L’attentat / Yasmina KHADRA

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l’hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d’origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pied : il s’agit de sa propre femme.

Un livre pour entrer dans la réalité du XXIème siècle et ses attentats dévastateurs à travers un couple que rien ne destinait à ces horreurs. Le parcours d’Amine, pour comprendre cette femme, sa femme qu’il croyait connaître, nous amène à réfléchir sur la complexité de l’être humain qu’on ne connaît jamais complètement. Un bon moment de lecture avec ce roman de Yasmina Khadra et cette histoire terrible mais tellement possible …

Avec tes mains / Ahmed KALOUAZ

« J’aurais  voulu que tu me montres, un jour de connivence, une photo longtemps dissimulée, en me disant que là, quelques jours dans ta vie, tu ne fus ni miséreux, ni soldat, ni travailleur de force, mais simplement un homme avec de la douceur au bout des doigts. »

Il s’appelait Abd-el-Kader, né autour de 1917 dans un douar algérien. De ce père aujourd’hui disparu, Ahmed Kalouaz a voulu reconstruire le destin. Ces lambeaux de vie, sauvés du silence, tissent le portrait d’un homme dur à la tâche comme en affection, dont le parcours singulier a été commun à des centaines de milliers d’immigrés maghrébins.Sans enjoliver  ni noircir, Avec tes mains dit l’absence de mots communs entre deux générations, les regrets et les rendez-vous manqués. C’est un chant d’amour bouleversant, adressé à un père dont la dernière volonté fut d’être enterré au pays, loin des siens.

Un récit où l’émotion est partout présente. Des mots d’amour pour son père, pour rattraper des paroles non échangées, les moments d’incompréhension. Un livre à ne pas manquer…..

La première fois, on pardonne / Ahmed KALOUAZ

Depuis trois semaines, Elodie s’est réfugiée chez sa grand-mère. Dans la solitude de la campagne, elle a tout le temps pour se souvenir, en feuilletant les albums de famille. Elle retrouve les images du bonheur, quand elle était encore petite et qu’ils partaient en vacances, à la neige ou à la mer. Longtemps, ils ont été une famille en apparence normale. Mais au fur et à mesure des années qui défilent dans l’album bien classé, il y a moins de bonheur…

Aujourd’hui, elle veut comprendre, le silence de sa mère et les bruits de la nuit.

Au galop sur les vagues / Ahmed KALOUAZ

« A notre retour, j’ai remis le cheval à l’attache, lui donnant de quoi boire suffisamment pour la matinée. Une dernière fois, j’ai jeté un oeil dans le jardin, regardant de plus près les volets du bas, désespérément clos, espérant découvrir un indice, une réponse à l’absence d’Armand. Puis je suis retournée chez nous, le coeur plein d’inquiétude »

A peine installée dans un petit hameau breton, Julie doit trouver une idée pour sauver  la vie de Bilto, le cheval du vieux monsieur d’à côté.

Absentes / Ahmed KALOUAZ

Sa sœur s’est endormie à vingt-cinq ans, une nuit chaude d’août, un camion sur la tête. Autour du souvenir de cette sœur disparue apparaissent d’autres destins de proches : la femme aimée, partie loin, la mère muette, le père au corps fatigué par les chantiers. Dans l’ombre des vivants et des morts, l’univers est une leçon d’absence.

L’élégance du hérisson / Muriel BARBERY

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

Le scaphandre et le papillon / Jean-Dominique BAUBY

A jamais statufié, muet, exilé, à l’intérieur de lui-même, il jette toute sa vie dans ce carnet de voyage immobile parce qu’elle va finir dans peu de temps. Après son accident cardiovasculaire, Jean-Dominique Bauby est ce mort vivant qu’un seul battement de cil rattache encore au monde et à la confidente qui déchiffre, un à un, ses derniers mots.

Adieu à la vie, dont les images dansent encore devant lui. Le visage d’une femme aimée, un air populaire, une nuit blanche à Saint-Pétersbourg ou un jour incandescent dans le Nevada, un film de Fritz Lang, les petits riens et les grandes espérances. Et puisqu’il faut quitter tout cela, autant le faire sans peur, et même avec le sourire.

Depuis ta mort / Frank ANDRIAT


« Tu aurais pu m’accorder un délai supplémentaire ; tu ne l’as pas fait et c’est pour ça que je t’en veux ». Ghislain n’arrive pas à sortir du brouillard dans lequel il se débat depuis la mort de son père. Comment accepter cette absence et continuer à vivre ? Heureusement, la vie est là, qui veille, et la douce Amélie aussi…

Sous les vents de Neptune / Fred VARGAS

« Adamsberg termina son café et posa son menton dans sa main. Il lui était arrivé en des tas d’occasions de ne pas se comprendre, mais c’était la première fois qu’il échappait à lui-même. La première fois qu’il basculait, le temps de quelques secondes, comme si un clandestin s’était glissé à bord de son être et s’était mis à la barre. De cela, il était certain : il y avait un clandestin à bord. Un homme sensé lui aurait expliqué l’absurdité du fait et suggéré l’étourdissement d’une grippe. Mais Adamsberg identifiait  tout autre chose, la brève intrusion d’un dangereux inconnu, qui ne lui voulait aucun bien »