Le 23 août 2006, l’un des pires enlèvements de ces dernières décennies
prend fin. Natascha Kampusch réussit à s’enfuir de la cave dans laquelle
elle était retenue prisonnière depuis huit années. Dans un récit
saisissant, 3096 jours, ele a raconté son effroyable calvaire.
Dix ans après sa délivrance, elle nous livre un aperçu de son retour à
la liberté : ses expériences, les plus douloureuses comme les plus
belles, ses rêves et ses cauchemars, son investissement dans des projets
humanitaires (notamment au Sri Lanka) et son engagement auprès de
jeunes eux aussi blessés par la vie. Peut-on s’affranchir d’un passé
aussi terrible ? Comment trouver la force de se reconstruire après un
tel traumatisme ?
C’est dans le cadre de la semaine de
la diversité organisée par le centre de la Francophonie de Bourgogne
que ces rencontres entre écrivains et jeunes lycéennes se sont
déroulées.Un moment d’échanges intenses sur l’écriture de deux ouvrages
« Le thé n’a plus la même saveur » d’El Hassane Aït Moh et « Shégués, enfants du silence » de Jeannine Valignat , mais aussi d’une manière plus générale sur l’immigration et les enfants sorciers avec le témoignage de Lauric.
El Hassane Aït Moh, Jeannine Valignat et Lauric à la rencontre des lycéennes de Leon Blum
Écrire, c’est se libérer. Jeannine Valignat
C’est ce qu’a dit lors de son interview Jeannine Valignat aux classes de 1 CAP coiffure et 1 bac pro esthétique.
Pourquoi avoir choisi d’écrire sur les migrants ?
Je veux dénoncer la vérité et faire réagir, déranger les populations.
Il faut voir ce qu’il y a derrière les images, Ce qui se passe dans le
monde, ce sont des hommes qui veulent le bonheur. Il faut mettre des
mots sur la souffrance pour s’en libérer.
Ecrivez-vous un autre livre en ce moment ?
En ce moment, je n’arrive pas à écrire. En fait je ne sais pas
comment ni par où commencer. Je voudrais écrire un livre de témoignages,
dire la vérité avec des mots justes pour exprimer le bonheur de
partager. Je voudrais parler des personnes qui aident les autres en
difficulté : les familles hébergeantes, les associations comme celle
créée par trois femmes pour obtenir de la nourriture à la banque
alimentaire pour les mineurs réfugiés qui n’ont pas droit
personnellement aux aides…
Ces rencontres ont-elles changé votre vie ? Oui. On
n’est jamais pareil après la rencontre d’un être humain. On s’enrichit
de l’autre. Ces rencontres ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
Laquelle de ces histoires vous a le plus touchée ?
Toutes. Il faut du temps pour s’en séparer et passer à quelque chose
d’autre. Pourtant celle de la petite fille de quatre mois qui risquait
l’excision me touche tout particulièrement car je suis une femme et que
cela touche à l’intégrité du corps de la femme. Sa famille m’a demandé
de l’aide. Quand nous avons gagné, elle était rayonnante. Son père était
tellement heureux, ses gestes débordaient d’amour et c’est à ce
moment-là que je me suis dis que cette petite fille était sacrée.
Qu’avez-vous pensez quand vous avez vu pour la première fois le jeune garçon que vous appelez Glany dans votre livre ?
Quand je l’ai vu pour la première fois, je ne vais pas vous mentir,
intérieurement, je me suis dit… « il va crever ! ». C’était un enfant en
grande souffrance. C’était une urgence de le prendre. Il a mis
énormément de temps à parler et à être rassuré, il fallait faire quelque
chose. Il faut donner du courage, de l’espoir et pour cela il faut
prendre de la distance avec les histoires personnelles.
Témoignage de Lauric sur les enfants sorciers
Pourquoi avez-vous été accusé de sorcellerie ?
Après la mort de mes parents, ma tante a été parler à ma famille pour
dire que j’étais un « enfant sorcier » et que j’avais tué mes parents.
Dans mon pays, quand on ne peut pas expliquer les faits, on a recours à
la sorcellerie. Après ça, on m’a emmené à l’église où le pasteur a
confirmé cela, pour se faire de l’argent.
Êtes-vous toujours accusé de sorcellerie ?
Oui par toute ma famille, sauf mon grand-père qui lui, n’y croit pas
car il m’avait dit que c’étaient les Belges qui avaient inventé cela au
temps de la colonisation pour faire peur aux Africains.
Aujourd’hui ce passé continue-t-il à vous hanter ?
Je suis passé à autre chose mais quand je passe devant une église
évangélique, j’ai envie de rentrer et de leur dire que c’est des
mensonges. raconter mon histoire, me libère.
EL HASSANE AIT MOH, UN AMOUREUX DE LA FRANCE
El Hassane Aït Moh est venu à la rencontre des élèves de 1 COIF
et 1 ESTH du lycée Léon Blum pour échanger autour de son roman le Thé
n’a plus la même saveur
Y a-t-il un peu de vous dans le roman ?
Il y a dans la construction du personnage beaucoup de moi. Ce
personnage est une construction à partir de l’expérience personnelle
vécue. En quelque sorte, l’auteur se libère à travers les personnages de
son livre.
