Trois photos pour une nouvelle…

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Les élèves des classes d’esthétique et coiffure ont participé au concours d’écriture de nouvelles. Elles avaient à leur disposition un choix de photographies de lieux, de personnages et d’objets. Elles devaient choisir une photo dans chacune des catégories et à partir de là, écrire une nouvelle.  Un jury de sept membres a choisi parmi l’ensemble des écrits,  quatre nouvelles.

C’est autour d’un goûter que la remise des récompenses s’est achevée.

A la première place exæquo : les nouvelles de Maëva et Lisa

Une rencontre bouleversante

Salut ! moi c’est Zack, j’ai 17 ans et je suis au lycée. Aujourd’hui, c’est déjà la fin des vacances et donc la reprise des cours. Heureusement pour moi, aujourd’hui, la moitié de mon emploi du temps est consacré à la musique. J’adore la musique. Etant petit, je voulais devenir chanteur mais tout le monde sait que ce n’est qu’un rêve donc j’ai pris cette option, et plusieurs fois par semaine, on joue des instruments. Pour ma part, je penche plus sur la guitare.

Mince 8h30. Génial, premier jour de cours et si ça continue je vais être en retard. C’est mon meilleur ami qui vient me chercher ; je me dépêche d’aller le rejoindr

« – Salut ça va ?

– Ouais et toi ?

– Ouais alors, toujours pas de nouvelles de ton frère ?

– Non, et je ne pense pas qu’il soit prêt à revenir. »

Il y a quelques mois, la copine de mon frère a disparue et on ne l’a toujours pas retrouvée. Mon frère a quitté la ville pour la rechercher lui-même. Mon meilleur ami et lui étaient assez proches donc souvent il me demande de ses nouvelles.

On vient juste d’arriver au lycée, et au loin, j’aperçois une fille qui à mon avis est nouvelle ici. Je suis l’un des gars les plus populaires du lycée, donc je connais un peu tout le monde. Mes deux premières heures de cours sont consacrées à la musique, j’y vais directement. Aujourd’hui, le professeur nous laisse carte blanche pour faire ce que l’on veut donc je sors ma guitare de son étui et je commence à jouer.

La journée est finie, je peux enfin rentrer chez moi. Le lendemain, la journée commence pareil que celle de la veille une routine habituelle mais une fois arrivé dans la salle de classe, je remarque que la nouvelle est ici, elle a donc intégré ma classe. Aujourd’hui j’ai l’impression que la journée est très longue. En sortant du cours d’histoire, je suis tellement fatigué que je ne regarde pas où je vais et je me cogne contre quelqu’un:

« – Ho, excusez-moi, je suis vraiment désolé je ne regardais pas où j’allais.

– C’est pas grave.

– Hey ! mais attends, tu es la nouvelle ?

– Oui, c’est ça, je m’appelle Kylie.

– Moi c’est Zack. »

Après ça, elle part. Je la trouve un peu bizarre cette fille. Après être rentré chez moi et avoir mangé, je pars rejoindre mes amis au bar. Une fois par semaine, on se retrouve tous ensemble au bar pour boire un verre. Ce soir c’est soirée karaoké et mes amis veulent que j’aille chanter sur scène:

« – Aller Zack monte chanter.

– Non, c’est hors de question que j’y aille, tu as vu tout ce monde.

– Ho, tu ne vas pas nous faire croire que c’est tout ce monde qui t’angoisse tu es une vraie pipelette, monte sur scène.

Encore une fois, j’ai perdu donc je prends ma guitare, monte sur scène et commence à chanter. Plus personne ne parle dans la pièce, c’est le calme complet et c’est vraiment gênant. Une fois que j’ai fini, la salle m’applaudit et je rejoins mes amis. En revenant Jeremy me lance :

« – Hey ce n’est pas la nouvelle là-bas ?

– Si.

– Qu’est-ce qu’elle fait ici toute seule ?

– Je ne sais pas, mais je vais très vite le savoir. »

Alors, je pars vers elle :

« – Alors, on traine seule dans les bars ?

-Ho, Euh… oui vu que je suis nouvelle ici, j’essaie de connaître un peu mieux la ville.

-Ho, mais alors ne reste pas seule, viens te joindre à nous.

-Ça ne dérangerait personne ?

-Mais non, allez viens ! »

Je l’emmène alors jusqu’à notre table :

« – Bon, je vous présente Kylie, et Kylie, je te présente mon meilleur ami Jeremy, sa copine Sharon, Nadia et Bryan.

-Salut. »

Après la soirée, je raccompagne Kylie chez elle et je rentre chez moi. Plus les jours passent, et plus Kylie et moi sommes proches, mais elle est aussi de plus en plus bizarre, elle change souvent de comportement et fuit pour rien. Alors, comme j’ai la maison pour moi tout seul ce soir, je l’ai invitée à manger chez moi pour savoir ce qui ne va pas avec elle. Kylie vient d’arriver et on commence à faire à manger. Je suis en train de couper de la viande quand tout à coup, le couteau me glisse de la main et me coupe.

« -Aïe !

– Qu’est-ce que tu as ?

– Je me suis coupé, tu peux me donner la serviette qui est à côté de toi s’il te plaît ? »

Quand elle me donne la serviette, elle est en train de trembler. En voyant mon sang, elle recule vite et me tourne le dos. Dans le reflet de la vitre, je vois des choses étranges sous ses yeux, je suis choqué :

« -Tu vas bien ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

– Rien, je vais bien ne t’inquiète pas pour moi.

– Tu es sûre ? Qu’est-ce que tu as au visage ?

– Rien, il faut que j’y aille. »

Je n’ai même pas eu le temps de prononcer un mot qu’elle est déjà sortie de chez moi. Son comportement est étrange et je n’ai pas rêvé, son visage a bien changé dans le reflet de la fenêtre. Je commence vraiment à me poser des questions à son sujet sur ce qu’elle est réellement. J’abandonne vite la nourriture à la cuisine et monte chercher mon ordinateur sur lequel je fais quelques recherches, ce que je trouve me surprend. C’est incroyable et je ne peux pas croire à l’irréel. Je prends mes clés de voiture et fonce jusque chez elle. Quand je frappe à la porte, elle l’ouvre dans un élan de furie, d’un ton sec. Je lui demande alors :

« – Qui es-tu?

-Tu le sais déjà, sinon tu ne serais pas là.

– Non c’est impossible. Je t’ai demandé de me dire ce que tu étais ! »

Elle prend une grande aspiration et me dit:

« – Je suis un vampire. »

A ce moment-là c’est tout mon monde qui s’effondre.FIN

Une croisière prometteuse

Je m’amusais avec mes copines à faire des paris sur tout et n’importe quoi. Un jour, j’ai invité mes copines à boire le café à la maison et Vanessa, mon amie la plus proche était arrivée la première et elle m’a dit que l’on avait un pari de taille aujourd’hui. Les autres filles sont arrivées et je leur ai servi le café. Ensuite, un peu plus tard dans la soirée, nous avons commencé à faire nos paris. Vanessa nous avait annoncé qu’elle avait un billet pour un séjour de trois semaines sur un bateau de croisière et que celle qui rapportait le plus de numéros de téléphone de garçons dans un bar gagnait le billet. Par la suite, nous nous sommes préparées pour sortir.

Nous étions rentrées vers une heure du matin, nous avons commencé à compter les numéros et surprise, c’était moi qui avait remporté le billet. J’ai éclaté de joie, vous ne pouviez pas savoir à quel point j’étais heureuse. Mes copines étaient jalouses mais elles n’osaient pas l’avouer et puis cela ne m’importait guère car j’avais gagné des vacances gratuites.

Un mois passa et enfin j’étais prête pour le départ. J’ai roulé pendant trois heures pour arriver jusqu’au quai mais ça valait la peine.

Enfin je vis ce beau et grand bateau qui submergeait mes rêves depuis un mois.

Deux jours magnifiques étaient passés : c’était mardi et j’avais acheté une robe dans un petit magasin du paquebot. En regardant le ticket de caisse, je suis tombée sur une personne, c’était un homme charmant qui m’a aidé à me relever. Je l’ai remercié mais je ne m’en étais pas préoccupée plus que ça.

Le soir, je suis allée manger au Burgerman, car moi,  je n’avais pas trop les moyens pour les restaurants de luxe. Ce soir-là, par la fenêtre j’ai  remarqué l’homme charmant qui m’avait aidé à me relever mais encore une fois je n’y ai pas prêté attention. Le lendemain, je suis allée dans la piscine, quand soudain quelque chose m’attrapa le pied et me tira vers le fond. Je remontai à la surface et je vis un petit garçon qui s’amusait à faire peur aux personnes dans la piscine. Alors je décidai de partir et l’homme que je voyais souvent est venu vers moi et me dit qu’il n’y avait pas de quoi s’énerver. Je lui répondit que si, que depuis que j’étais sur le bateau, il m’arrivait plein de choses comme tomber,  me faire embêter par des gamins, aller dans des restaurants gras, déchirer une robe que j’avais achetée ici…Il ne m’arrivait que des malheurs depuis que j’étais là. Je n’aurais jamais dû venir. Il me répondit que ce n’était pas grave, que ce n’était pas grand-chose et là une mouette fit ses besoins sur ma tête.  Il me dit : « effectivement, vous avez la poisse ! » en rigolant mais moi ça ne me faisait pas rire du tout. Il s’excusa de rigoler comme ça et pour se faire pardonner il m’invita dans un de ces restaurants luxueux. J’étais gênée mais j’ai quand même accepté.

Le soir était arrivé et l’homme est venu me chercher à ma cabine. Je n’étais pas très classe comparée à lui. Puis nous sommes allés au restaurant. La soirée se passait bien mais à un moment je me suis dit que je ne connaissais pas son nom et lui ne connaissait pas le mien. Alors je lui dis:

« – au fait, nous ne nous sommes même pas présentés.

– Suis-je bête, je m’appelle William et vous ?

– Moi c’est Lucie. »

Nous avons continué de parler et de manger. Le moment de payer était venu, je commençai à sortir mon portemonnaie pour payer ma part et William me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il payerait. J’étais encore une fois gênée mais je trouvais ça très romantique. Il m’a raccompagné jusqu’à ma cabine et m’a embrassé sur la joue pour me dire bonne nuit.

Le lendemain et même tous les jours suivants, nous étions ensemble, on faisait de activités, on allait se faire masser, ce genre de chose quoi…

Au bout de deux semaines, nous sommes allés dans un burgerman car il n’y avait jamais mis les pieds et contre toute attente il a trouvé ça très bon. Ce soir-là, nous avons commencé à avoir des sentiments.

Un autre soir nous avons mangés des sandwichs dans ma cabine et il s’est passé ce qui devait se passer.

C’était bientôt la fin de ces trois semaines. William et moi, on ne voulait pas se séparer mais on pouvait toujours rester en contact avec internet. Le dernier soir nous sommes retournés au restaurant de luxe et il m’a offert un collier en forme de cœur mais moi je n’avais rien pour lui ; j’étais heureuse mais je me sentais un peu mal.

Le jour était venu de partir et nous nous sommes embrassés et nous sommes partis.

Nous nous sommes revus plusieurs fois après et huit mois après nous nous sommes installés ensemble.

Voilà les enfants, vous savez comment papa et moi nous nous sommes rencontrés.

A la troisième place exæquo, les nouvelles de Charlotte et de Lucile.

Une nouvelle vie

Après son décès, j’ai dû vider la maison. Chaque objet que je mettais dans un carton était chargé d’émotion. C’était dur pour une jeune fille comme moi, mais j’étais la seule qu’elle avait. La maison était presque vide, il ne me restait plus que le grenier et je pourrais m’en aller en laissant tous ces souvenirs. Je monte. La première chose que je vois est une grande malle noire ; je me rends alors compte que j’ai toujours vécu dans cette maison mais que je n’étais jamais montée au grenier.

