Pour ses dix-huit ans, Thalia reçoit de ses parents le plus beau des
cadeaux : ses premières injections pour vieillir prématurément sa peau.
Elle sait qu’être jeune est la pire des conditions. Elle a beau teindre
ses longs cheveux en gris, elle reste laide. Le monde a bien changé. La
jeunesse est devenue maudite et chaotique. Désormais, la vraie vie
commence à cinquante ans et le pouvoir est aux mains des anciens.
Le père de Thalia, vieillard tout puissant, pense à l’avenir de sa
fille et décide qu’il est grand temps de la marier à un homme d’âge mûr.
En effet, rien n’est plus choquant et socialement déplacé que de s’unir
entre jeunes… Thalia faillira-t-elle à l’ambition de son père ?
Il s’appelle Olivier, elle s’appelle Héloïse. Ils vont déjeuner, mais
la rame de métro dans laquelle ils sont montés est gravement endommagée
par une explosion. Restera de cet accident des corps meurtris, un
sentiment brisé et une photo de leur évacuation, si violente et si
impudique qu’elle va tout faire trembler autour d’eux. Ils n’auront
qu’une obsession : réparer les dégâts que cette image aura causés dans
leurs vies.
Portrait d’après blessure raconte l’histoire de deux êtres aux prises
avec le pouvoir des photographies, qu’elles parlent la langue de la
dignité ou celle du désastre.
Depuis la banlieue où elle habite, Rachel
prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le
matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même
place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en
contrebas de la voie ferrée. Cette maison,
elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants
qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un
couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le
passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la
quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce
matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se
passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir
ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide
d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est
avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La
jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…
Avec ce thriller psychologique exceptionnel, Paula Hawkins fait figure de révélation de l’année.
Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du
danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à
sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l’ampleur de ce
qu’il lui reste à réapprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une
autre forme de péril.
De retour au village de l’enfance, auprès de sa mère, il tente de
reconstituer le cocon originel, un centre depuis lequel il pourrait
reprendre langue avec le monde.
Au contact d’une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il
peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce
progressif apaisement se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le
fils de l’Italien, l’ami taiseux qui travaille le bois et joue du
violoncelle. Et Jofranka, « la petite qui vient de loin », devenue
avocate à la Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le
courage de mettre en mots ce qu’elles ont vécu.
Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans
l’urgence de la question cruciale : quelle est la part d’otage en
chacun de nous ?
De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l’otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu’on ne trouve qu’en atteignant l’intime de soi.
Le Lundi 28 mars 2016 @ 10:00:54 (article paru sur Creusot-infos)
Colette Nys-Mazure, est une écrivaine
belge de langue française. Suite au décès de ses parents, elle part
habiter chez des membres de sa famille dans le Tournais, une région
qu’elle affectionne beaucoup et qu’elle ne quittera plus. Après ses
études dans une université catholique, elle devient professeur de
lettres , poète et écrivain. La poésie est son domaine de prédilection,
mais elle a également rédigé des nouvelles, des essais et des pièces de
théâtre. Elle anime également des ateliers de lecture et d’écriture.
Colette Nys-Mazure est maman de 5 enfants.
Lés élèves de la classe de 1ère CAP Coiffure, ont reçu l’écrivain
dans leurs locaux, elle était accompagnée de Claude Thomas du Centre de
francophonie de Bourgogne.
Les jeunes avaient préparé une liste de questions auxquelles
l’intervenante a répondu d’une manière qui visiblement les a touchés.
« La poésie est une autre langue » a estimé Colette Nys-Mazur qui se
dit inspirée par la vie « elle met en scène les mots d’une autre façon.
Mon rapport à la religion est plutôt un rapport à l’absolu, je crois en
quelque chose au dessus de nous, qui nous dépasse, sans pouvoir le
définir… » .
Claude Thomas évoquait la question des jeunes, extrémistes, qui, en
recommandant de la religion commettent meurtres et attentats. « Parfois,
la religion peut être un piège » a répondu l’écrivain « Il est
dangereux de s’y jeter et de perdre son pouvoir de discernement.
Garder son libre arbitre est indispensable car se fier à une doctrine
sans réfléchir est cause de déviances dramatiques. »
Colette Nys-Mazur est très marquée par les souvenirs violents qu’elle
garde de la seconde guerre mondiale « l’enfance est le père de l’homme
a-t-on dit et je pense qu’il est très important de préserver les petits.
Je crois aussi, à l’indépendance, au besoin d’autonomie, la famille est
importante (mais on y trouve des exemples que l’on doit refuser) et à
la solidarité, on vit liés les uns aux autres , solitaires mais
solidaires.»
Les lycéens ont ensuite lu des acrostiches qu’ils avaient composés à partir des mots « seul » ou « solitude ». Des compositions riches, recherchées parfois très originales qui ont visiblement séduit Colette Nys-Mazur et Claude Thomas. MHM
« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner
pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle
osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité
dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques,
des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une
histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même
où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée
dans les profondeurs de mon coeur. »
Journal intime tenu durant l’année où M. Malzieu a lutté contre la maladie du sang qui a altéré sa moelle osseuse.
