C’est reparti pour une nouvelle édition de notre concours d’écriture. Cette année deux classes écriront à partir du même texte. C’est un début de nouvelle d’un auteur francophone, dont nous vous donnerons les références à la fin du jeu, c’est à dire dans trois semaines. Le dernier vote par les élèves aura lieu le 14 décembre et nous aurons alors trois nouvelles, certainement très différentes : celle de l’auteur, celle des élèves de coiffure et celle des élèves d’esthétique.
Nous publierons chaque semaine les trois textes à départager pour chaque classe. Nous commençons avec la classe de 1 CAP coiffure et ses trois propositions.
Texte de départ :
Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.
Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.
– Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.
Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.
Suite 1
Il n’en pouvait plus de cette vieille bonne femme qui depuis qu’elle avait perdu son mari ne voyait que par son vieux chihuahua puant.
Sa mère devait lui rendre visite. Il décida de l’attendre chez lui tout en lisant son journal. A la télé, les informations s’éternisaient jusqu’à ce qu’il entendit l’annonce du crash d’un avion sur Manhattan. Il pensa tout de suite à sa mère et il prit directement son téléphone pour l’appeler. Il tomba sur son répondeur : « Hello, I’m not here ! Call me later ! » Il commençait de plus en plus à s’inquiéter et au bout d’une quinzaine de minutes, il décida de se rendre à l’aéroport de Paris pour avoir plus d’informations sur les passagers de l’avion. Il enfila le premier manteau qui était sous sa main parce qu’il pleuvait ce jour-là et il enfila ses chaussures. En claquant la porte de chez lui, il sentit encore l’odeur nauséabonde du vieux chihuahua. La vieille bonne femme qu’il détestait, était en train de ranger ses courses et elle lui demanda de l’aide. L’homme qui était légèrement pressé et inquiet, l’envoya paître.
« -Vous ne voyez donc pas que je n’ai pas le temps de m’occuper de vos courses !
-Cher Monsieur, je vous prie de ne pas me parler de cette façon ! Viens mon Totoche rentrons chez nous ! Ne perdons pas de temps avec ce sale gamin ! »
Et elle claqua la porte. Lui, ne prêtant plus attention depuis longtemps aux remarques et aux insultes de sa vieille voisine, prit rapidement l’ascenseur pour rejoindre le parking et sa voiture.
Suite 2.
Ce chien le détestait, et le vieil homme de quatre-vingt cinq ans également. Il vivait seul dans son petit appartement, recherchant une femme pour finir sa vie. Mais ce chihuahua infâme l’empêchait de voir la femme qui était en elle.
Cette femme avait soixante-quinze ans, elle avait de longs cheveux gris comme le ciel lors d’un grand orage. Elle aurait pu faire mannequin dans sa jeunesse tellement elle était grande et mince. Elle s’habillait toujours élégamment avec un joli collier de perles précieuses qui illuminaient son teint. Il l’aimait et la détestait à la fois. Il souhaitait tellement la mort de son chihuahua pour pouvoir enfin retrouver cette femme qu’il avait connu lorsqu’il était enfant.
Suite 3.
A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?
Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter.
A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE, CELLE SUR LAQUELLE LES ELEVES DEVRONT TRAVAILLER LA SEMAINE PROCHAINE.