J’ouvre la malle, un tas d’enveloppes est entassé. Je prévois d’en ouvrir une, non pas pour entrer dans l’intimité de ma grand-mère, mais simplement pour savoir si ces lettres doivent être gardées. Ce qui m’étonne c’est que sur aucune n’est écrit l’adresse de retour au cas où le courrier se perdrait. A l’intérieur, il y a une feuille, je la déplie et je la lis :

« Maman, c’est bientôt Noël, alors j’aimerais que tu offres ce cadeau à Lara, dis-lui que le père-Noël lui envoie. Elle sera contente. J’espère que vous allez bien toutes les deux. Donne-moi des nouvelles d’elle au plus vite. Je t’embrasse. »

Je fouille dans le fond de l’enveloppe. Un collier argenté en forme de cœur, ça doit être le cadeau dont elle parle dans la lettre. Je ne comprends rien? pourquoi cette lettre parle de moi ? Pourquoi grand-mère ne m’en a jamais parlé ? Et surtout pourquoi cette personne l’appelle « maman ». A ma connaissance, ma grand-mère n’avait eu qu’une seule enfant, ma mère, décédée à ma naissance.

J’entreprends de lire toutes les lettres qui se trouvent dans la malle, toutes parlent de moi. Cette personne était apparemment heureuse d’avoir eu les détails de mes premiers exploits, de mon opération des dents de sagesse, de mon séjour à Disney… je passe des heures à lire toutes ces lettres sans vraiment réaliser. Quand  j’arrive à la dernière, je regarde l’heure : 3 heures du matin. Je rentre chez moi. Une fois sous les draps, je me pose des questions : qui est cette personne ? Elle pourrait être ma mère. Je me raisonne, c’est impossible et stupide de penser que ma mère pourrait être encore en vie.

Je me réveille, le soleil n’est pas encore levé, je n’ai pas beaucoup dormi et pourtant, je n’ai aucune envie de rester sous les draps. Je me lève, me fait couler un café, et me voilà partie en direction de chez ma grand-mère. Au fond de moi, j’espère trouver des informations sur les lettres et surtout sur qui en est l’auteur. J’ouvre la porte et monte directement au grenier. Je me rends alors compte que je n’ai pas avancé dans les cartons. Je trie, j’emballe et je range. Moi qui espérait trouver des informations… le rangement touche à sa fin et pas une trace de cette mystérieuse personne. Tous les cartons sont maintenant dans ma voiture et je me sens soudain remplie de tristesse et de nostalgie. Je fais un dernier tour du grenier avant de descendre et je trouve un manteau que grand-mère portait souvent quand j’étais plus jeune. Je le prends avec moi, ferme la porte et laisse mes clés dans un pot de fleurs pour les nouveaux propriétaires.

Au moment d’aller me coucher, je ne me sens toujours pas bien. Je repense à grand-mère et à tout ce que l’on a vécu ensemble dans cette maison. J’aperçois son long manteau noir que j’avais posé sur la chaise du bureau. Je me lève, l’enfile. Il a toujours son odeur malgré une bonne couche de poussière. Je me regarde dans le miroir, mets les mains dans les poches. Dans la poche droite, je tombe sur un morceau de papier plié en quatre. Je le déplie, ce sont des coordonnées : il y a un numéro de téléphone et une adresse. Toute la nuit je me pose des questions, peut-être que cette personne n’a rien à voir avec les lettres. Il n’y a qu’un moyen de le savoir.

Au lever du jour, je prépare un sac avec quelques provisions. L’adresse est à  km dans la banlieue de New York. Je devrais y être dans 5h30 si tout se passe bien. Avant de partir, je prends le collier qui se trouvait dans une des lettres et l’accroche autour de mon cou. Au début du trajet, je me pose des questions et commence à appréhender. mais au fil du temps, je regarde les paysages et me détends. J’arrive plus rapidement que je pensais. J’aperçois les impressionnants buildings de la ville. Je tombe dans une petite rue paisible. C’est bien là. Je suis au 10 bis.

Je ne réfléchis pas car sinon je risque de faire demi-tour. Je serre le collier dans le creux de ma main. J’ouvre la portière, sors de la voiture et me dirige vers le pavillon, je sonne. Un petit chien court dans le jardin quand la porte s’ouvre. Une jeune femme d’une trentaine d’années aux longs cheveux blonds sort. Elle se dirige vers moi et d’une voix douce, me demande qui je suis.

Tout de suite, elle m’interrompt et m’invite à entrer. Une fois à l’intérieur, je m’assois sur le sofa et continue mon récit. Je lui explique comment je l’ai retrouvée, lui demande des explications sur sa relation avec ma grand-mère. La seule chose qu’elle me répond est : »je vais tout t’expliquer, mais, d’abord, veux-tu quelque chose à boire ? »

Je réponds que je n’ai pas soif. Je vois dans ses yeux de l’étonnement mêlé à de la joie. Elle regarde mon cou et me dit : »tu le portes! »

C’est là que je comprends qu’elle est forcément liée aux lettres.
Elle se lance dans une très longue histoire, elle me raconte que très jeune, elle est tombée enceinte par accident ; qu’elle n’avait pas fini ses études et qu’elle n’était pas capable de s’occuper d’un enfant. Grand-mère est partie avec moi dès que je suis née et elle, est restée à New York. Comme pour se faire pardonner, elle m’explique qu’elle n’a cessé de penser à moi et qu’elle communiquait au moins deux fois par mois avec grand-mère pour avoir de mes nouvelles. La nuit est tombée, elle m’invite à dormir.

Je suis restée deux semaines à New York, comme pour commencer à rattraper le temps perdu.  Je devrais peut-être lui en vouloir de m’avoir laissée et pourtant, je ne lui en veux pas. Je suis surtout heureuse d’avoir retrouvée ma mère.

Le trac

Si seulement je n’avais pas le trac, si seulement je pouvais m’échapper à ce moment, non pas que je ne veuille pas, que je n’ai pas envie ; mais j’ai peur, peur du jugement, peur de tout ! J’ai la voix qui tremble, les jambes qui tremblent. Je voudrais être à un autre endroit, être loin d’ici sans personne autour de moi pour m’écouter ; mais malheureusement, je n’ai pas d’autre choix que de monter ces trois marches qui me séparent de ma destinée. J’ai peur d’arriver devant ces milliers de personnes qui vont m’écouter. Tout se bouscule dans ma tête : la chanson, la musique, les paroles et mes parents ! Mes parents qui sont dans cette salle, vais-je les décevoir ? Vais-je réussir cette note qui me hante ? La note qui changera tout. Mon coeur me dit d’y aller mais ma tête me dit de reculer; ces idées se percutent et s’entrechoquent sans que je ne puisse rien faire. J’ai une boule au ventre, la peur m’envahit, je suis tétanisée. J’ai la sensation que mes os sont faits de pierre, mon coeur chavire ! Il faut que je montre à ces gens qui je suis, qui je peux devenir, je dois y aller, je n’ai pas le choix, je ne peux pas reculer. Je pense à ma famille, à tous mes proches qui croient en moi ; si seulement ils étaient là à côté de moi pour me dire d’y aller, pour me pousser sur cette scène : ils me diraient « prends le micro, chante comme tu n’as jamais chanté, crie comme tu n’as jamais crié, montre à ceux  qui t’ont rabaissée qui tu es au fond de toi. » Mais, malheureusement, ils ne sont pas là, ils attendent tant bien que mal que je prenne la décision de monter sur cette scène et de chanter. Mais, comment leur montrer ?  Et s’ils n’aimaient pas ce que je chante ? Et si j’oubliais des paroles ? Que vais-je faire si j’oublie ces maudites paroles. Je me pose peut-être beaucoup trop de questions mais je n’arrive pas à me contrôler. Elle arrivent comme des flèches qui pénètrent mon crâne. Elles restent logées là dans mes pensées. Le producteur me fait signe d’avancer, mais, je ne suis pas prête ! J’hésite … Si je partais, je n’aurais plus peur, je n’aurais pas à chanter devant ces spectateurs. Mais, je décevrais toute ma famille et tous ces gens qui n’attendent que moi. Ce serait choisir la facilité que de partir. Je n’ai pas le droit de faire ça, cette décision ne m’appartient pas. C’est celle de tout le public, celle du producteur, de toute ma famille. Il me suffit de monter ces quelques marches. Je les ai examinées, en long, en large, et en travers, ces marches. J’en connais les moindres rebords, les moindres grains de poussière qui se sont logés sur celles-ci. Je m’appelle Marina Roland et je suis faite pour chanter, rien ni personne ne pourra m’en empêcher. Micro dans une main, ma guitare dans l’autre, je monte ces trois marches , et c’est parti !

Ecrire sur le thème de la gourmandise…

A partir de trois images choisies dans les catégories gâteaux, lieux et personnages, les élèves des classes de 1 CAP coiffure et Terminale bac pro esthétiques devaient inventer une nouvelle d’un format A4 (minimum). Les écrits ont été de qualité et le jury a décidé de récompenser 4 élèves.

La première place pour Tess de 1 Coif

Les dernières crêpes.

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De chez moi par la fenêtre, je peux entendre les gens chanter et les voir s’amuser, ils ont tous le sourire.

Je commence à avoir faim je n’ai toujours pas vu la nourriture dans ma gamelle. Je vais sûrement commencer à chercher de la nourriture dans l’appartement, en allant dans la cuisine je sens comme une douce odeur de crêpes, je la sens mais je ne la trouve pas, mon ventre n’arrête pas de gargouiller. Pourquoi Salomé ne rentre pas ? Elle était juste descendue avec les autres en bas au bar d’en face et pourquoi il y a de l’orage d’un coup, tout à l’heure il n’y avait pas de nuage, et pourquoi ils se mettent tous à crier ?

Ce n’est pas important, pour l’instant je dois trouver ces crêpes ! Je crois qu’elles sont sous la serviette sur le comptoir. Je me mets à sauter sur la chaise devant l’évier avec toute la délicatesse qui m’a été donnée, et puis je peux enfin atteindre cette senteur sucrée. Quand enfin, j’ôte ce torchon les recouvrant, l’odeur devient encore plus forte et plus salivante.

Je peux enfin manger, transportant dans ma gueule des crêpes jusqu’à la fenêtre de tout à l’heure, je remarque que les cris ont cessé et à la place se sont installés des gémissements. Quand je suis enfin bien régalé par ce festin et que je peux m’allonger le plus confortablement possible, je remarque par la fenêtre des personnes gisant au sol allongées, ou d’autres courant apeurées.

Je cherche Salomé parmi toutes ces personnes mais je ne la trouve pas… elle doit sûrement être en train de remonter les étages pour venir me câliner. Sur cette idée je me suis dis que je devais aller devant la porte pour l’accueillir avec mes miaulements habituels. Au bout de cinq minutes je me suis résolue à jouer avec ma queue pour m’occuper, mais je me suis vite endormie.

Je me suis fait réveillée par une personne criant «Youka !» Pourquoi crie-t-elle mon prénom ? Ce n’est pas la voix de Salomé, mais elle me dit quelque chose.

Quand la femme m’a aperçue, elle a accouru vers moi. Quand je vois son visage je remarque ses larmes.

Que s’est-il passé ? Pourquoi Salomé ne revient pas ?

Elle me manque…

Nous avons tout particulièrement aimé les émotions de ce texte et l’écho qu’il donne aux événements vécus il y a quelques mois.

la deuxième place est revenue à Elea  de Terminale esth.

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SURPRISE !

