Le voyant / Jérôme GARCIN

Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux Etats-Unis, où il devient « The Blind Hero of the French Resistance ». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.

Jérôme Garcin fait le portrait d’un résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

Une bouche sans personne / Gilles MARCHAND

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Un homme vient tous les soirs dans le même bar pour y retrouver ses amis. Personne ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il cache une cicatrice derrière son écharpe. Lorsqu’un jour il décide de raconter son douloureux passé, la fantaisie prend le relais et nous emmène à la rencontre d’une galerie de personnages improbables : un éléphant dégonflé, une mouche qui danse, un voisin spéléologue, un trapéziste, un orchestre tzigane. Pourquoi ces détours et ce besoin d’imaginaire ? Que cache cette écharpe et cette cicatrice ? Un premier roman pudique, poétique, humain, amical, drôle et douloureux aussi, servi par une plume allègre et ciselée.

Le bal / Irène NEMIROVSKY

Antoinette vient d’avoir quatorze ans ; elle rêve de participer au bal qu’organisent ses parents, les Kampf, pour faire étalage de leur fortune récemment acquise. Mais sa mère, plus pressée de jouir enfin de cette opulence tant attendue que de faire entrer sa fille dans le monde, refuse de convier Antoinette au bal. La vengeance d’Antoinette, aussi terrible qu’inattendue, tombera comme un couperet, révélant le vrai visage de chacun.

Camille, mon envolée / Sophie DAULL

Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, sophie Daull a commencé à écrire. Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Écrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille, mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.

L’orangeraie / Larry TREMBLAY

Les jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible ?

Conte moral, fable politique, L’orangeraie maintient la tension jusqu’au bout. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies.

Prix des Libraires du Québec

Brise-glace / Jean-Philippe BLONDEL

« Et toi, tu es qui ? La question se perd dans le brouhaha du bar, mais les mots m’ont atteint, là, juste en dessous de la poitrine. Moi. qui je suis. Il y a un moment où c’était facile de répondre. j’étais le fils de mes parents. Le-bon-élève-presque-premier-de-la-classe. Un des trois du trio inséparable. Et puis, tout a explosé. Maintenant, je ramasse les pièces du puzzle et essaie de créer un nouveau tableau. »

Solitaire, secret, Aurélien n’aspire à rien d’autre qu’à oublier et se faire oublier. Mais dans son lycée, Thibaud semble s’être focalisé sur lui, décidé -pour quel motif ?- à briser la glace et gagner son amitié.

Riquet à la houppe / Amélie NOTHOMB

Je me suis finalement laissée tenter par le traditionnel livre de rentrée d’Amélie Nothomb. Laissée sur ma faim par Pétronille de la rentrée 2015, c’est sans enthousiasme mais avec curiosité que j’ai commencé ce conte. Un bon cru, sans champagne cette fois mais avec des personnages attachants, des répliques pleines d’humour et grinçantes, comme on les aime chez cet auteur.

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C’est l’histoire de Déodat, passionné par le monde des oiseaux, très intelligent mais au physique peu flatteur.  On le suivra de sa naissance à sa rencontre avec Tremière. Ce livre nous entraîne dans le monde des contes  et en particulier dans celui de Riquet à la houppe, mais aussi dans l’univers très particulier d’Amélie Nothomb. C.B.


Enide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu’elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d’une maladresse variable : « c’est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort. » Ou : « Drôle de tête ! Enfin pour un garçon, ce n’est pas grave.
Le sommet fut atteint par la méchante tante Epziba :
– Ma pauvre Enide, tu te remets ?
– Oui. La césarienne s’est bien passée.
– Non, je veux dire, tu te remets d’avoir un gosse aussi vilain ? »

– Ma pauvre Enide, tu te remets ?

– Oui. La césarienne s’est bien passée.

Nos âmes rebelles / Samantha BAILLY

Sonia est la plume, Lou le crayon. Ensemble, elles tiennent un blog BD où elles réinventent leur vie avec humour et impertinence : le bac, les parents, les rencontres, les garçons…

Mais savent-elles vraiment si elles sont rebelles ? Et faut-il renoncer à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?

Jukebox Motel / Tom GRAFFIN

Ce roman a reçu le prix livres en vignes 2016.

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Le 23 septembre 2016, au château du clos de Vougeot en Côte d’Or, Tom Graffin a reçu le prix du premier roman Méo-Camuzet pour Jukebox Motel.

C’est un roman captivant où l’on suit les aventures de Thomas Shaper. Il quitte l’exploitation familiale de culture de fraises de son père,  pour New York et le rêve de devenir un grand peintre. Parcourant les États-Unis,  son rêve tourne parfois au cauchemar, les rencontres de Thomas auront de multiples conséquences  et on est emmené avec lui dans le tourbillon de sa vie et de ses créations. Créations parfois destructrices…

Extrait du roman :

« En ce premier jour d’automne 1970, que sont mes toiles ? De l’art ? De la besogne ? De l’amour ? De la haine ? Une issue ? Un piège ? Elles ont été toutes ces choses à des périodes différentes, mais il n’y a qu’une seule chose qu’elles aient toujours été : une farce. »

Désolée, je suis attendue / Agnès MARTIN-LUGAND

Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir. Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.