A partir de trois images choisies dans les catégories gâteaux, lieux et personnages, les élèves des classes de 1 CAP coiffure et Terminale bac pro esthétiques devaient inventer une nouvelle d’un format A4 (minimum). Les écrits ont été de qualité et le jury a décidé de récompenser 4 élèves.
La première place pour Tess de 1 Coif
Les dernières crêpes.
De chez moi par la fenêtre, je peux entendre les gens chanter et les voir s’amuser, ils ont tous le sourire.
Je commence à avoir faim je n’ai toujours
pas vu la nourriture dans ma gamelle. Je vais sûrement commencer à
chercher de la nourriture dans l’appartement, en allant dans la cuisine
je sens comme une douce odeur de crêpes, je la sens mais je ne la trouve
pas, mon ventre n’arrête pas de gargouiller. Pourquoi Salomé ne rentre
pas ? Elle était juste descendue avec les autres en bas au bar d’en face
et pourquoi il y a de l’orage d’un coup, tout à l’heure il n’y avait
pas de nuage, et pourquoi ils se mettent tous à crier ?
Ce n’est pas important, pour l’instant je dois trouver ces crêpes ! Je crois qu’elles sont sous la serviette sur le comptoir. Je me mets à sauter sur la chaise devant l’évier avec toute la délicatesse qui m’a été donnée, et puis je peux enfin atteindre cette senteur sucrée. Quand enfin, j’ôte ce torchon les recouvrant, l’odeur devient encore plus forte et plus salivante.
Je peux enfin manger, transportant dans
ma gueule des crêpes jusqu’à la fenêtre de tout à l’heure, je remarque
que les cris ont cessé et à la place se sont installés des gémissements.
Quand je suis enfin bien régalé par ce festin et que je peux m’allonger
le plus confortablement possible, je remarque par la fenêtre des
personnes gisant au sol allongées, ou d’autres courant apeurées.
Je cherche Salomé parmi toutes ces personnes mais je ne la trouve pas… elle doit sûrement être en train de remonter les étages pour venir me câliner. Sur cette idée je me suis dis que je devais aller devant la porte pour l’accueillir avec mes miaulements habituels. Au bout de cinq minutes je me suis résolue à jouer avec ma queue pour m’occuper, mais je me suis vite endormie.
Je me suis fait réveillée par une
personne criant «Youka !» Pourquoi crie-t-elle mon prénom ? Ce n’est pas
la voix de Salomé, mais elle me dit quelque chose.
Quand la femme m’a aperçue, elle a accouru vers moi. Quand je vois son visage je remarque ses larmes.
Que s’est-il passé ? Pourquoi Salomé ne revient pas ?
Elle me manque…
Nous avons tout particulièrement aimé les émotions de ce texte et l’écho qu’il donne aux événements vécus il y a quelques mois.
la deuxième place est revenue à Elea de Terminale esth.
SURPRISE !
Cela avait été une matinée stressante pour Mathieu Milhade qui
sortait tout juste de son bureau, au deuxième étage du château de
l’entreprise. Il marchait d’un pas vif, ses chaussures de cuir claquant
contre le sol en pierres glacées de février. Il pensait aux papiers que
renfermait la pochette rouge sous son bras : douze bouteilles de plus,
en 25 minutes de parlotte avec un des américains vantards habitant Las
Vegas et qui voulaient impressionner ses invités avec un vin de français
« un bowr-de-lai » comme ils disaient. Plus les confirmations des 6
commandes pour Pékin, et les habituelles commandes françaises pour les
hôtels et restaurants 4 étoiles. Oui une matinée stressante mais
efficace. Son père allait être content. Après avoir descendu les
escaliers recouverts d’un épais tapis rouge élimé, il traversa le hall
et s’arrêta au comptoir de l’accueil où une jeune stagiaire blonde lui
souriait. Elles étaient toutes à ses pieds. Mais qui pourrait leurs en
vouloir ? Grand, élancé, Mathieu avait les yeux gris en amande de sa
mère et le nez droit de son père. Sa veste de costume noir mettait en
valeur son épaisse chevelure brune. Il sourit en retour à la blonde
découvrant des dents blanches, impeccables. Après avoir déposé et signé
quelques papiers, il sortit enfin du château. Le froid lui piqua le
visage et il s’empressa de traverser la cour et de monter dans son Audi.
Il tourna la clef de contact et franchit le haut portail en fer rouge
dont les arabesques brillaient au soleil de midi. D’un coup d’œil dans
le rétroviseur, il aperçut, l’immense panneau bordeaux planté dans le
sol qui rapetissait derrière lui. Son écriture dorée, inversée par le
miroir, aveugla légèrement Mathieu. « Entreprise Milhade, producteur de
vins depuis 1938 ». A tout juste 20 ans, Mathieu était déterminé et
destiné à reprendre l’entreprise familiale, pour le plus grand plaisir
de ses parents.
Les sucettes à la fraise et à la crème sont toujours mes
préférées. Qui pourrait en préférer une autre ? Elles sont sucrées, mais
pas trop. Elles ont un goût de fruits et de lait en même temps. Mais
entre les sucettes et les milkshake qui gagnent ? Dans les milkshake on
peut mettre ce qu’on veut. Du lait, des fraises, de la glace, mais aussi
des pommes, des bananes….peut- être même des sucettes?