Cela avait été une matinée stressante pour Mathieu Milhade qui sortait tout juste de son bureau, au deuxième étage du château de l’entreprise. Il marchait d’un pas vif, ses chaussures de cuir claquant contre le sol en pierres glacées de février. Il pensait aux papiers que renfermait la pochette rouge sous son bras : douze bouteilles de plus, en 25 minutes de parlotte avec un des américains vantards habitant Las Vegas et qui voulaient impressionner ses invités avec un vin de français « un bowr-de-lai » comme ils disaient. Plus les confirmations des 6 commandes pour Pékin, et les habituelles commandes françaises pour les hôtels et restaurants 4 étoiles. Oui une matinée stressante mais efficace. Son père allait être content. Après avoir descendu les escaliers recouverts d’un épais tapis rouge élimé, il traversa le hall et s’arrêta au comptoir de l’accueil où une jeune stagiaire blonde lui souriait. Elles étaient toutes à ses pieds. Mais qui pourrait leurs en vouloir ? Grand, élancé, Mathieu avait les yeux gris en amande de sa mère et le nez droit de son père. Sa veste de costume noir mettait en valeur son épaisse chevelure brune. Il sourit en retour à la blonde découvrant des dents blanches, impeccables. Après avoir déposé et signé quelques papiers, il sortit enfin du château. Le froid lui piqua le visage et il s’empressa de traverser la cour et de monter dans son Audi. Il tourna la clef de contact et franchit le haut portail en fer rouge dont les arabesques brillaient au soleil de midi. D’un coup d’œil dans le rétroviseur, il aperçut, l’immense panneau bordeaux planté dans le sol qui rapetissait derrière lui. Son écriture dorée, inversée par le miroir, aveugla légèrement Mathieu. « Entreprise Milhade, producteur de vins depuis 1938 ». A tout juste 20 ans, Mathieu était déterminé et destiné à reprendre l’entreprise familiale, pour le plus grand plaisir de ses parents.

Les sucettes à la fraise et à la crème sont toujours mes préférées. Qui pourrait en préférer une autre ? Elles sont sucrées, mais pas trop. Elles ont un goût de fruits et de lait en même temps. Mais entre les sucettes et les milkshake qui gagnent ? Dans les milkshake on peut mettre ce qu’on veut. Du lait, des fraises, de la glace, mais aussi des pommes, des bananes….peut- être même des sucettes?

Maintenant que sa matinée de travail était terminée, Mathieu allait pouvoir régler les derniers points de la soirée, de sa soirée. Il avait eu 20 ans quelques jours auparavant et ce soir avait lieu une grande fête de famille pour célébrer son anniversaire. Installé sur un tabouret, les coudes en appui sur le bar de sa cuisine, il pensait à ce qu’il allait porter. Sûrement sa chemise bleu marine qu’il s’était acheté la semaine précédente. Toute la famille allait être là. De ses parents, dont il avait quitté la maison pour s’installer dans un bel appartement du centre-ville quelques mois auparavant, à sa grande tante habitant Marseille. Il fallait faire bonne impression. Après avoir fini son assortiment de sushis pris sur la route, il consulta ses mails et appela le restaurant Le Marmiton pour s’assurer que les tables avaient bien été installées. Le DJ allait venir entre 19h30 et 20h et son père apporterait le vin. Et le gâteau ?! A oui, Cécilia devait s’en occuper.

La guitare ou le piano ? La guitare. Parce qu’on peut en jouer dans la rue. Les chaussures ou les chaussettes ? Les chaussures, parce que c’est elles qui voyagent le plus, qui profitent du dehors. Le thé ou le café ? Le café bien sûr. Qui survit sans café ? Le rouge ou le bleu ? Le bleu. Mmmmmm, quoi d’autre ? Le rock ou le jazz ? Le jazz. La danse ou le théâtre ? Celle-là elle est trop compliquée…joker.

Cécilia. Sa sœur jumelle. Qui fêtait ses 20 ans elle aussi. Mathieu l’avait oubliée. C’est-à-dire qu’il ne l’avait pas vue depuis un moment. Elle était partie en Afrique pendant 9 mois et était revenue quelques jours plus tôt. Mais, cela faisait bien plus de 6 mois qu’ils ne s’étaient pas vus. Tous les deux étaient si différents. Cécilia était si tête en l’air, si extravagante…Quand ils étaient enfants, les professeurs avaient peine à croire qu’ils étaient de la même famille. Mathieu si sérieux, si intelligent, un élève modèle qui répondait à chaque question en classe et qui était ami avec tous les élèves, sans jamais causer un seul souci. Et Cécilia, qui regardait toujours par la fenêtre, dessinait sur ses cours, disparaissait de l’établissement parfois, et ne semblait jamais s’intéresser à ce qui se passait dans la classe. Dans les cours d’école au contraire, elle se révélait être celle qu’on remarquait le plus, celle qui pouvait danser en plein milieu de la foule ou qui revendait des feuilles doubles ou des tubes de colle soit- disant pour donner « de l’argent aux pauvres ». « Cécilia la cata ». C’est comme ça que l’on la surnommait en primaire.

Je me souviens la première fois où j’ai fait du théâtre. Je devais avoir 7 ou 8 ans. Mathieu s’était inscrit parce que notre ancienne maîtresse allait être notre professeur et moi j’avais juste suivi Mathieu. Seulement, arrivée là-bas, je m’étais découvert une vraie passion pour la scène. Enfin, c’était génial de jouer un rôle, d’enfiler un costume et d’être applaudie à la fin. C’était génial d’être tout ce qu’on ne fût pas le temps d’une pièce. De donner vie à quelqu’un qui n’existe que dans l’imagination. J’avais donc continué le théâtre au collège, puis au lycée. Seulement, Mathieu lui, il n’était pas vraiment doué. Il pouvait même apprendre son texte par cœur. Il pouvait connaître la biographie de l’auteur. Il pouvait même regarder les grandes représentations et reproduire les mouvements des acteurs. Mais, rien n’y faisait. Il n’avait pas « l’étincelle » avait dit une fois notre professeur. Cela lui avait fait un choc d’échouer. Il avait donc abandonné, pour une fois. Moi, au contraire, je jouais le personnage secondaire ou principal à chaque pièce. On m’acclamait à chaque représentation. Une star le temps d’un soir. Mon père et ma mère assistaient à chacune de mes pièces. Je pense que c’est ça qui lui a brisé le cœur. Lui qui avait toujours été sous les projecteurs, il se retrouvait dans l’ombre deux fois par an.

Arrivé devant le restaurant, il se gara et se regarda un instant dans le rétroviseur. Son teint était légèrement verdâtre. Ou peut-être que c’était dû à l’éclairage ? Il était 19 heures moins le quart. Sa sœur devait déjà être arrivée avec ses parents. Mathieu appréhendait leurs retrouvailles. Elle ne lui avait pas vraiment manqué et il se demandait si, elle serait heureuse de le revoir. Il sortit de la voiture et entra dans le restaurant. Après s’être présenté à l’accueil, on le conduit à un escalier juste derrière le petit comptoir qui donnait vers la salle de réception. C’était une salle tout en longueur où plusieurs tables rectangulaires avaient été alignées et couvertes nappes blanches. Bien. Les hauts murs de pierre étaient éclairés d’une lumière jaune. Mathieu vit ses parents au fond, là où la salle s’élargissait et laissait place à une piste de danse.

Mathieu ! dit sa mère, ravie. Enfin !

Bonjour, maman, dit-il en l’embrassant. Bonjour Papa.

Son père l’étreignit un moment, se recula et regarda son fils de haut en bas, le regard brillant.

Tu es très élégant ce soir, dit-il en souriant

Sa voix chaude détendit Mathieu. La chemise bleu marine, il avait fait le bon choix. Sa sœur lui revient à l’esprit.

Cécilia n’est pas là ?demandait-il en regardant autour de lui.

Aucunes nouvelles….me répondit sa mère.

Je vais passer un coup de fil à ta tante, déclara son père en s’éloignant d’eux, m’assurer qu’elle est bien arrivée.

Aucunes nouvelles de leur fille qui avait passé 9 mois à l’étranger.

Ah ! mais tu es sûr qu’elle ne viendra pas ?

Aucunes nouvelles, je te l’ai dit Mathieu. Ce n’est pas si grave ! On se verra une autre fois.

Seuls tous les deux, dans l’immense salle, Mathieu observa sa mère. Pourquoi ne semblait-elle pas inquiète de n’avoir aucunes nouvelles de sa fille depuis plusieurs mois.

Les invités vont bientôt arriver, dit-elle toute souriante. J’ai hâte que la fête commence.

Ce voyage en Afrique, j’en avais vraiment besoin ; ça avait été comme un pèlerinage. Je me sentais tellement inutile là où je me trouvais. J’avais aidé à construire des écoles, des maisons. J’avais rencontré des gens incroyables. J’avais partagé mon expérience avec eux et eux la leur avec moi. Il y avait tellement de choses à préserver, tellement de monde à protéger. Là-bas, j’avais pu me rendre utile. Ici, je m’étais sentie tellement étrangère aussi. Le dépaysement m’a fait comprendre que le seul endroit où on n’est pas étranger c’est dans sa famille. Ce voyage m’a appris beaucoup de choses sur les autres et sur moi. Mais, ça fait du bien de se sentir chez soi à nouveau, entourée de ceux qu’on aime et qui nous aime en retour.  

Aux alentours de 20 heures, toute la famille était au complet dans la salle. Enfin, presque, Mathieu n’avait toujours aucunes nouvelles de sa sœur et personne ne semblait s’en inquiéter. Certains avaient même l’air amusé par les questions du jeune homme. Cécilia n’avait jamais été totalement à sa place dans la famille de toute façon. Il avait aussi essayé de la joindre sur son téléphone, sans grande conviction, mais tout de même. Au bout d’un quart d’heure à se retourner la tête de questions sans réponse, il décida d’oublier sa sœur qui le mettait si mal à l’aise et rejoint sa famille. Après tout Cécilia n’aurait jamais fait ça pour lui. Elle se serait amusée avec les autres, sans s’occuper de lui, aurait proposé une danse, avant l’entrée, et serait allée faire la conversation à toute la famille. Elle arrivait même à ennuyer les vieux. En parlant de conversation, le jeune homme se dit que cette soirée était l’occasion parfaite pour créer des liens avec le côté très aisé de la famille. Il ajusta alors le col de sa chemise, rangea son portable dans sa poche, afficha son plus beau sourire et se dirigea vers sa grande tante.

Ça allait bientôt être le moment ! encore un peu de patience !

