La femme aux pieds nus / Scholastique MUKASONGA

Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c’est ma mère, Stefania. Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes sœurs et moi, maman nous répétait souvent : Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d’une mère. Ma mère a été assassinée, comme tous les Tutsi de Nyamata, en avril 1994 ; je n’ai pu recouvrir son corps, ses restes ont disparu. Ce livre est le linceul dont je n’ai pu parer ma mère. C’est aussi le bonheur déchirant de la faire revivre, elle qui, jusqu’au bout traquée, voulut nous sauver en déjouant pour nous la sanglante terreur du quotidien. C’est, au seuil de l’horrible génocide, son histoire, c’est notre histoire.

Maïté Coiffure / Marie Aude MURAIL

Louis Feyrières doit faire un stage d’une semaine, comme tous les élèves de troisième. Où ? Il n’en sait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’aime pas l’école et qu’il ne se sent bon à rien. « J’ai ma coiffeuse qui prend des apprentis, dit Bonne-Maman, lors d’un repas de famille. Stagiaire, c’est presque pareil. » Coiffeur ? C’est pour les ratés, les analphabètes, décrète M. Feyrières qui, lui, est chirurgien. Louis se tait. Souvent. Mais il observe. Tout le temps. Comme il n’a rien trouvé d’autre, il entre comme stagiaire chez Maïté Coiffure. Et le voilà qui se découvre ponctuel, travailleur, entreprenant, doué ! L’atmosphère de fièvre joyeuse, les conversations avec les clientes, les odeurs des laques et des colorants, le carillon de la porte, les petits soucis et les grands drames de Mme Maïté, Fifi, Clara et Garance, tout l’attire au salon. Il s’y sent bien, chez lui. Dès le deuxième jour, Louis sait qu’il aura envie de rester plus d’une semaine chez Maïté Coiffure. Même si son père s’y oppose.

Baby sitter blues / Marie Aude MURAIL

Avec cent francs d’argent de poche par mois, Émilien sent qu’il va avoir du mal à acheter le magnétoscope de ses rêves. Il faut qu’il trouve un job. Celui de baby-sitter lui semble promettre une belle carrière : il va révolutionner la technique du baby-sitting et devenir le « Rambo des nurseries »! Pétillant de drôlerie, « Baby-sitter blues » est le livre à s’offrir ou à se faire offrir en cas de déprime passagère, histoire de découvrir l’ironie, version tendresse !

Mon père est femme de ménage / Saphia AZZEDDINE

« Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s’est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n’avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l’aider. Embarrassé à l’idée de m’imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d’alléger le truc. Là, il a dit :
— Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ?
Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d’humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui est sa vie en fait. J’ai souri, ça détend mon père, et j’ai répondu comme à chaque fois :
— Je viendé, je viendé…
Je l’aime mon père, mais j’ai du mal à l’admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément, ça manque un peu de hauteur tout ça… »

Paul, dit Polo, a 13 ans quand commence sa chronique d’une vie impossible, au milieu d’une famille infernale, où seul l’amour d’un père apporte un peu de lumière. Mais aimer quand on ne peut pas respecter est une douleur de plus. Seulement, ce jeune garçon drôle, lucide, que rien n’abat, a découvert une arme : les mots, et il sait désormais qu’on peut s’arracher à la fatalité.
Y arrivera-t-il ? C’est une autre histoire. Celle de ce livre, où, sur un ton virevoltant, marqué par la vivacité, le sens du rythme et de la formule qui ont fait le succès de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole aux laissés-pour-compte de notre société, et raconte avec une verve irrésistible les drames et les espoirs d’une adolescence.

Une vie volée / Jaycee DUGARD

« A l’été 1991, j’étais une enfant comme les autres. Je faisais des choses normales. J’avais des amis et une mère qui m’aimait. J’étais tout simplement comme vous. Jusqu’au jour où on m’a volé ma vie.

Je suis restée prisonnière pendant 18 ans. J’ai été un objet dont quelqu’un a usé et abusé. Pendant 18 ans, on m’a interdit de prononcer mon nom. Je suis devenue mère, et on m’a forcé à devenir une soeur. Pendant 18 ans, j’ai supporté l’insoutenable.

Le 26 août 2009, j’ai retrouvé mon nom. Je m’appelle Jaycee Lee Dugard. Je ne me considère pas comme une victime. J’ai survécu. Une vie volée est mon histoire, écrite avec mes mots, à ma manière, exactement de la façon dont je me la rappelle.

Tom petit Tom tout petit homme Tom / Barbara CONSTANTINE

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobile home avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss adore faire la fête et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va chaparder dans les potagers voisins… Mais comme il a peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (sa mère lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), allongée au milieu de ses choux, en larmes parce qu’elle n’arrive pas à se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom n’était pas passé par là…

Le cinquième enfant / Doris LESSING

Pour Harriet et David, couple modèle, qui a fondé une famille heureuse, l’arrivée du cinquième enfant inaugure le temps des épreuves. Fruit d’une grossesse difficile, anormalement grand, vorace et agressif, Ben suscite bientôt le rejet des autres enfants, tandis que les parents plongent dans la spirale de l’impuissance et de la culpabilité. La romancière du Carnet d’or, prix Médicis étranger 1976, mêle ici de façon impressionnante réalisme et fantastique,   dans une fable cruelle qui met à nu l’envers et le non-dit des relations familiales.

Le poète / Mickaël CONNELY

Des meurtres sont régulièrement commis et accompagnés à chaque fois de quelques vers d’Edgar Allan Poe. Le meurtrier a un plaisir sadique non seulement à tuer mais surtout à se jouer des forces de l’ordre. Alors qu’un puzzle semble se dessiner, l’enquête est sans cesse relancée.

Le suspens y est intense. Il est impossible d’arrêter de lire, le lecteur est jeté dans cette enquête qui devient l’abyme du mal. Moi qui n’avais jamais lu ce grand auteur américain, j’ai été subjuguée par une écriture dense et efficace et par cette histoire haletante. Captivant ! F.P.

Rebelle / Fatou KEïTA

Les meilleurs écrivains sont des explorateurs. Ils s’aventurent à leurs risques et périls, dans des régions inconnues, régions de l’âme ou de la vie sociale. Et nous reviennent avec des reportages qui nous ouvrent les yeux. Les plus utiles, les plus nécessaires des romanciers sont des sortes de journalistes, avec du temps, de l’audace et une indomptable liberté. Fatou Keïta appartient à cette chevalerie de la vérité. Elle va raconter ce que tout le monde préfère taire. Il était une fois Malimouna, fillette africaine. Il était une fois la tradition de l’excision. Malimouna n’est pas docile. Malimouna va refuser de se soumettre au rituel séculaire. La vie qui suivra ne sera pas de tout repos… Avec force et pudeur, avec un grand courage tranquille mêlé d’humour ravageur, Fatou Keïta raconte le destin de cette fierté en marche. Rebelle dresse le portrait d’une de ces Africaines d’aujourd’hui dont chacun sait qu’elles sont le sel et le moteur du continent.

Des vents contraires / Olivier ADAM

Sarah a disparu depuis un an, sans plus jamais faire signe. Pour Paul, son mari, qui vit seul avec leurs deux jeunes enfants, chaque jour est à réinventer. Il doit lutter avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Épuisé, il espère se ressourcer par la grâce d’un retour à Saint-Malo, la ville de son enfance.