Pourquoi dans votre roman votre personnage dit « la France est une souffrance »
Le personnage qui dit cette phrase dans le livre est une personne qui
a réellement existé : j’avais 18 ans, je venais d’arriver en France, à
la gare de Lyon. J’avais un sac en cuir que je portais à la taille, un
sac que seul les Marocains peuvent avoir. J’étais perdu, quand un jeune
Algérien est venu me demander si j’avais du shit (rires). Après avoir
discuté avec lui, il me dit qu’il ne savait plus qui il était.
Normalement, quand on part de son pays c’est pour se reconstruire mais
pour moi cet homme a raté son immigration puisqu’il n’est pas heureux.
La France est un concept idéal, elle donne de l’espoir. Il est difficile
de retrouver la perfection de la France dans d’autres pays.
Pourquoi avoir choisi comme titre « le thé n’a plus la même saveur »
C’est une phrase que dit le personnage dans le roman, car pour lui le
thé de France n’a pas le même goût que le thé au Maroc, il se demande
pourquoi : peut-être est-ce l’eau ? Ou le thé ? Il fait plusieurs essais
et changements. Mais non, rien n’y fait. En réalité, c’est la personne
qui a changé, ce qu’il est devenu loin de chez lui.
« Il y a quelque chose qui bouge
près de la grange. Je tourne les yeux et ça disparaît. J’attends. Ca
revient, près du champ de maïs. Un mouvement, une forme. »
Cameron devait être à l’abri pour de bon, dans cette vieille ferme
paumée au milieu de nulle part. Son père ne les dénicherait jamais dans
un coin pareil, avait dit sa mère.
N’empêche, dès le premier jour, Cameron sent bien que quelqu’un est
déjà là. Invisible, mais il le sent. Il l’entend même parfois. Quels
secrets va-t-il découvrir dans cette baraque ?
Dans la vie, il n’y a rien de pire qu’une coupe de cheveux ratée. Enfin presque…
Le matin de sa rentrée en seconde, Xavier a envie de se faire
hara-kiri avec son stylo plume. Il ose à peine se regarder dans la glace
et se prépare à passer la pire journée de sa vie. Pourquoi ? Parce que
sa mère, hier, l’a obligé à aller chez le coiffeur. Que vont penser ses
nouveaux camarades en découvrant sa tête ? Qu’il ne ressemble à rien. Ou
plutôt, si : à un ringard total !
Depuis un an, Elina ne parle plus à personne, ni en famille, ni au
collège. Son activité principale est de végéter parmi les végétaux. Au
Jardin des Plantes, elle fait la plante, assise sur un banc. Personne ne
l’a jamais abordée, pour lui demander l’heure, son prénom ou même un
mouchoir en papier.
Puis un jour elle se met à courir, mais en sens inverse des aiguilles
d’une montre, pour rembobiner le temps jusqu’à la retrouver, elle, sa
mère disparue.
Et quelqu’un lui adresse enfin la parole. Violette, une ancienne marathonienne en fauteuil roulant, une femme libre, déroutante.
Grâce à sa présence, Elina va réapprendre à parler, danser, crier. A pleurer aussi. Car Violette possède un secret bouleversant.
Le nouveau livre de Christian Bobin sorti au mois d’août. Un recueil
composé de lettres envoyées à sa mère, à un nuage, à un ami, à un
messager, à son pauvre bol…
Une écriture toujours aussi belle, poétique, intime… Une écriture sur la vie, tout simplement.
Quelques extraits à partager sur le livre et la lecture :
« J’ai aimé les livres pour ce qu’ils étaient, des blocs de paix, des respirations si lentes qu’on les entend à peine. J’ai aimé le silence, la musique et la mort pour ce qu’ils ouvraient en moi, cette clairière dans mon cerveau, ce trou dans les étoiles, un peu de vide, enfin. »
« La lecture est un billet d’absence, une sortie du monde. »
Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d’être super slim pour
s’assumer. Jusqu’au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop
bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il
vraiment l’aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne
sont que des seconds rôles.
Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus
inimaginable qui soit … s’inscrire au concours de beauté local présidé
par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son
sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au
monde, et surtout à elle-même, qu’elle aussi a sa place sous les
projecteurs.
Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées.
Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique
rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement
sombre, le destin va lui sourire. Emu par leur situation, un homme les
invite dans sa maison du bord de mer en Bretagne. Tant de générosité
après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n’a pas
l’habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de
sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend…
A 14 ans, quand on veut devenir footballeur professionnel et qu’on fait moins d’1.50 m, tout passe un peu ric-rac.
Les docteurs ont dit à Jeanyf : »C’est psychologique. » OK, amis qui
est à l’origine de ce trouble ? Yvette, sa mère décédée, il y a peu ?
Pierryf, son père marionnettiste décidé à transformer leur maison en
mausolée ? Jackyf, son herboriste d’oncle ? Ou les nouveaux voisins du
Silo, un gîte rural franchement « olé-olé »? Au milieu de ces adultes
fous à lier, il n’y a plus de temps à perdre. IL va falloir courir après
une réponse et mettre un poteau rentrant à la vie.
Allongé pieds et mains liés, Christian Pelletier est complètement perdu
lorsqu’il se réveille sur un lit d’hôpital. Que s’est-il vraiment passé ?
On lui dit qu’il est dangereux, qu’il a perdu la raison, et pourtant,
il en est convaincu : quelqu’un cherche à lui nuire. Tatiana est alors
appelée à l’aide et missionne Alexanne afin de démêler les sombres
desseins des forces de l’ombre.