Il était maintenant près d’une heure du matin, les assiettes à fromage s’étaient vidées et les enfants s’endormaient sur les genoux de leur mère. Mathieu qui avait passé un long moment en compagnie de sa famille venant du sud, était un peu pompette. Contrairement à ce qu’il aurait pu penser, les verres d’alcool s’enchaînaient rapidement avec les personnes âgées. Lorsque vient l’heure d’apporter le gâteau, son père et sa mère demandèrent à Mathieu de se placer au centre de la piste de danse qui s’était vidée. Dos aux tables, il se demandait quelle surprise l’attendait. La traditionnelle mélodie s’éleva des enceintes et la foule entonna alors « joyeux anniversaire ». Les voix se mêlèrent en une cacophonie monstrueuse mais qui s’en souciait ? La tête lui tournait mais Mathieu se retourna pour observer, en souriant, toute sa famille qui criait presque désormais. Lorsqu’il refit face à la piste, trois cuistots vêtus de blanc faisaient alors rouler vers lui un immense gâteau au chocolat. Mathieu douta alors du niveau d’alcool présent dans son sang. Le gâteau était composé de trois étages, le plus grand semblait mesurer environ un mètre cinquante de rayon si ses yeux ne le trahissaient pas. « Joyeux anniversaire Cécilia et Mathieu. Joyeux anniversaire ! » Tout le monde applaudit alors en fanfare. Des sifflements semblaient venir des cousins et Mathieu était presque sûr qu’il avait vu son arrière-grand-père debout. Ce qui était un exploit en soi. Quelqu’un commença à scander « le gâteau ! le gâteau ! » mais avant que le murmure prenne forme Mathieu leva son verre de vin vide et prit la parole :

« Merci ! merci à tous d’être…d’être venus ici ce soir ». Sa gorge était sèche et il avait vraiment très chaud. « Je tiens à vous dire merci d’avoir fait le déplacement….pour moi. Dommage que l’autre ne soit pas là. » Quelques rires nerveux fusèrent dans la salle. Après tout, elle n’était jamais là ! Toujours à aider les autres ! » Les rires timides s’évanouirent. « Oui. Toujours à droite à gauche, sans prendre la peine de passer du temps dans sa famille. Sans jamais se préoccuper de nous ! Après tout elle était fait bien ce qu’elle veut Cécilia la Cata ! Elle n’est pas bien ici, et bien elle n’a qu’à partir ! » Le visage de Mathieu se colora alors de rouge. Il la détestait tellement. Voilà ce qu’il pensait. Il ne prit pas garde à sa mère qui tremblait sur sa chaise à quelques mètres. Il n’entendit pas le bébé qui pleurait au fond de la salle, réveillé par ses cris. « A me voler la vedette pour toujours », il soupira un instant et reprit d’une voix aigüe et caricaturale. « Cécilia, elle n’est pas première de sa classe mais qu’est-ce qu’elle danse bien ! Cécilia, elle n’a pas la moyenne partout mais alors comme elle est douée en théâtre ! Cécilia, elle sèche les cours mais bon, elle est si gentille avec tout le monde ! De toute façon, je ne t’ai jamais aimé ! Jamais ! cria –t’il, les larmes aux yeux, tremblant de colère. Ces mots n’eurent pas le temps de raisonner dans la pièce qu’un bruit d’explosion suivit d’un vrombissement retentit derrière Mathieu. Il se retourna précipitamment et vit alors Cécilia, debout sur le sommet du gâteau. Ses yeux étaient rouges et gonflés. Des larmes coulaient sur ses joues et ses poings étaient si serrés contre les cuisses que des gouttes de sang perlaient dans le creux de sa main. Des petites feux d’artifices s’étaient déclenchés derrière le gâteau et la baignait d’un éclat rouge. Tout se passa alors comme un éclair. Cécilia bondit de la plateforme, au sommet du gâteau, droit sur Mathieu. Tous les deux s’aplatirent lourdement sur le sol, en faisant trembler les murs. Les cris de rage de Cécilia se mêlèrent à ceux effrayés de la foule. Mathieu, plaqué au sol par sa sœur, poussa de toute ses forces pour rouler de l’autre côté. Les cris fusèrent dans la foule. Mathieu prit le dessus, sur sa sœur. Il lui maintient les poignées au sol avec son avant-bras et Cécilia donna un coup de genou dans son dos. Le buste propulsé en avant, Mathieu tendit sa main libre vers le sol et celle-ci se referma sur un objet fin et dur. Sans réfléchir, il leva l’objet en l’air et l’abattit sur sa sœur. Le pied du verre à vin brisé s’enfonça dans l’abdomen de Cécilia dans un bruit de chair et un long cri déchirant s’échappa de sa bouche. La foule se précipita sur la jeune fille, affolée. Le sang s’écoula lentement sur le plancher. Le regard suppliant, elle plongea ses yeux dans ceux de son frère.

Pourquoi ?          

Une très belle écriture à deux voix et une « jolie » chute !

Les troisièmes places exæquo sont revenues à   Cloé de Term. esth (Délice chocolaté) et à Ludyvine de 1 Coif.  (La faim est un vilain défaut.)

Délice chocolaté.

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Au restaurant « Le Diamant », ayant récemment atteint sa troisième étoile Michelin, les clients se démènent pour obtenir la meilleure table, certains sont même prêts à réserver des mois à l’avance pour s’assurer de goûter aux plats mythiques du grand chef Arnaud Fondant.

Ce dernier cuisine pour des personnalités importantes depuis de longues années : président, ambassadeurs, grandes stars internationales, se sont succédé à la porte de son établissement. Ses recettes raffinées et originales sont connues dans le monde entier, et l’on vient des quatre coins de la planète pour déguster ces mets délicats façonnés de ses mains expertes.

Les affaires se portent à merveille, et le chef est à l’apogée de son succès. Le Diamant est LA destination favorite des amoureux  de la gastronomie. mais cet engouement en fait également une cible de choix pour les critiques culinaires, et de l’un d’eux en particulier. Monsieur Gaston Lapoêle, expert en desserts et créateur d’une célèbre marque de poche à douille, qui réserve une fois par mois une table dans le salon VIP du restaurant. Cet homme est connu pour ses articles dévastateurs, ayant anéanti la réputation de plusieurs grands chefs internationaux. Mais malgré ses longues argumentations sur « l’enfer gustatif » qu’il  fait subir à Arnaud Fondant à chacune de ses visites, la popularité du cuisinier ne ternit pas. Monsieur Lapoêle continue de lui décerner des appréciations catastrophiques, malgré les plats éblouissants que lui présente le chef. Des recettes aux saveurs étonnantes et au design fou, des inventions culinaires dont lui seul connait le secret. mais il a beau créer un nouveau plat extraordinaire à chaque passage du critique culinaire, ce dernier continue de crier haut et fort « Ô combien la cuisine de cet Arnaud Fondant est un crime contre son divin palais ».

Complètement démotivé, Arnaud ne sait quoi faire lorsque le gérant du restaurant lui annonce que Gaston Lapoêle vient dîner au Diamant dans deux jours. Il pourrait s’enfermer des heures dans sa cuisine pour confectionner la plus belle assiette du monde entier, monsieur « poche à douille » trouverait le plat fade, sans intérêt, vu et revu, ou le qualifierait « d’assassinat de se papilles gustatives ». A quoi bon suer sang et eau pour un homme qui ne sait pas apprécier sa cuisine. Arnaud décide alors de lui servir le plat du jour, et de lui préparer un dessert des plus simples : un moelleux au chocolat. Au moins de cette façon, le spécialiste aura de quoi critiquer son manque d’originalité.

Les deux jours passent et le chef se retrouve aux fourneaux, accompagné de ses deux commis. A la carte ce soir, « valse de saveurs marines », en entrée, « pièce royale aux merveilles parisiennes » accompagnée des « délices du jardin » pour le plat principal, et enfin, un « moelleux au chocolat » en dessert. Arnaud n’avait même pas pris la peine d’inventer un nom pour son dessert, et il jugeait inutile de déguiser une recette aussi banale avec une expression qui fait rêver. Puisque selon lui, un simple gâteau au chocolat ne fait pas rêver les amateurs de la grande gastronomie.

Une fois l’entrée envoyée au serveur, Arnaud charge l’un de ses commis de préparer la viande, pendant que l’autre sélectionne les légumes. Le chef quant à lui, commence la préparation de son gâteau. Il termine la pâte rapidement, connaissant la recette par coeur, tant il l’avait faite à ses débuts dans la cuisine. Il prend le moule le plus simple, un moule rond, de taille moyenne, qu’il beurre légèrement avant de couler la pâte à l’intérieur. Une fois le gâteau sous la fournaise du four, il prépare sa crème chocolatée qu’il ajoutera au gâteau une fois la cuisson terminée.

Le plat part ensuite, et déjà les serveurs rapportent au cuisinier les commentaires négatifs incessants à propos de l’entrée.

Arnaud perd espoir, et regarde avec mélancolie le gâteau gonflant calmement dans le four. Comment peut-il oser présenter un gâteau aussi misérable devant le spécialiste incontesté du dessert ? Il en est certain, il signe son arrêt de mort avec ce moelleux.

L’attente prend fin et le cuisinier sort la pâtisserie du four, déposant le moule au centre de son plan de travail immaculé. Le gâteau est beau, malgré sa simplicité, mais il n’y a vraiment rien d’exceptionnel. Une fois  le temps de pause du gâteau écoulé, Arnaud saisit son couteau et tranche le dessert en deux. Une odeur envoûtante s’échappe alors de la plaie béante du moelleux. Le chef coupe ensuite plusieurs fois le gâteau, en formant des parts égales, d’une symétrie presque parfaite. Il sélectionne la plus réussie et la dépose dans une assiette, accompagnée d’une cuillère en argent. Il fait couler d’un geste vif et agile la crème sur et autour de la part de gâteau, et recule de quelques pas pour admirer le résultat final.

Aux yeux du grand Arnaud Fondant, c’est une catastrophe. Le dessert le plus laid qu’il n’ait jamais préparé. Et pourtant, cette part de gâteau élégante et raffinée, ravirait les yeux et le palais de tous, des incorrigibles du chocolat jusqu’aux moins gourmands. Cette odeur irrésistible et cette séduisante robe de crème rendent ce gâteau agréable à la vue, et son goût ne peut être que fabuleux. Mais rien ne peut redonner le sourire au chef, définitivement déçu de lui-même.

Le serveur fait son entrée en cuisine, le plateau à la main. Arnaud y dépose délicatement l’assiette, accordant un dernier regard à la pauvre part de gâteau, qui sera broyée en quelques minutes par les mâchoires monstrueuses du pape de la pâtisserie. Le jeune homme retourne en salle, observant le plateau d’un air étonné. Après les recettes extravagantes qu’il a servies jusque là, il ne s’attendait pas à devoir servir une simple part de gâteau. Ce dessert n’est pas digne d’Arnaud, et le serveur dépose l’assiette devant monsieur Lapoêle, quelque peu inquiet.

Lorsqu’il retire son tablier à la fin de la soirée, après avoir salué poliment Gaston Lapoêle, Arnaud s’assoit lourdement sur une chaise, et soupire longuement. Les serveurs, ses commis et le gérant tentent de lui remonter le moral tant bien que mal, en vain. Arnaud le sait, il n’a aucun doute à ce sujet, il va perdre sa troisième étoile !

Il dort mal cette nuit-là, son sommeil est dérangé par des cauchemars au goût tantôt sucrés tantôt amer du chocolat. Il rêve qu’on lui jette ses propres plats au visage, qu’on le hue, qu’on le déteste. Il voit dans ce cauchemar, Gaston Lapoêle, un sourire fier étirant ses traits, car il a enfin détrôné le grand, le célèbre Arnaud Fondant.

Au petit déjeuner le lendemain, c’est la mort dans l’âme qu’il ouvre le journal, censé contenir le nouvel article du critique. Ce qu’il lit par la suite n’est cependant pas du tout ce à quoi il s’attendait :

« C’est avec réticence que je me rendis au restaurant Le Diamant, ce samedi soir, imaginant en avance les horreurs qui me seraient servies. Mais je devais y retourner, pour goûter à nouveau aux plats ternes et tristes de ce soi-disant chef étoilé. sans surprise, l’entrée était atroce et le plat manquait d’émotion. La peur au ventre, je vis le serveur arriver avec le dessert. Étonnamment, ce n’était pas une confection saugrenue avec des choux pailletés ou une crème anglaise argentée qui me fut présentée, mais une sublime part de moelleux au chocolat. Rien qu’à la vue de ce dessert incontournable, mon palais frissonna de plaisir. C’est alors que je saisis la cuillère, que j’utilisai délicatement pour séparer un petit morceau du reste de cette part plus qu’appétissante. Et là, commença, ce que j’appellerai « un rêve chocolaté ». Tout dans ce gâteau était réalisé à la perfection. La texture, légère comme un nuage, gardait en bouche un certain caractère que je ne pus qu’apprécier. l’intensité du chocolat était dosée avec finesse, et le mariage de la chaleur de la pâte et du côté frais de la crème rendait le tout presque magique. Ce gâteau était l’un des meilleurs qu’il m’a été permis de goûter durant toute mon existence. IL me rappelait fortement les desserts que me préparaient ma grand-mère avec amour, lorsque je passais mes après-midi dans sa maison au coeur de la campagne. Ces petits gâteaux, ces éclairs, ces jolies religieuses au chocolat qu’elle cuisinait toujours et qui m’ont donné cette passion pour les pâtisseries.