Maintenant que sa matinée de travail était terminée, Mathieu allait
pouvoir régler les derniers points de la soirée, de sa soirée. Il avait
eu 20 ans quelques jours auparavant et ce soir avait lieu une grande
fête de famille pour célébrer son anniversaire. Installé sur un
tabouret, les coudes en appui sur le bar de sa cuisine, il pensait à ce
qu’il allait porter. Sûrement sa chemise bleu marine qu’il s’était
acheté la semaine précédente. Toute la famille allait être là. De ses
parents, dont il avait quitté la maison pour s’installer dans un bel
appartement du centre-ville quelques mois auparavant, à sa grande tante
habitant Marseille. Il fallait faire bonne impression. Après avoir fini
son assortiment de sushis pris sur la route, il consulta ses mails et
appela le restaurant Le Marmiton pour s’assurer que les tables avaient
bien été installées. Le DJ allait venir entre 19h30 et 20h et son père
apporterait le vin. Et le gâteau ?! A oui, Cécilia devait s’en occuper.
La guitare ou le piano ? La guitare. Parce qu’on peut en jouer
dans la rue. Les chaussures ou les chaussettes ? Les chaussures, parce
que c’est elles qui voyagent le plus, qui profitent du dehors. Le thé ou
le café ? Le café bien sûr. Qui survit sans café ? Le rouge ou le
bleu ? Le bleu. Mmmmmm, quoi d’autre ? Le rock ou le jazz ? Le jazz. La
danse ou le théâtre ? Celle-là elle est trop compliquée…joker.
Cécilia. Sa sœur jumelle. Qui fêtait ses 20 ans elle aussi. Mathieu
l’avait oubliée. C’est-à-dire qu’il ne l’avait pas vue depuis un moment.
Elle était partie en Afrique pendant 9 mois et était revenue quelques
jours plus tôt. Mais, cela faisait bien plus de 6 mois qu’ils ne
s’étaient pas vus. Tous les deux étaient si différents. Cécilia était si
tête en l’air, si extravagante…Quand ils étaient enfants, les
professeurs avaient peine à croire qu’ils étaient de la même famille.
Mathieu si sérieux, si intelligent, un élève modèle qui répondait à
chaque question en classe et qui était ami avec tous les élèves, sans
jamais causer un seul souci. Et Cécilia, qui regardait toujours par la
fenêtre, dessinait sur ses cours, disparaissait de l’établissement
parfois, et ne semblait jamais s’intéresser à ce qui se passait dans la
classe. Dans les cours d’école au contraire, elle se révélait être celle
qu’on remarquait le plus, celle qui pouvait danser en plein milieu de
la foule ou qui revendait des feuilles doubles ou des tubes de colle
soit- disant pour donner « de l’argent aux pauvres ». « Cécilia la
cata ». C’est comme ça que l’on la surnommait en primaire.
Je me souviens la première fois où j’ai fait du théâtre. Je
devais avoir 7 ou 8 ans. Mathieu s’était inscrit parce que notre
ancienne maîtresse allait être notre professeur et moi j’avais juste
suivi Mathieu. Seulement, arrivée là-bas, je m’étais découvert une vraie
passion pour la scène. Enfin, c’était génial de jouer un rôle,
d’enfiler un costume et d’être applaudie à la fin. C’était génial d’être
tout ce qu’on ne fût pas le temps d’une pièce. De donner vie à
quelqu’un qui n’existe que dans l’imagination. J’avais donc continué le
théâtre au collège, puis au lycée. Seulement, Mathieu lui, il n’était
pas vraiment doué. Il pouvait même apprendre son texte par cœur. Il
pouvait connaître la biographie de l’auteur. Il pouvait même regarder
les grandes représentations et reproduire les mouvements des acteurs.
Mais, rien n’y faisait. Il n’avait pas « l’étincelle » avait dit une
fois notre professeur. Cela lui avait fait un choc d’échouer. Il avait
donc abandonné, pour une fois. Moi, au contraire, je jouais le
personnage secondaire ou principal à chaque pièce. On m’acclamait à
chaque représentation. Une star le temps d’un soir. Mon père et ma mère
assistaient à chacune de mes pièces. Je pense que c’est ça qui lui a
brisé le cœur. Lui qui avait toujours été sous les projecteurs, il se
retrouvait dans l’ombre deux fois par an.
Arrivé devant le restaurant, il se gara et se regarda un instant dans
le rétroviseur. Son teint était légèrement verdâtre. Ou peut-être que
c’était dû à l’éclairage ? Il était 19 heures moins le quart. Sa sœur
devait déjà être arrivée avec ses parents. Mathieu appréhendait leurs
retrouvailles. Elle ne lui avait pas vraiment manqué et il se demandait
si, elle serait heureuse de le revoir. Il sortit de la voiture et entra
dans le restaurant. Après s’être présenté à l’accueil, on le conduit à
un escalier juste derrière le petit comptoir qui donnait vers la salle
de réception. C’était une salle tout en longueur où plusieurs tables
rectangulaires avaient été alignées et couvertes nappes blanches. Bien.
