers, écrasé qu’il est par une mère, Djamila, aimante, envahissante et possessive, dispensatrice d’une nourriture pléthorique et sacrificatrice de ses rares amis : c’est en garçon solitaire, désaltérant ses soifs dans la seule lecture, qu’il grandit. L’aînée des filles, Dounia, refuse sa condition de fille musulmane inféodée à sa famille, rêve d’une brillante carrière politique et rompt les amarres sous les imprécations de ses parents et de sa cadette, Mina, respectueuse de la tradition… Devenu prof de français, Mourad quitte Nice peu après que le « padre » eut fait un AVC et se fut figé dans une demi-mort sur un lit d’hôpital. Nommé à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Mourad est hébergé dans un somptueux appartement du XVIe arrondissement par son cousin Miloud, un beau gosse cynique qui est passé par la case prison en Algérie et incendie les sens d’une très riche quinquagénaire à particule… Mourad est désorienté mais ce n’est rien à côté de ce qui l’attend au collège Gustave-Courbet. Trouvera-t-il jamais la tranquillité à laquelle il aspire depuis toujours ?