C’est ce souvenir des plus agréables qui emplit mon esprit lors de la dégustation de ce dessert.

Pour conclure, j’aimerais adresser ces derniers mots à Monsieur Arnaud Fondant. Pourquoi, chef, vous obstinez-vous à confectionner des immondices, si vous êtes capables de servir un pur délice ? »

Une nouvelle qui nous a transportées dans les cuisines du « Diamant » et un gâteau que l’on aurait bien goûté, nous aussi !

La faim est un vilain défaut.

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Nous sommes réunis en ce jour pour célébrer l’union de mon maître, Paul et de ma maîtresse, Caroline.

Oui comme vous avez pu le constater je suis un chien, un chien à poil long, de taille moyenne et avec un estomac gros comme deux stades de football. J’ai un nom plutôt ridicule pour le chien que je suis: Douguy. Mais je ne l’ai pas choisi. Ce mariage sera parfait, tiens, d’ailleurs les invités commencent à arriver.

De belles robes longues colorées, des costumes noirs à cravates blanches sans oublier la décoration des tables et le plus important: le repas qui s’annonce excellent.

Seule Caroline est vêtue de blanc aujourd’hui, c’est une couleur très jolie, je trouve.

Mon maître Paul m’a demandé de rester assis à côté d’une table le temps que la pièce montée arrive pour qu’aucune « catastrophe» ne se produise.

Paul a souvent très peur pour moi, je ne comprends pas trop, il devrait savoir que je suis un chien très fort pourtant… Je l’entends souvent dire des choses sur moi. Par exemple un matin je l’ai déjà entendu dire « Caro, j’ai peur que Douguy ne mange le facteur» et je le défends souvent contre ce soi disant facteur, que j’appelle personnellement le démon jaune. Pourquoi? Tout simplement parce que tous les matin il tente de frapper Paul ou Caroline avec un journal. Heureusement que je suis là pour les protéger.

Revenons à ce mariage, des petits groupes de personnes commencent à se former et les discussions débutent en même temps. J’observe du dessous de ma table le lieu de la réception, un bel endroit entouré d’arbres avec des tables installées au centre pour manger.

Soudain, ma concentration fut coupée par un sentiment tellement fort qui peut s’écrire en simplement sept lettres: j’ai faim! Effectivement, mon ventre appelle au secours et mon estomac se retourne. Je dois trouver impérativement de la nourriture sous peine de mort, je dois me lever et désobéir à Paul pour survivre, il comprendra, je pense…

Je me lève donc discrètement pour partir en quête de quelque chose à manger, il commence à y avoir beaucoup de monde, je me faufile comme je peux entre les pieds des invités qui ne prêtent même pas attention à moi, sauf quelques enfants qui me caressent en disant « Il est trop mignon» comme font la plupart des gens habituellement, j’aime bien cette sensation d’être aimé par les personnes qui m’entourent. Mais cette fois je ne m’arrête pas pour encore entendre ces compliments et sentir ces caresses sur mon poil. Pas un seul invité n’a l’idée de me donner une petite friandise, tout le monde est trop occupé à parler de je ne sais quoi sans se rendre compte que je meurs de faim!

Soudain, je me retrouve en face de la plus belle chose du monde, de la nourriture mais pas n’importe laquelle, des petits gâteaux verts en forme de cochon qui avaient dû être soigneusement préparés avec amour et bonté. Je me retiens de sauter sur la table pour les dévorer, je ne dois pas me faire remarquer sinon je risque de me faire énormément disputer. Je me couche alors sous la table pour faire comme si je n’avais pas bougé depuis le début de la réception. Je me demande quel goût ils ont, chocolat? Je ne sais pas encore mais je vais bientôt le savoir, je dois juste attendre le bon moment, le moment où personne ne pourra me voir et me disputer. J’observe les invités qui discutent et je vois de loin mon maître et ma maîtresse qui ont l’air d’être heureux, ils parlent avec des personnes qui sont plutôt âgées.

Au bout d’un certain temps, un homme en costume blanc prend un micro et s’adresse à tout le monde, tous les invités se réunissent alors autour de lui. C’est le moment où jamais, je me lève d’un bon, ne prends pas le temps de regarder autour de moi, je mets mes deux grosses pattes avant sur la table et j’enfonce mon museau dans les petits gâteaux verts, je crois que j’ai tout éclaboussé autour de moi. Ce qui est sûr c’est que j’ai le museau tout vert, c’est ma couleur préférée. C’est tellement bon, j’aimerais que ce moment dure toute ma vie pour être sincère. Tout à coup j’entends juste à côté de moi: «Douguy!». Je lève la tête, la tourne, vois Caroline et baisse les oreilles. Sa belle robe blanche est toute tachée de vert. Oups!

Nous avons beaucoup aimé « Douguy », sa gourmandise et son humour !

Merci à tous les participants à ce concours d’écriture  pour les nouvelles pleines d’originalité que vous nous avez données.

Concours d’écriture

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 100 mots pour parler d’un moment de bonheur !

C’est le challenge que l’on vous a proposé du 9  au 16 novembre 2015.

Ce concours s’est inspiré du livre de Fausto Brizzi, Les beignets d’Oscar ou mes 100 jours de bonheur.

Pour poster votre texte, utilisez le cadre ci-dessous « laisser un commentaire ».
Avec l’envoi de votre texte, vous acceptez sa publication sur notre blog ainsi que sur l’arbre réalisé par les élèves. Chaque feuille est un moment de bonheur en une centaine de mots (95 à 105 mots).

Quelques textes d’élèves:

On se demande souvent ce qu’est le bonheur. On en a tous une vision différente. Pour moi, un vrai moment de bonheur est un moment partagé avec les personnes que j’aime. Un Noël, un repas de famille ou même être en compagnie de mes amis est un moment de bonheur pour moi. Certains vous diront que leur plus grand rêve réalisé est d’avoir reçu un cadeau spécial, ou même rencontré leur idole. Moi, je vous dirai simplement que mon plus grand moment de bonheur est d’avoir les personnes que j’aime le plus à mes côtés.

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Encore un jour de plus, comme les autres, sauf que ce jour là allait être  le plus beau jour de ma vie ! Alors que je pensais que mon père, fréquemment absent, ne m’aimait pas. Cette journée, ces heures et ces minutes… Ce soir là, mon père m’a prise sur ses genoux, il m’a prise dans ses bras, m’a serrée fort contre lui et après une semaine d’absence, j’ai entendu : « je t’aime ». Mes yeux se sont remplis de larmes ! Je me sentais à ma place avec mon papa pour me protéger et m’aimer.

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Je prends une poignée et les pose sur la table…Je vais dans la cuisine me servir un verre de Coca-Cola, me pose sur le canapé et le moment de bonheur commence ! Je rentre chez moi, allume la télé et m’avance vers le placard de bonbons. Une boîte de dragibus remplie m’attend ! J’en prends un, le mets dans ma bouche et je le croque ! Et là c’est une EXPLOSION de sensations !! Puis je prends une gorgée de Coca-Cola et ça pétille dans ma bouche !! Ces sensations sont tellement géniales, j’aimerais qu’elles durent une éternité !!

L’heure des récompenses

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C’est autour d’un goûter que le récit à suites s’est terminé. Après la lecture de la nouvelle créée par les deux classes et la présentation de romans, c’est avec jus de fruits, gâteaux et chocolats que la rencontre a pris fin. Un moment de partage bine agréable pour reprendre quelques forces avant de nouvelles écritures et lectures.

Un nouveau concours d’écriture !

Les 2 Cap coiffure et les 2 Bac pro esthétique vont se succéder pour écrire une nouvelle .

Fin de ce concours et résultat de l’écriture à plusieurs voix. 

Nous avions pris le début dans le roman Trente-six chandelles de Marie-Sabine ROGER

Début de la nouvelle :

On a beau essayer de prévoir l’imprévisible, l’intempestif survient au plus mauvais moment : je m’apprêtais à mourir.

Décéder fait partie de ces moments intimes qui supportent assez mal les témoins importuns.

Je m’étais préparé de longue date, en vue de ce dernier instant. J’avais résilié mon bail pour la fin du mois. Le ménage était fait, poubelles sorties, placards et réfrigérateur vidés, vitres et sol à peu près impeccables. Je venais de couper le gaz et l’électricité, après mon café du matin.

Mes papiers étaient tous en ordre. Je pouvais m’en aller serein.

Il est difficile de se dire que je vais mourir aujourd’hui. Je suis assis dans mon fauteuil et je réfléchis. Je m’imagine une autre vie, une vie où je pourrais vivre un peu plus longtemps, où je pourrais profiter de chaque jour comme si c’était le dernier. Marie, ma femme devait se dire la même chose avant de mourir, elle devait penser à son passé et s’imaginer son futur … Je me pose tellement de questions … Y-a-t-il un paradis comme certains le disent ? Y-a-t-il une vie après notre mort ? Vais-je retrouver ma femme qui est morte avant moi ? Vais-je retrouver ma mère, mon père, ma famille ? Je ne sais pas. J’ai peur, peur de la réalité et ce qui m’attend après. Je ne veux pas laisser mes enfants tout seuls même s’ils sont grands maintenant. Ils ne savent pas que je vais mourir aujourd’hui, ils savent juste que j’ai une grave maladie.

Je me sens diminuer peu à peu, ma respiration diminue… Je réfléchis toujours. Je pense à faire une lettre à mes enfants pour tout leur expliquer. Demain quand ils viendront à neuf heures précises, comme tous les jours, ils me découvriront sur mon fauteuil avec la lettre.

Je ne sais plus où je suis. Je ne sens presque plus mes membres, je suis comme paralysé. J’ai des frissons et une vague de froid me parcoure le corps. J’ai cette sensation étrange de « tomber »… D’un coup, je me retrouve en lévitation. Je flotte dans les airs, je suis sûr que je ne rêve pas. Je regarde autour de moi. Je me demande comment c’est possible de voir ma maison de ce point de vue. Mais, ce n’est pas ça le plus inquiétant … Je voyais mon corps inanimé sur le canapé, avec, sur la petite table, devant, ma lettre ! L’horloge indiquait 9 heures, on frappait à la porte…

Surpris que je n’ouvre pas, mes enfants sont rentrés, grâce au double des clés. Ils arrivent dans le salon. Je tente de leurs parler mais, ils ne m’entendent pas et ne me voient également pas. Après avoir essayé de me réveiller ; en vain, et après avoir lu ma lettre, ils comprennent que je suis mort. L’un d’eux dit tout de même : « je le ressens, il est là ».

Le fait de voir mes enfants autour de mon fauteuil, en larmes, sans pouvoir les toucher, sans pouvoir leur parler, ça me met hors de moi. Mais il y a un bon côté à tout cela : j’ai retrouvé ma femme. Elle est toujours aussi belle que quand elle nous a quittés. J’aurais aimé leur dire quelques mots avant de mourir sur mon fauteuil. J’aurais pu leur dire une dernière fois que je les aimais, que je ne les oublierai jamais. Ils seront toujours dans mon cœur quoi qu’il se passe.