Les hauts murs de pierre étaient éclairés d’une lumière jaune. Mathieu
vit ses parents au fond, là où la salle s’élargissait et laissait place à
une piste de danse.
Mathieu ! dit sa mère, ravie. Enfin !
Bonjour, maman, dit-il en l’embrassant. Bonjour Papa.
Son père l’étreignit un moment, se recula et regarda son fils de haut en bas, le regard brillant.
Tu es très élégant ce soir, dit-il en souriant
Sa voix chaude détendit Mathieu. La chemise bleu marine, il avait fait le bon choix. Sa sœur lui revient à l’esprit.
Cécilia n’est pas là ?demandait-il en regardant autour de lui.
Aucunes nouvelles….me répondit sa mère.
Je vais passer un coup de fil à ta tante, déclara son père en s’éloignant d’eux, m’assurer qu’elle est bien arrivée.
Aucunes nouvelles de leur fille qui avait passé 9 mois à l’étranger.
Ah ! mais tu es sûr qu’elle ne viendra pas ?
Aucunes nouvelles, je te l’ai dit Mathieu. Ce n’est pas si grave ! On se verra une autre fois.
Seuls tous les deux, dans l’immense salle, Mathieu observa sa mère.
Pourquoi ne semblait-elle pas inquiète de n’avoir aucunes nouvelles de
sa fille depuis plusieurs mois.
Les invités vont bientôt arriver, dit-elle toute souriante. J’ai hâte que la fête commence.
Ce voyage en Afrique, j’en avais vraiment besoin ; ça avait été
comme un pèlerinage. Je me sentais tellement inutile là où je me
trouvais. J’avais aidé à construire des écoles, des maisons. J’avais
rencontré des gens incroyables. J’avais partagé mon expérience avec eux
et eux la leur avec moi. Il y avait tellement de choses à préserver,
tellement de monde à protéger. Là-bas, j’avais pu me rendre utile. Ici,
je m’étais sentie tellement étrangère aussi. Le dépaysement m’a fait
comprendre que le seul endroit où on n’est pas étranger c’est dans sa
famille. Ce voyage m’a appris beaucoup de choses sur les autres et sur
moi. Mais, ça fait du bien de se sentir chez soi à nouveau, entourée de
ceux qu’on aime et qui nous aime en retour.
Aux alentours de 20 heures, toute la famille était au complet dans la
salle. Enfin, presque, Mathieu n’avait toujours aucunes nouvelles de sa
sœur et personne ne semblait s’en inquiéter. Certains avaient même
l’air amusé par les questions du jeune homme. Cécilia n’avait jamais été
totalement à sa place dans la famille de toute façon. Il avait aussi
essayé de la joindre sur son téléphone, sans grande conviction, mais
tout de même. Au bout d’un quart d’heure à se retourner la tête de
questions sans réponse, il décida d’oublier sa sœur qui le mettait si
mal à l’aise et rejoint sa famille. Après tout Cécilia n’aurait jamais
fait ça pour lui. Elle se serait amusée avec les autres, sans s’occuper
de lui, aurait proposé une danse, avant l’entrée, et serait allée faire
la conversation à toute la famille. Elle arrivait même à ennuyer les
vieux. En parlant de conversation, le jeune homme se dit que cette
soirée était l’occasion parfaite pour créer des liens avec le côté très
aisé de la famille. Il ajusta alors le col de sa chemise, rangea son
portable dans sa poche, afficha son plus beau sourire et se dirigea vers
sa grande tante.
Ça allait bientôt être le moment ! encore un peu de patience !
Il était maintenant près d’une heure du matin, les assiettes à
fromage s’étaient vidées et les enfants s’endormaient sur les genoux de
leur mère. Mathieu qui avait passé un long moment en compagnie de sa
famille venant du sud, était un peu pompette. Contrairement à ce qu’il
aurait pu penser, les verres d’alcool s’enchaînaient rapidement avec les
personnes âgées. Lorsque vient l’heure d’apporter le gâteau, son père
et sa mère demandèrent à Mathieu de se placer au centre de la piste de
danse qui s’était vidée. Dos aux tables, il se demandait quelle surprise
l’attendait. La traditionnelle mélodie s’éleva des enceintes et la
foule entonna alors « joyeux anniversaire ». Les voix se mêlèrent en une
cacophonie monstrueuse mais qui s’en souciait ? La tête lui tournait
mais Mathieu se retourna pour observer, en souriant, toute sa famille
qui criait presque désormais. Lorsqu’il refit face à la piste, trois
cuistots vêtus de blanc faisaient alors rouler vers lui un immense
gâteau au chocolat. Mathieu douta alors du niveau d’alcool présent dans
son sang. Le gâteau était composé de trois étages, le plus grand
semblait mesurer environ un mètre cinquante de rayon si ses yeux ne le
trahissaient pas. « Joyeux anniversaire Cécilia et Mathieu. Joyeux
anniversaire ! » Tout le monde applaudit alors en fanfare. Des
sifflements semblaient venir des cousins et Mathieu était presque sûr
qu’il avait vu son arrière-grand-père debout. Ce qui était un exploit en
soi. Quelqu’un commença à scander « le gâteau ! le gâteau ! » mais
avant que le murmure prenne forme Mathieu leva son verre de vin vide et
prit la parole :
« Merci ! merci à tous d’être…d’être venus ici ce soir ». Sa gorge
était sèche et il avait vraiment très chaud. « Je tiens à vous dire
merci d’avoir fait le déplacement….pour moi. Dommage que l’autre ne soit
pas là. » Quelques rires nerveux fusèrent dans la salle. Après tout,
elle n’était jamais là ! Toujours à aider les autres ! » Les rires
timides s’évanouirent. « Oui. Toujours à droite à gauche, sans prendre
la peine de passer du temps dans sa famille. Sans jamais se préoccuper
de nous ! Après tout elle était fait bien ce qu’elle veut Cécilia la
Cata ! Elle n’est pas bien ici, et bien elle n’a qu’à partir ! » Le
visage de Mathieu se colora alors de rouge. Il la détestait tellement.