Pour en revenir à ma femme, je lui ai dit que je l’aimais comme au premier jour, je lui ai dit aussi que je me rappellerai toujours le jour où nos regards se sont croisés. Je n’ai cessé de lui dire à quel point je la trouvais magnifique, je lui ai également répété à quel point sa beauté m’illuminait. Je lui ai répété que je l’avais toujours aimé, que je l’aimerais toujours. Elle ne me croyait pas quand je lui ai dit que je ne pourrais jamais en aimer une autre. Je lui ai raconté tout ce qui s’était passé depuis sa mort, dans les moindres détails…

Puis …je ressentis mes membres, je pouvais à nouveau bouger ! J’ai tout de suite compris que j’étais revenu à la vie… 

C’était magnifique ! J’étais vraiment de retour, mais une seule chose me hantait l’esprit, c’était horrible : comment mes enfants allaient réagir en me voyant debout, devant eux ? Ils avaient lu la lettre, c’était trop tard, ils savaient tout : j’allais m’en prendre une pleine poire, ça se comprenait.

Aurélie fut la première à me remarquer. J’ai vu sur son visage que sa colère était immense. A côté Gabriel, mon fils, me vit aussi. Sa rage était tellement marquée dans ses yeux qu’il arriva vers moi et me mit une gifle en pleine face ! Aurélie hurla qu’elle voulait que je m’explique. Je lui ai donc dit : « tu n’es qu’une petite sotte. Regarde-toi, tu es laide ma fille à te mettre ainsi en colère. » Elle me répondit : « Et toi, tu es ignoble, tu as détruit ma vie, sale type ! » Et puis ce fut le tour de Gabriel : « Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu devrais te cacher et avoir honte ! Tu devrais même rejoindre réellement maman, mais même elle, ne voudrait pas de toi ! » Je lui répondis qu’il s’énervait bien vite, que ce n’était rien … juste un raté. Mes deux enfants étaient en rogne contre moi. Après tout, j’ai juste avoué dans ma lettre que j’avais mangé tout leur futur héritage et que j’avais eu une relation avec une autre femme. J’en avais bien profité ! Mais pourquoi ces reproches ? Aurais-je dû aller au ciel ? Aidez-moi !

Dans ma tête tout était en vrac. D’un côté, j’avais honte de mon comportement, de l’autre, j’avais peur de la colère de mes enfants et de leur vérité qu’ils allaient me balancer à la figure. Je me suis levé. Je leur ai dit de me suivre jusqu’à la cuisine. Ma fille m’a dit : »Pourquoi faire ? Si c’est pour fuir toute explication autant rester dans ton canapé et répondre à nos questions ! » je lui ai répondu qu’il n’y avait pas d’explications. En plus je ne sais même pas pour quelles raisons, ils sont remontés contre moi. Mon fils lui dit qu’il ne me le pardonnera jamais, que je suis un mauvais père et qu’il n’emmènera plus sa fille dans cette maison. Alors j’ai commencé à m’énerver et j’ai voulu savoir le pourquoi de leur colère. Alors j’ai crié haut et fort : « Mais pourquoi êtes-vous tant énervés ? Si c’est à cause de l’argent, j’ai le droit de me faire plaisir, non ? J’ai travaillé des années, et dur pour avoir une belle retraite ! »

Une bagarre se déclencha…

Ma fille me lança : « tu n’es qu’un traitre ! J’aurais préféré que tu meurs, pour de vrai ! » Et son visage s’illumina, elle me regarda avec des yeux pervers. Et elle reprit : « Depuis que maman est partie, tu es devenu un bon à rien, tu ne mérites qu’une chose : crever ! » Elle me tendit un couteau . Je lui ai demandé :

« C’est pour quoi faire ?

-Te tuer, bon sang ! » me répondit-elle froidement. Elle me faisait peur. « Allez vas-y » dit-elle. J’avais le couteau dans ma main, je le regardais sans savoir quoi faire. Je me suis dit qu’elle avait raison. Je m’en voulais. Les larmes montaient. Je me suis rappelé tout le mal que j’avais pu faire depuis que ma femme était partie. Gabriel était au téléphone depuis un moment. Cela m’arrangeait car il ne voyait pas ce qui allait se passer. J’ai approché le couteau de plus en plus près de mon cœur. Aurélie prononça : « c’est ce que tu mérites, salaud » Et là, je l’ai enfoncé. Je sentis tout à coup une chaleur, je tombai à genoux, puis ensuite ma tête claqua sur le sol. J’entendis ma fille dire en sanglotant : « Oui, allo, venez vite, j’ai retrouvé mon père sans vie ». Et là, je vis flou, je n’entendis plus rien. Ça y est, je partais pour de vrai !

Le jury du concours d’écriture de nouvelles a désigné les trois gagnantes !

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C’est lundi 13 janvier (2014) que les résultats ont été annoncés aux deux classes qui avaient participé au concours d’écriture de nouvelles.

A partir d’une photographie, les élèves devaient écrire une nouvelle (1 à 5 pages). L’écriture s’est déroulée de fin novembre à mi-décembre.  Les élèves ont fait preuve d’une grande imagination et  nous ont donné des récits très variés et  d’une belle qualité d’écriture. Toutes les concurrentes peuvent être félicitées pour le travail rendu.

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Après délibération du jury, trois nouvelles ont été choisies :

  • Premier Prix  (chèque cadeau de 40 euros à la librairie Plein Ciel )- Déchéance écrite par Chloé  CHENDO (2 bac pro esthétique)
  • Deuxième Prix  (chèque cadeau de 25 euros à la librairie Plein Ciel) – Un café à la gare écrite par Eléa BORTOT (2bac pro esthétique)
  • Troisième Prix (chèque cadeau de 15 euros à la librairie Plein Ciel) – Une vie gâchée écrite par Muriel REIGNIER (1 cap coiffure)

C’est autour d’un goûter que cette remise de prix s’est terminée dans la bonne humeur.

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Premier Prix – Déchéance.

M. Douglas vivait dans la richesse et la fierté. Il n’avait jamais été dans le besoin à l’instar des sans-abris qui venaient prendre refuge dans les nombreux foyers  d’accueil dont sa femme et lui étaient propriétaires.Étant donné le grand nombre de vagabonds logés dans ces bâtiments, les bénéfices pour M. Douglas étaient énormes. Ne pensez pas que ce qui lui importait était le bien-être de ces pauvres gens. Cet homme ne pensait qu’à l’argent que lui reversait l’État, et aux trésors qu’il s’offrait grâce à sa fortune. En tant que propriétaire des locaux, il n’avait presque aucune tâche à effectuer, seulement à s’assurer que le ménage soit fait et que les factures d’eau et d’électricité soient payées. Il avait donc une vie facile. malheureusement, une contrainte s’imposait à lui : tous les mois, il devait se rendre dans un des foyers, en affichant un sourire qui se voulait réconfortant, et saluer les SDF qui cherchaient de l’aide auprès des employés de l’association. Étant quelqu’un de froid et de distant, il lui était donc difficile de se montrer aimable face à toutes ces personnes qui ne lui arriveraient jamais à la cheville. Qu’est ce qu’il en avait à faire de tous ces pauvres  ? Rien du tout ! Il voulait simplement être riche et en profiter. Mais comme chaque mois, il arborait un rictus figé et peu naturel, qui suffisait amplement. Mais lors de ces visites habituelles, il commit une erreur qui le changera à jamais.

C’était au foyer La Marguerite, qu’il avait acquis, il y a cinq ans de cela. Le seuil de pauvreté que rencontrait ce lieu était incroyable, et rendait ce foyer très populaire parmi les sans-abris en quête d’un repas chaud. M. Douglas quant à lui, détestait cet endroit, car la vue de toute cette misère le rendait malade. Il poussa cependant la porte de l’établissement ce jour-là, déjà prêt à recevoir des dizaines de regards envieux et admiratifs. Il salua une à une chaque personne qui se présentait devant lui, toujours avec ce sourire hypocrite. Les choses se passèrent ainsi pendant plus de vingt minutes, jusqu’au moment où un homme, vêtu d’un simple bermuda et d’une veste en jean rapiécée de toutes parts s’avança timidement vers le riche propriétaire.

« Bonjour ! Comme je suis heureux de vous voir Monsieur ! Si vous saviez, cela fait au moins une semaine que l’on ne parle que de votre venue ! déclara joyeusement le réfugié.

– Bien le bonjour à vous également, se contenta de répondre M. Douglas.

-Dites, euh… Je me demandais si vous n’auriez pas une petite pièce, rien que quelques centimes ? demanda courageusement le pauvre homme.

-Je m’excuse cher monsieur mais je n’ai rien sur moi, je suis navré, dit son interlocuteur. »

Et c’est sur ces mots que M. Douglas détourna son attention aux autres victimes de la pauvreté. Le vieil homme n’était pourtant pas dupe, et il savait bien que le porte-feuille du propriétaire était plein à craquer. Il s’isola alors dans un coin, et maudit le riche homme de ces mots : « Que l’horreur de mon quotidien devienne votre vie à jamais… Je vous maudis, très cher M. Douglas. » Celui-ci de son côté ne se soucia plus du pauvre homme pour le reste de la visite, et ne passa pas plus de temps que nécessaire au foyer d’accueil. Une fois débarrassé de ce sourire ridicule, il s’installa au volant de son véhicule hors de prix et rentra directement chez lui. Il n’éprouvait aucun regret face à son geste envers le sans-abri, et ce fut dans une sérénité absolue qu’il se coucha, la nuit venue.

La lumière du soleil matinal vint éclairer le visage du fortuné M. Douglas, qui s’éveilla avec une impression étrange. En effet, il ne se sentait pas du tout confortable dans ses vêtements, et il ne se rappelait pas s’être endormi assis. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il poussa un cri de surprise en découvrant sa situation. Adossé à un mur de béton froid et rugueux, et couvert d’un journal en guise de couverture, M. Douglas, riche à millions il y avait quelques heures, se retrouvait à la place d’un sans-abri, seul, et abandonné dans la rue. Pris d’un élan de panique, il courut là où ses pieds voulurent le mener, et se retrouva en face de la porte du foyer La Marguerite. Conscient qu’il ne pourrait pas retourner chez lui, sans sa voiture ni ses clefs, et que sans téléphone portable, il lui serait impossible de contacter sa femme, il poussa la porte pour la seconde fois depuis deux jours, et fut accueilli cette fois-ci par des yeux surpris, certains SDF se risquant même à des sourires moqueurs.

Le vieil homme qui lui avait demandé une pièce assistait à la scène, en retrait dans un coin de l’entrée, affichant une mine satisfaite. M. Douglas se laissa mener à une table par une jeune femme bénévole, et s’assit piteusement sur la chaise grinçante qui lui était proposée. Il croisa des dizaines de regards qui le scrutaient, autant dans l’incompréhension du plus si riche propriétaire. Agacé et honteux face à tous ces visages tournés sur sa figure sale et fatiguée, il rentra sa tête sous sa veste et sanglota silencieusement, attendant que quelqu’un d’aimable vienne lui donner une petite pièce.

Deuxième Prix –  Un café à la gare.

   Le serveur arrive avec un café, il le pose devant moi, lance un petit « voilà pour vous » et repart. Par réflexe, je réajuste la capuche sur le haut de mon crâne. J’ai chaud et le café n’arrange rien mais je n’ose pas me découvrir. Les gens prendraient peur s’ils voyaient ma tête. Un sifflement retentit, suivit d’un bruit familier d’un train qui passe. J’écoute les bruits de pas et les roulements des valises qui raisonnent depuis le hall de la gare. Une petite fille et son père arrivent dans le café. Ils se tiennent par la main, s’assoient vers une fenêtre et discutent. L’enfant a l’air impatient, ils attendent sûrement quelqu’un. Et moi, qu’est-ce que je fais là ? Cela fait plusieurs jours que je viens ici sans aucune raison. Je m’assois toujours à cette même table au fond du café, un coin sombre : parfait pour moi. J’ai toujours été un garçon réservé. Je n’ai jamais fait partie d’un groupe ni jamais eu de meilleur ami. la seule personne en qui j’ai vraiment eu confiance était mon père. Lui seul pouvait me comprendre. J’ai toujours eu ce problème, cette anomalie et il avait la même. Cela venait de son côté, tous les hommes de sa famille en avait hérité et ils en étaient fiers. Mais la famille de ma mère voyait les choses différemment. « malédiction satanique ! » avait crié mon grand-père maternel lors d’un dîner en famille, on ne l’a plus revu depuis. ma mère essayait de me rassurer en m’expliquant que c’était une maladie génétique comme la trisomie ou le diabète. « En plus cool » ajoutait-elle à la fin. C’était une mère aimante, enfin je crois. Elle est morte quand j’avais 11 ans : accident de train. Si vous êtes psychologue, vous pensez sûrement que c’est pour cette raison que je me rends à la gare, que j’espère la voir descendre du train en vie. Pensez ce que vous voulez, je ne juge pas. Toujours est-il qu’après la mort de ma mère, mon père a décidé de me faire les cours à la maison. Pour -je pense- garder ce qui lui restait auprès de lui. Il voulait me protéger pas seulement de l’extérieur mais aussi du regard des autres.

   La maladie s’accentuait au fur et à mesure que je grandissais. Il m’a donc retiré du système scolaire avant que je n’entre au collège. Il disait que les autres élèves se moqueraient de moi. Je ne comprenais pas. « Les gens ont peur de l’inconnu, de ce qui est hors du commun », il me le répétait souvent comme pour nous prouver à tous les deux qu’il avait pris la bonne décision. Lui non plus n’avait pas eu beaucoup d’amis quand il était enfant. Il en parlait parfois. Le même problème , les mêmes adolescents étroits d’esprits. Il en avait souffert toute sa vie. Même pour trouver du travail, l’anomalie lui avait posé des problèmes. Pour moi les choses avaient été simples : une entreprise d’enchères sur internet avait des postes de libre ; le job consistait à faire monter les enchères de chez soi pour que le prix de l’objet augment et se vende plus cher. Plutôt simple comme travail, c’était bien payé et surtout je n’avais pas à affronter le regard des autres. Mon père lui, changeait de travail tous les un ou deux ans. Il avait toujours une raison différente : le travail qui ne lui plaisait pas, le salaire pas assez élevé, ou le trajet en voiture trop long … Mais au fond, c’était surtout la solitude. Il ne parlait à personne et personne ne lui parlait. Il avait eu une vie très seule quand j’y pense, il avait vécu dans un petit village perdu de la campagne avec juste une mère pour l’élever. Il n’avait fait que très peu d’études et vivait seul jusqu’à ce qu’il rencontre ma mère. Cela s’était passé chez le médecin, elle était infirmière et lui avait fait sa prise de sang. Cela avait été le coup de foudre et peut importait à ma mère que l’homme de sa vie soit doté d’une maladie inopérable.

   D’ailleurs, pourquoi je vous raconte tout ça ? En fait je crois que j’ai juste besoin de parler, alors si ça ne vous dérange pas je vais continuer mon récit. Je recouvre ma tête de ma veste noire. Elle n’est pas très classe mais c’est la seule veste qui convient pour aller à un enterrement. J’en reviens justement. De l’enterrement de mon  père. Il est mort samedi dernier chez lui tout seul sans prévenir : d’une crise cardiaque a dit le médecin. Je revois son visage blanc, figé tellement différent du père chaleureux que j’ai connu. Avec ces choses au-dessus de sa tête, ces choses étranges, les mêmes que les miennes …  ses cornes.

Troisième Prix – Une vie gâchée

Mon histoire commence un lundi matin. C’était le temps de la guerre et je venais de recevoir ma convocation de la France pour partir sur le terrain. Je n’avais à cette époque que vingt ans. Je laissais derrière moi, ma femme Jacqueline et mon bébé d’un mois seulement, Richard. Cela me fit beaucoup de peine mais j’étais obligé de partir. Je me demandais pour combien de temps, où allais-je être envoyé, si j’allais revoir ma famille. C’était ça qui me faisait le plus peur mais la France ne pouvait plus attendre, l’invasion était proche.

Je fis mes adieux à ma femme et à Richard et je partis avec quelques vêtements et des provisions dans un sac. Dans mon village, à côté de Vichy, je retrouvai plusieurs têtes familières qui avaient été convoquées aussi. Je me sentais déjà moins seul mais désespéré quand même. Au bout d’une demi-heure d’attente, un fourgon de l’armée est venu nous chercher. Là je voulus m’enfuir mais je savais que si je fuyais, ils me retrouveraient. Je pris donc mon courage et montai dans ce camion déjà plein d’hommes. Ce fourgon nous emmena très loin. Nous y sommes restés cinq heures. Puis plus aucun mouvement et l’on nous dit de descendre. Nous nous exécutions. Nous avancions mes compagnons et moi, dans un endroit inconnu, ce qui me faisait peur. Où allions nous tomber ? Je vis un panneau indiquant Paris. Au loin, j’aperçus la Tour Eiffel. J’étais effectivement à Paris. On nous donna des uniformes militaires et les coiffeurs de l’armée nous rasèrent le peu de cheveux que nous avions sur la tête. J’entendis au loin, vu tout le monde qui était réuni dans cette immense cour, ce qu’un soldat haut gradé nous disait. Il criait : « Vous allez dormir ici cette nuit et demain, dès l’aube, vous partirez sur le front. » Là, je compris que les choses sérieuses commenceraient le lendemain.

Pendant la nuit, je pensais à ma famille. Je me demandais ce qu’ils faisaient, si ils étaient tristes, si ils pensaient à moi, je n’ai presque pas dormi… je pensais beaucoup trop pour arriver à dormir. Le réveil fut très dur mais il fallait partir. Direction la frontière allemande. Des armes nous furent distribuées et on nous expliqua un peu comment s’en servir pendant le trajet puis l’arrivée, la descente du camion au pas de course et hop, dans les tranchées pour se protéger et ne pas se prendre une balle à l’arrivée.

Plus d’un an passa, nous étions au mois de décembre 1915, nous avions froid et plusieurs de mes compagnons étaient morts de froid. Je tenais le coup en pensant à ma femme et surtout à mon fils qui allait avoir deux ans et qui ne m’avait presque jamais vu.  Il ne se rappellerait peut-être même pas de moi …. La guerre devenait de plus en plus dure. J’avais envie de mourir mais je repensais à Richard et Jacqueline : ils voulaient que je sois fort, que je rentre à la maison. Il fallait que je revoie mon fils, il me manquait énormément. Mes souvenirs de Richard étaient minuscules… La guerre prenait tous mes souvenirs et ma famille s’effaçait peu à peu de mon esprit. Les batailles étaient très intenses et beaucoup d’hommes autour de moi mouraient. J’arrivais à rester debout sur les champs de bataille malgré mes blessures. Je voyais des cadavres en décomposition mais aussi des gens défigurés par des éclats d’obus qui avaient explosés. Je me disais que j’étais très chanceux de ne pas être dans cette situation.

Des années passèrent, et nous arrivions en novembre 1918. Les soldats allemands se faisaient plus rares… Quelques jours passèrent, puis on entendit une sonnerie ! Tout le monde jeta les armes, nous nous embrassâmes. La guerre était finie ! A cet instant, un énorme soulagement m’envahit, ma joie de vivre revint d’un seul coup, je me sentais libre, libre, libre… J’allais rentrer chez moi, revoir Richard et Jacqueline après quatre ans loin d’eux. J’allais enfin les revoir !

Dès le lendemain matin, de retour chez moi, je frappai à la porte. Là, un homme vint ouvrir ! Je vis Jacqueline derrière lui. Quand elle m’aperçut, elle fut toute blanche. Elle devait me croire mort ou voulait m’oublier. Jacqueline tomba d’un seul coup sur le sol. Très inquiet, je me précipitai vers elle. Cet homme me poussa pour être près d’elle. A ce moment-là, une bagarre commença entre l’homme et moi. Les coups allaient bon train. Puis Jacqueline reprit ses esprits. Nous nous arrêtâmes directement pour voir comment elle allait. Elle était encore toute étourdie mais ça allait mieux. Elle voulut me parler en privé. « François, écoute-moi bien. J’ai trouvé quelqu’un d’autre comme tu as pu le constater, il s’appelle Hubert et je l’aime. Pour le bien de Richard ne revient jamais. » Je voulus rétorquer mais c’était trop tard, elle était déjà repartie. A cet instant, je réalisai que je n’allais pas voir grandir mon fils et qu’il ne saurait jamais qui est son vrai père. Moi et moi seul !

Je n’avais nulle part où dormir. Il me fallait trouver quelque chose en cette nuit très fraîche. Je cherchais une auberge encore ouverte à cette heure très tardive. Par chance, j’en trouvai une, j’entrai et vis une petite dame enrobée. Je lui demandai une chambre pas trop chère pour passer la nuit au chaud. Elle me proposa une chambre dans les combles à 20 francs la nuit. J’acceptai. Arrivé dans cette petite chambre, je réfléchissais à la journée que je venais de passer. J’étais tellement triste, je ne voulais plus me montrer. J’avais tellement honte de ne pas pouvoir vivre avec ma femme à mon retour de ces quatre années si dures.

Je n’avais survécu que grâce à elle, pendant qu’elle se trouvait un autre homme avec qui élever mon fils, la chair de ma chair, le bien le plus précieux à mes yeux. Je ne pouvais pas vivre avec ça. Je ne voyais qu’une solution : mourir. Je pris un couteau, fis une prière et un signe de croix puis je me tranchai la gorge.

Voilà comment la guerre peut gâcher une vie toute entière…

Les récits à suites sont terminés !


Les premières lignes proposées pour le concours avaient été prises dans le recueil de nouvelles de Marie Christine Bernard. Il s’intitule Sombre peuple et est édité par les éditions Hurtubise.  La nouvelle porte le titre suivant : Mots croisés

Voici les deux textes imaginés par nos classes.

   Récit des  2 Bac pro esthétique.

Les voisins que tout opposait 

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé. Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  « MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT ! »

Elle se dépêcha de remonter. A peine arrivée en haut des escaliers qu’elle glissa sur l’urine de son Totoche. Elle se cassa une jambe. N’arrivant pas à se relever, elle hurla à l’aide. M. Henri qui était chez lui, entendit les hurlements de la vieille. Il sortit et aperçut Mme Cabotte par terre au milieu des escaliers. Il appela les secours.

En partant pour les urgences, le chihuahua aboya longuement et sa maîtresse lui dit : »Ne t’inquiète pas mon Totoche, Maman va se soigner. »

M. Henri devait garder cette horreur jusqu’au retour de sa vieille maîtresse. Deux jours après, en allant promener Totoche, il passa devant l’appartement de Mme Cabotte où il aperçut des déménageurs. Le chien poussa un énorme cri et se dirigea vers eux. Monsieur Henri demanda à ces hommes ce qu’ils faisaient. L’hôpital où se trouvait Mme Cabotte a pris la décision de la placer en maison de retraite.