Voilà ce qu’il pensait. Il ne prit pas garde à sa mère qui tremblait sur
sa chaise à quelques mètres. Il n’entendit pas le bébé qui pleurait au
fond de la salle, réveillé par ses cris. « A me voler la vedette pour
toujours », il soupira un instant et reprit d’une voix aigüe et
caricaturale. « Cécilia, elle n’est pas première de sa classe mais
qu’est-ce qu’elle danse bien ! Cécilia, elle n’a pas la moyenne partout
mais alors comme elle est douée en théâtre ! Cécilia, elle sèche les
cours mais bon, elle est si gentille avec tout le monde ! De toute
façon, je ne t’ai jamais aimé ! Jamais ! cria –t’il, les larmes aux
yeux, tremblant de colère. Ces mots n’eurent pas le temps de raisonner
dans la pièce qu’un bruit d’explosion suivit d’un vrombissement retentit
derrière Mathieu. Il se retourna précipitamment et vit alors Cécilia,
debout sur le sommet du gâteau. Ses yeux étaient rouges et gonflés. Des
larmes coulaient sur ses joues et ses poings étaient si serrés contre
les cuisses que des gouttes de sang perlaient dans le creux de sa main.
Des petites feux d’artifices s’étaient déclenchés derrière le gâteau et
la baignait d’un éclat rouge. Tout se passa alors comme un éclair.
Cécilia bondit de la plateforme, au sommet du gâteau, droit sur Mathieu.
Tous les deux s’aplatirent lourdement sur le sol, en faisant trembler
les murs. Les cris de rage de Cécilia se mêlèrent à ceux effrayés de la
foule. Mathieu, plaqué au sol par sa sœur, poussa de toute ses forces
pour rouler de l’autre côté. Les cris fusèrent dans la foule. Mathieu
prit le dessus, sur sa sœur. Il lui maintient les poignées au sol avec
son avant-bras et Cécilia donna un coup de genou dans son dos. Le buste
propulsé en avant, Mathieu tendit sa main libre vers le sol et celle-ci
se referma sur un objet fin et dur. Sans réfléchir, il leva l’objet en
l’air et l’abattit sur sa sœur. Le pied du verre à vin brisé s’enfonça
dans l’abdomen de Cécilia dans un bruit de chair et un long cri
déchirant s’échappa de sa bouche. La foule se précipita sur la jeune
fille, affolée. Le sang s’écoula lentement sur le plancher. Le regard
suppliant, elle plongea ses yeux dans ceux de son frère.
Pourquoi ?
Une très belle écriture à deux voix et une « jolie » chute !
Les troisièmes places exæquo sont
revenues à Cloé de Term. esth (Délice chocolaté) et à Ludyvine de 1
Coif. (La faim est un vilain défaut.)
Délice chocolaté.
Au restaurant « Le Diamant », ayant récemment atteint sa troisième étoile Michelin, les clients se démènent pour obtenir la meilleure table, certains sont même prêts à réserver des mois à l’avance pour s’assurer de goûter aux plats mythiques du grand chef Arnaud Fondant.
Ce dernier cuisine pour des personnalités
importantes depuis de longues années : président, ambassadeurs, grandes
stars internationales, se sont succédé à la porte de son établissement.
Ses recettes raffinées et originales sont connues dans le monde entier,
et l’on vient des quatre coins de la planète pour déguster ces mets
délicats façonnés de ses mains expertes.
Les affaires se portent à merveille, et le
chef est à l’apogée de son succès. Le Diamant est LA destination
favorite des amoureux de la gastronomie. mais cet engouement en fait
également une cible de choix pour les critiques culinaires, et de l’un
d’eux en particulier. Monsieur Gaston Lapoêle, expert en desserts et
créateur d’une célèbre marque de poche à douille, qui réserve une fois
par mois une table dans le salon VIP du restaurant. Cet homme est connu
pour ses articles dévastateurs, ayant anéanti la réputation de plusieurs
grands chefs internationaux. Mais malgré ses longues argumentations sur
« l’enfer gustatif » qu’il fait subir à Arnaud Fondant à chacune de
ses visites, la popularité du cuisinier ne ternit pas. Monsieur Lapoêle
continue de lui décerner des appréciations catastrophiques, malgré les
plats éblouissants que lui présente le chef. Des recettes aux saveurs
étonnantes et au design fou, des inventions culinaires dont lui seul
connait le secret. mais il a beau créer un nouveau plat extraordinaire à
chaque passage du critique culinaire, ce dernier continue de crier haut
et fort « Ô combien la cuisine de cet Arnaud Fondant est un crime
contre son divin palais ».
Complètement démotivé, Arnaud ne sait quoi
faire lorsque le gérant du restaurant lui annonce que Gaston Lapoêle
vient dîner au Diamant dans deux jours. Il pourrait s’enfermer des
heures dans sa cuisine pour confectionner la plus belle assiette du
monde entier, monsieur « poche à douille » trouverait le plat fade, sans
intérêt, vu et revu, ou le qualifierait « d’assassinat de se papilles
gustatives ». A quoi bon suer sang et eau pour un homme qui ne sait pas
apprécier sa cuisine. Arnaud décide alors de lui servir le plat du jour,
et de lui préparer un dessert des plus simples : un moelleux au
chocolat. Au moins de cette façon, le spécialiste aura de quoi critiquer
son manque d’originalité.
Les deux jours passent et le chef se
retrouve aux fourneaux, accompagné de ses deux commis. A la carte ce
soir, « valse de saveurs marines », en entrée, « pièce royale aux
merveilles parisiennes » accompagnée des « délices du jardin » pour le
plat principal, et enfin, un « moelleux au chocolat » en dessert. Arnaud
n’avait même pas pris la peine d’inventer un nom pour son dessert, et
il jugeait inutile de déguiser une recette aussi banale avec une
expression qui fait rêver. Puisque selon lui, un simple gâteau au
chocolat ne fait pas rêver les amateurs de la grande gastronomie.
Une fois l’entrée envoyée au serveur, Arnaud
charge l’un de ses commis de préparer la viande, pendant que l’autre
sélectionne les légumes. Le chef quant à lui, commence la préparation de
son gâteau. Il termine la pâte rapidement, connaissant la recette par
coeur, tant il l’avait faite à ses débuts dans la cuisine. Il prend le
moule le plus simple, un moule rond, de taille moyenne, qu’il beurre
légèrement avant de couler la pâte à l’intérieur. Une fois le gâteau
sous la fournaise du four, il prépare sa crème chocolatée qu’il ajoutera
au gâteau une fois la cuisson terminée.
Le plat part ensuite, et déjà les serveurs rapportent au cuisinier les commentaires négatifs incessants à propos de l’entrée.
Arnaud perd espoir, et regarde avec
mélancolie le gâteau gonflant calmement dans le four. Comment peut-il
oser présenter un gâteau aussi misérable devant le spécialiste
incontesté du dessert ? Il en est certain, il signe son arrêt de mort
avec ce moelleux.
L’attente prend fin et le cuisinier sort la
pâtisserie du four, déposant le moule au centre de son plan de travail
immaculé. Le gâteau est beau, malgré sa simplicité, mais il n’y a
vraiment rien d’exceptionnel. Une fois le temps de pause du gâteau
écoulé, Arnaud saisit son couteau et tranche le dessert en deux. Une
odeur envoûtante s’échappe alors de la plaie béante du moelleux. Le chef
coupe ensuite plusieurs fois le gâteau, en formant des parts égales,
d’une symétrie presque parfaite. Il sélectionne la plus réussie et la
dépose dans une assiette, accompagnée d’une cuillère en argent. Il fait
couler d’un geste vif et agile la crème sur et autour de la part de
gâteau, et recule de quelques pas pour admirer le résultat final.
Aux yeux du grand Arnaud Fondant, c’est une
catastrophe. Le dessert le plus laid qu’il n’ait jamais préparé. Et
pourtant, cette part de gâteau élégante et raffinée, ravirait les yeux
et le palais de tous, des incorrigibles du chocolat jusqu’aux moins
gourmands. Cette odeur irrésistible et cette séduisante robe de crème
rendent ce gâteau agréable à la vue, et son goût ne peut être que
fabuleux. Mais rien ne peut redonner le sourire au chef, définitivement
déçu de lui-même.
Le serveur fait son entrée en cuisine, le
plateau à la main. Arnaud y dépose délicatement l’assiette, accordant un
dernier regard à la pauvre part de gâteau, qui sera broyée en quelques
minutes par les mâchoires monstrueuses du pape de la pâtisserie. Le
jeune homme retourne en salle, observant le plateau d’un air étonné.
Après les recettes extravagantes qu’il a servies jusque là, il ne
s’attendait pas à devoir servir une simple part de gâteau. Ce dessert
n’est pas digne d’Arnaud, et le serveur dépose l’assiette devant
monsieur Lapoêle, quelque peu inquiet.
Lorsqu’il retire son tablier à la fin de la
soirée, après avoir salué poliment Gaston Lapoêle, Arnaud s’assoit
lourdement sur une chaise, et soupire longuement. Les serveurs, ses
commis et le gérant tentent de lui remonter le moral tant bien que mal,
en vain. Arnaud le sait, il n’a aucun doute à ce sujet, il va perdre sa
troisième étoile !
Il dort mal cette nuit-là, son sommeil est
dérangé par des cauchemars au goût tantôt sucrés tantôt amer du
chocolat. Il rêve qu’on lui jette ses propres plats au visage, qu’on le
hue, qu’on le déteste. Il voit dans ce cauchemar, Gaston Lapoêle, un
sourire fier étirant ses traits, car il a enfin détrôné le grand, le
célèbre Arnaud Fondant.
Au petit déjeuner le lendemain, c’est la
mort dans l’âme qu’il ouvre le journal, censé contenir le nouvel article
du critique. Ce qu’il lit par la suite n’est cependant pas du tout ce à
quoi il s’attendait :
« C’est avec réticence que je me rendis au
restaurant Le Diamant, ce samedi soir, imaginant en avance les horreurs
qui me seraient servies. Mais je devais y retourner, pour goûter à
nouveau aux plats ternes et tristes de ce soi-disant chef étoilé. sans
surprise, l’entrée était atroce et le plat manquait d’émotion. La peur
au ventre, je vis le serveur arriver avec le dessert. Étonnamment, ce
n’était pas une confection saugrenue avec des choux pailletés ou une
crème anglaise argentée qui me fut présentée, mais une sublime part de
moelleux au chocolat. Rien qu’à la vue de ce dessert incontournable, mon
palais frissonna de plaisir. C’est alors que je saisis la cuillère, que
j’utilisai délicatement pour séparer un petit morceau du reste de cette
part plus qu’appétissante. Et là, commença, ce que j’appellerai « un
rêve chocolaté ». Tout dans ce gâteau était réalisé à la perfection. La
texture, légère comme un nuage, gardait en bouche un certain caractère
que je ne pus qu’apprécier. l’intensité du chocolat était dosée avec
finesse, et le mariage de la chaleur de la pâte et du côté frais de la
crème rendait le tout presque magique. Ce gâteau était l’un des
meilleurs qu’il m’a été permis de goûter durant toute mon existence. IL
me rappelait fortement les desserts que me préparaient ma grand-mère
avec amour, lorsque je passais mes après-midi dans sa maison au coeur de
la campagne. Ces petits gâteaux, ces éclairs, ces jolies religieuses au
chocolat qu’elle cuisinait toujours et qui m’ont donné cette passion
pour les pâtisseries.
C’est ce souvenir des plus agréables qui emplit mon esprit lors de la dégustation de ce dessert.
Pour conclure, j’aimerais adresser ces
derniers mots à Monsieur Arnaud Fondant. Pourquoi, chef, vous
obstinez-vous à confectionner des immondices, si vous êtes capables de
servir un pur délice ? »
Une nouvelle qui nous a transportées dans les cuisines du « Diamant » et un gâteau que l’on aurait bien goûté, nous aussi !
La faim est un vilain défaut.
Nous sommes réunis en ce jour pour célébrer l’union de mon maître, Paul et de ma maîtresse, Caroline.
Oui comme vous avez pu le constater je suis un chien, un chien à poil
long, de taille moyenne et avec un estomac gros comme deux stades de
football. J’ai un nom plutôt ridicule pour le chien que je suis: Douguy.
Mais je ne l’ai pas choisi. Ce mariage sera parfait, tiens, d’ailleurs
les invités commencent à arriver.
De belles robes longues colorées, des costumes noirs à cravates
blanches sans oublier la décoration des tables et le plus important: le
repas qui s’annonce excellent.
Seule Caroline est vêtue de blanc aujourd’hui, c’est une couleur très jolie, je trouve.
Mon maître Paul m’a demandé de rester assis à côté d’une table le
temps que la pièce montée arrive pour qu’aucune « catastrophe» ne se
produise.
Paul a souvent très peur pour moi, je ne comprends pas trop, il
devrait savoir que je suis un chien très fort pourtant… Je l’entends
souvent dire des choses sur moi. Par exemple un matin je l’ai déjà
entendu dire « Caro, j’ai peur que Douguy ne mange le facteur» et je le
défends souvent contre ce soi disant facteur, que j’appelle
personnellement le démon jaune. Pourquoi? Tout simplement parce que tous
les matin il tente de frapper Paul ou Caroline avec un journal.
Heureusement que je suis là pour les protéger.
Revenons à ce mariage, des petits groupes de personnes commencent à
se former et les discussions débutent en même temps. J’observe du
dessous de ma table le lieu de la réception, un bel endroit entouré
d’arbres avec des tables installées au centre pour manger.
Soudain, ma concentration fut coupée par un sentiment tellement fort
qui peut s’écrire en simplement sept lettres: j’ai faim! Effectivement,
mon ventre appelle au secours et mon estomac se retourne. Je dois
trouver impérativement de la nourriture sous peine de mort, je dois me
lever et désobéir à Paul pour survivre, il comprendra, je pense…
Je me lève donc discrètement pour partir en quête de quelque chose à
manger, il commence à y avoir beaucoup de monde, je me faufile comme je
peux entre les pieds des invités qui ne prêtent même pas attention à
moi, sauf quelques enfants qui me caressent en disant « Il est trop
mignon» comme font la plupart des gens habituellement, j’aime bien cette
sensation d’être aimé par les personnes qui m’entourent. Mais cette
fois je ne m’arrête pas pour encore entendre ces compliments et sentir
ces caresses sur mon poil. Pas un seul invité n’a l’idée de me donner
une petite friandise, tout le monde est trop occupé à parler de je ne
sais quoi sans se rendre compte que je meurs de faim!
Soudain, je me retrouve en face de la plus belle chose du monde, de
la nourriture mais pas n’importe laquelle, des petits gâteaux verts en
forme de cochon qui avaient dû être soigneusement préparés avec amour et
bonté. Je me retiens de sauter sur la table pour les dévorer, je ne
dois pas me faire remarquer sinon je risque de me faire énormément
disputer. Je me couche alors sous la table pour faire comme si je
n’avais pas bougé depuis le début de la réception. Je me demande quel
goût ils ont, chocolat? Je ne sais pas encore mais je vais bientôt le
savoir, je dois juste attendre le bon moment, le moment où personne ne
pourra me voir et me disputer. J’observe les invités qui discutent et je
vois de loin mon maître et ma maîtresse qui ont l’air d’être heureux,
ils parlent avec des personnes qui sont plutôt âgées.
Au bout d’un certain temps, un homme en costume blanc prend un micro
et s’adresse à tout le monde, tous les invités se réunissent alors
autour de lui. C’est le moment où jamais, je me lève d’un bon, ne prends
pas le temps de regarder autour de moi, je mets mes deux grosses pattes
avant sur la table et j’enfonce mon museau dans les petits gâteaux
verts, je crois que j’ai tout éclaboussé autour de moi. Ce qui est sûr
c’est que j’ai le museau tout vert, c’est ma couleur préférée. C’est
tellement bon, j’aimerais que ce moment dure toute ma vie pour être
sincère. Tout à coup j’entends juste à côté de moi: «Douguy!». Je lève
la tête, la tourne, vois Caroline et baisse les oreilles. Sa belle robe
blanche est toute tachée de vert. Oups!
Nous avons beaucoup aimé « Douguy », sa gourmandise et son humour !
Merci à tous les participants à ce concours d’écriture pour les nouvelles pleines d’originalité que vous nous avez données.
Parce que la violence est multiforme, parce que l’on ne met pas tous la même chose derrière ce mot, il nous semblait intéressant de voir ce que nos élèves en pensaient, comment à travers les mots, ils appréhendaient la violence. Un débat a réuni les classes de 1 Cap Coiffure et 2 bac pro esthétique.
Trois axes de réflexion :
la violence dans les établissements scolaires
La violence dans la société
la violence dans la famille.
Les titres sélectionnés pour ce débat :
pour le premier thème : Gaël AYMON, Ma réputation / Clémentine BEAUVAIS, Les petites reines / Jennifer BROWN, Hate List.
Pour le deuxième thème : Jaycee DUGARD , Une vie volée / Thomté RYAM, Banlieue Noire / Le journal d’Anne Frank /Suzanne COLLINS, Hunger Games.
Pour le dernier thème : Inès de KERTANGUY, J’ai 12 ans / Marie LINCOURT, La petite fille dans le placard / Frank ANDRIAT, A moitié vide.
Cette sélection, faite par nos soins, à
partir des lectures de ce début d’année, a été l’objet de controverses.
Tous ne voyaient pas forcément de violence dans les livres lus ou
présentés.
Mais l’objectif fixé était atteint : qu’est ce que la violence, pour nous, aujourd’hui ?
Cody a dix-huit ans. Elle n’a pas de père, une mère barmaid
constamment en minijupe, et un avenir pas très rose depuis qu’elle a été
recalée de l’université de Seattle, qui aurait pu lui permettre de
quitter enfin son « Shitburg » natal. mais tout empire le jour où Meg,
sa meilleure amie, sa soeur de coeur, se suicide en avalant une dose
massive de poison dans un motel non loin de la fameuse fac où, brillante
boursière, elle avait été acceptée.
Lorsque les parents de Meg demandent à Cody d’aller récupérer les
affaires de leur fille, celle-ci s’embarque pour Seattle, avec la ferme
intention d’en savoir plus sur le geste de son amie.
vendredi 27 novembre 2015, une rencontre avec l’écrivain Roberto Lorier a permis aux élèves de 1 Cap Coiffure du lycée Léon Blum de partir à la découverte du peuple tsigane. Roberto LORIER a parlé du premier livre de la Saga tsigane qu’il a commencée à publier. C’est autour de la jeune Pâni que l’histoire se déroule et que l’on découvre les origines indiennes de ce peuple et les migrations forcées qu’il a subies. Mais l’écrivain a aussi évoqué la culture tsigane d’aujourd’hui et les différentes composantes de ce peuple attaché à ses traditions et à son histoire.
Quelques commentaires de nos lycéens sur cette rencontre :
« C’était intéressant car il nous a appris des choses sur les tsiganes, on comprend mieux leur vie… »
« son histoire m’a vraiment envie de
vivre la même. C’est pour moi une vie que je n’aurai jamais. Il a fait
le tour du monde. On peut dire qu’il a réussi sa vie. Il est déterminé,
ne baisse jamais les bras. Il m’a appris beaucoup de choses. »
» J’ai appris beaucoup de choses sur le
peuple tsigane. J’ai bien aimé son histoire, que ce soit l’histoire de
son livre, de son peuple, ou même de sa vie personnelle. »…