M. Henri va désormais devoir vivre avec Totoche malgré leurs débuts difficiles. Après un bon shampoing, ils deviendront amis et rendront visite à Mme Cabotte toutes les semaines. M. Henri s’occupa du chihuahua mieux que personne et fit de Totoche un magnifique chien

 Récit des 1 CAP Coiffure

La tumultueuse aventure de Totoche

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter. Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

L’horrible bonne femme se sentit vexée par les propos de son voisin qu’elle ne supportait plus. Elle décida de ne pas se laisser faire et retourna  avec Totoche se confronter au jeune homme. Elle ne prit pas la peine de toquer à sa porte et pénétra directement dans son appartement en hurlant :  » pauvre fou ! Vous vous croyez  malin de vous en prendre ainsi à un vieux chien sans défense ? Tenez mon bébé, je vous le confie et si il ressort de chez vous avec la moindre marque, je porte plainte ! »

Elle mit le chien dans les mains de son voisin qui fit une tête de déterré car il ne s’attendait pas à cette réaction de la part de sa voisine. L’odeur  nauséabonde du chien empesta rapidement tout l’appartement. Très vite, il prit son courage à deux mains et jeta le chien dans la baignoire. le cabot ne cessa d’aboyer tout le long de son nettoyage.

Une bouteille de shampoing plus tard, le chien semblait plus heureux que jamais. le jeune homme le sécha et lui mit un peu de son parfum. Il le ramena à sa maîtresse. Elle ouvrit la porte, en voyant son chien sautant de joie et tortillant la queue comme un petit chiot, une larme coula le long de sa joue. Sa surprise et sa joie étaient si  immenses qu’elle prit le jeune homme dans ses bras. Il se sentit surpris puis fier de sa bonne action ; avoir redonné le sourire à cette vieille femme …

Elle l’invita à boire un café ; il accepta et se mirent à discuter ensemble. Étonnamment, ces deux personnes que tout opposait, se découvrirent des points communs. ils décidèrent d’oublier le passé et de commencer une bonne entente.

Récit à suites – 2 Bac Pro esthétique – dernière écriture.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé. Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  « MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT ! »

Choisissez la fin…

Texte 1.

Décidément,  sa tentative d’exterminer le chihuahua féroce avait encore échoué. Mais, avant de glisser sur le cabot, il avait accidentellement fait tomber sur le tapis la vieille lampe à huile de Mme Cabotte qui prit aussitôt feu. Le chihuaha, effrayé, sortit de l’appartement avec la queue en feu et dévala  les escaliers pour retrouver sa maîtresse.

Madame Cabotte qui avait déjà rencontré son voisin redescendant précipitamment, le suspecta. Elle vit ensuite son Totoche adoré, l’arrière-train en feu qui courait vers elle. Elle cria de panique : « Au secours, aidez-moi ! Mon Totoche prend feu ! A l’aide »

M. Henri entendant sa vieille voisine prit un saut d’eau et le jeta sur ce maudit chihuahua. Mme Cabotte tomba dans les pommes et roula dans les escaliers voyant la queue de son Totoche brûler et qui, maintenant, puait le cochon grillé.

M. Henri, fier de son plan appela, malgré tout, une ambulance. Il n’eut pas le temps de décrocher le téléphone qu’il se réveilla en sursaut. Il se rendit compte que tout ceci n’était qu’un rêve. Il s’était endormi sur le palier : son journal en morceaux avec une crotte déposée dessus. Il repensa tout à coup à son rêve…

Texte 2.

Elle se dépêcha de remonter. A peine arrivée en haut des escaliers qu’elle glissa sur l’urine de son Totoche. Elle se cassa une jambe. N’arrivant pas à se relever, elle hurla à l’aide. M. Henri qui était chez lui, entendit les hurlements de la vieille. Il sortit et aperçut Mme Cabotte par terre au milieu des escaliers. Il appela les secours.

En partant pour les urgences, le chihuahua aboya longuement et sa maîtresse lui dit : »Ne t’inquiète pas mon Totoche, Maman va se soigner. »

M. Henri devait garder cette horreur jusqu’au retour de sa vieille maîtresse. Deux jours après, en allant promener Totoche, il passa devant l’appartement de Mme Cabotte où il aperçut des déménageurs. Le chien poussa un énorme cri et se dirigea vers eux. Monsieur Henri demanda à ces hommes ce qu’ils faisaient. L’hôpital où se trouvait Mme Cabotte a pris la décision de la placer en maison de retraite.

M. Henri va désormais devoir vivre avec Totoche malgré leurs débuts difficiles. Après un bon shampoing, ils deviendront amis et rendront visite à Mme Cabotte toutes les semaines. M. Henri s’occupa du chihuahua mieux que personne et fit de Totoche un magnifique chien.

Texte 3.

La vieille madame Cabotte courut, affolée pour retrouver son chien dans un état pitoyable. Une fois arrivée à l’appartement, elle vit son pauvre petit Totoche, pendu par son collier au porte-manteaux derrière la porte d’entrée. Un chapeau avait été écrasé sur sa tête.

Elle se précipita pour l’enlever du porte-manteaux et lui fit du bouche à bouche. Mais elle ne réussit pas à le réanimer : le cabot puant était mort. La vieille Cabotte était désemparée, pleurant toutes les larmes de son corps.

A quelques jours de Noël, M. Henri, qui ne voulait pas laisser cette vieille dame seule, l’invita à passer les fêtes à ses côtés. Le jour venu, impossible pour lui de lui redonner de la joie de vivre. M. Henri lui avoua qu’il aimait Totoche malgré sa puanteur, son haleine de chacal et ses poils tout sales. La vieille dame touchée par ses paroles, l’invita souvent au point de construire une belle histoire d’amour.

Récit à suites – 1 Cap Coiffure. Choisissez la fin !

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter. Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

CHOISISSEZ LA FIN…

Texte 1

Trois semaines s’étaient passées et la vieille dame n’avait pas tenu compte de ses menaces. L’odeur empirait de jour en jour. Le jeune homme ne supportait plus cette odeur de cadavre.  Il décida donc d’aller voir le concierge de l’immeuble pour lui parler de ce problème qui devenait insupportable pour tous les résidents de l’immeuble.

« Bonjour, je viens vous parler au nom de tous mes voisins d’étage. L’odeur que dégage le chien de madame Gertrude, appartement n °10 étage 2, nous est insupportable. On dirait qu’un cadavre croupit la-dedans.

– Ah oui, c’est vrai que ce clébard dégage une odeur infâme. Mais ce qui me paraît bizarre, c’est que depuis une semaine, je ne l’ai pas vue et que ces journaux s’entassent dans sa boite aux lettres. Nous devrions aller la voir. Je m’inquiète, elle est quand même très vieille. »

Les deux hommes décidèrent de se rendre à l’appartement. Ils toquèrent à la porte, sonnèrent mais pas un bruit, ni de Totoche, ni de la vieille dame. Ils décidèrent alors de forcer la porte. En découvrant ce qu’il y avait derrière, ils pensèrent vivre un cauchemar.  La vieille dame était étalée au sol, pleine de bleus, sur son Totoche, écrasé par sa poitrine. Ils étaient tous les deux morts, surement à la suite d’une chute.

Cette histoire donna une morale à cet homme : « Ne pas juger quelqu’un en fonction de son apparence et de son odeur », car si madame Gertrude n’avait pas été rejetée, elle aurait pu être sauvée…

Texte 2.

La vieille femme resta bouche bée devant sa porte d’entrée, se répéta plusieurs fois la phrase du jeune voisin et se rendit compte que ce jeune homme n’avait pas tord. A vrai dire, cela faisait un peu plus de trois ans qu’elle ne l’avait pas lavé. Elle décida donc de prendre rendez-vous chez le toiletteur.

Le jour J arriva, Totoche allait enfin retrouver son beau pelage d’autrefois !

A peine arrivé, l’odeur de ce vieux cabot avait déjà envahi toute la pièce. Le toiletteur le prit de suite en charge malgré son odeur désastreuse. Il mit un après-midi pour le laver.

En fin de journée, la vieille femme récupéra son vieux Totoche. Elle était impressionnée par le travail du toiletteur. Il sentait merveilleusement bon et le blanc de son pelage était comme neige. Elle décida de rentrer à la maison avec son chien. Arrivée à l’entrée de l’immeuble, elle croisa son jeune voisin. Celui-ci était époustouflé de ne plus sentir l’odeur infecte de ce vieux cabot et de ne plus voir son pelage gris-noir. Il remercia la vieille femme et elle le remercia à son tour de lui avoir ouvert les yeux sur l’état de son vieux Totoche.

Depuis ce jour, les deux voisins ne se firent plus la guerre et même Totoche accepta le jeune homme.

Texte 3.

L’horrible bonne femme se sentit vexée par les propos de son voisin qu’elle ne supportait plus. Elle décida de ne pas se laisser faire et retourna  avec Totoche se confronter au jeune homme. Elle ne prit pas la peine de toquer à sa porte et pénétra directement dans son appartement en hurlant :  » pauvre fou ! Vous vous croyez  malin de vous en prendre ainsi à un vieux chien sans défense ? Tenez mon bébé, je vous le confie et si il ressort de chez vous avec la moindre marque, je porte plainte ! »

Elle mit le chien dans les mains de son voisin qui fit une tête de déterré car il ne s’attendait pas à cette réaction de la part de sa voisine. L’odeur  nauséabonde du chien empesta rapidement tout l’appartement. Très vite, il prit son courage à deux mains et jeta le chien dans la baignoire. le cabot ne cessa d’aboyer tout le long de son nettoyage.

Une bouteille de shampoing plus tard, le chien semblait plus heureux que jamais. le jeune homme le sécha et lui mit un peu de son parfum. Il le ramena à sa maîtresse. Elle ouvrit la porte, en voyant son chien sautant de joie et tortillant la queue comme un petit chiot, une larme coula le long de sa joue. Sa surprise et sa joie étaient si  immenses qu’elle prit le jeune homme dans ses bras. Il se sentit surpris puis fier de sa bonne action ; avoir redonné le sourire à cette vieille femme …

Elle l’invita à boire un café ; il accepta et se mirent à discuter ensemble. Étonnamment, ces deux personnes que tout opposait, se découvrirent des points communs. ils décidèrent d’oublier le passé et de commencer une bonne entente.

Récit à suites 2 Bac pro esthétique – Deuxième semaine

Suite de notre concours d’écriture.

Le texte 1 a été retenu.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé

Voici les trois nouvelles suites.

TEXTE 1 :

Tout en le regardant, elle s’approcha de lui, posa sa canne sur son dos et lui dit :

« Monsieur Henri, que faites-vous chez moi ?! »

« Euh ! … je venais … »

« Vous venez faire quoi ? »

« Voir votre chien »

« Eh bien, Monsieur Henri, puisque vous aimez autant Totoche que ça, vous le sortirez tous les jours, dès demain ! Alors, je ne porterai pas plainte pour violation de domicile! »

Monsieur Henri rentra chez lui, désespéré, son plan n’avait pas fonctionné comme il l’avait prévu. Il est désormais condamné à s’occuper de cet horrible chien, qu’il déteste tant.

Après un moment de réflexion…

TEXTE 2 : Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  » MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT !  »

TEXTE 3 :

La vieille dame rentra dans son appartement et constata une trace de salive sur la baie vitrée. Son Totoche n’arrêtait pas d’aboyer. Gertrude et son adorable puanteur sur patte, traversa le couloir comme une furie, frappa à la porte de son voisin pour demander des explications. Lorsqu’il ouvrit la porte Mme Cabotte lui hurla dessus :  » que s’est-il passé chez moi ? C’est vous qui avez fait peur à mon Totoche ?  »

Le voisin céda et lui avoua toute la haine envers le cabot :  » oui, c’est moi. Je suis rentré chez vous pour le laver une bonne fois pour toute car son odeur ignoble empeste dans tout l’immeuble ! Donc, soit je le lave, soit vous le lavez, mais faut trouver une solution !  »

Le chien sauta sur M. Henri qui le propulsa d’un coup de pied au cul sur la tête de Mme Cabotte. L’homme, excédé, claqua la porte.

A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE