No et moi / Delphine de VIGAN

Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde.
A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence.
No, privée d’amour, rebelle, sauvage.
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.

Ne dis rien / Cathy GLASS

Quand Reece, sept ans est confié à Cathy Glass, mère d’accueil, le petit garçon est déscolarisé et a déjà été renvoyé de nombreux foyers. Dernier d’une famille de six enfants tous placés, il est extrêmement violent.

portée par le désir de secourir cet enfant en détresse, Cathy va tenter de comprendre son histoire. Mais Reece, lui, ne parlera pas : sa mère lui a fait promettre de ne rien dire.

A force d’obstination, la jeune femme va découvrir … un abominable secret de famille. Pourra-t-elle désormais  aider Reece à guérir des terribles démons qui le hantent ?

La ballade de Lila K / Blandine LE CALLET

Tout commence comme un fait divers sordide : des hommes s’introduisent dans une maison et enlèvent une mère de famille. Mais au fil des pages, c’est une autre histoire que Blandine Le Callet raconte : celle de Lila, enfant sans parent, confiée au Centre qui contrôle à outrance sa vie. Tout est fait pour qu’elle ne retrouve pas cette mère idéalisée et aimée. Pourtant, dans cette descente aux Enfers, deux êtres merveilleux, deux hommes illuminent sa vie et la conduisent secrètement sur le chemin de la vérité. Ce roman beau, fort, cruel et surtout inclassable mélange avec subtilité plusieurs influences, il aborde aussi une forme de dictature à la Orwell. Sa principale force porte sur Lila, personnage frêle, du moins le croit-on, et qui n’aura de cesse de se construire, de retrouver sa famille et son identité.

Kill all enemies / Melvin BURGESS

Billie, quatorze ans, n’apporte que des problèmes. Une bagarreuse. Un danger pour sa famille et ses amis. Mais son éducatrice la voit différemment.

Son copain de classe, Rob, est un gros costaud. Il peut prendre soin de son petit frère comme de lui même. Mais il est le souffre-douleur d’un beau-père violent qui l’humilie.

Et Chris a du mal avec le collège. Il n’a tout simplement aucune envie d’être là. Mais pour son père, c’est un minable.

Billie, Rob, Chris, héros malgré eux, nous racontent leur histoire. Le grand Melvin Burgess nous aide à comprendre la violence de ceux que l’école et la société rejettent, avec tout l’humanisme et l’authenticité qui le caractérisent.

Un roman qui prend aux tripes.

Trois histoires fortes qui se côtoient avec un point commun  : un manque d’amour et une violence destructrice. Un  roman dans le même style que Junk qui nous montre le plus sordide et nous laisse l’espoir d’une renaissance pour certains des personnages. Un roman pas toujours si loin de la réalité.

Les récits à suites sont terminés !


Les premières lignes proposées pour le concours avaient été prises dans le recueil de nouvelles de Marie Christine Bernard. Il s’intitule Sombre peuple et est édité par les éditions Hurtubise.  La nouvelle porte le titre suivant : Mots croisés

Voici les deux textes imaginés par nos classes.

   Récit des  2 Bac pro esthétique.

Les voisins que tout opposait 

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé. Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  « MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT ! »

Elle se dépêcha de remonter. A peine arrivée en haut des escaliers qu’elle glissa sur l’urine de son Totoche. Elle se cassa une jambe. N’arrivant pas à se relever, elle hurla à l’aide. M. Henri qui était chez lui, entendit les hurlements de la vieille. Il sortit et aperçut Mme Cabotte par terre au milieu des escaliers. Il appela les secours.

En partant pour les urgences, le chihuahua aboya longuement et sa maîtresse lui dit : »Ne t’inquiète pas mon Totoche, Maman va se soigner. »

M. Henri devait garder cette horreur jusqu’au retour de sa vieille maîtresse. Deux jours après, en allant promener Totoche, il passa devant l’appartement de Mme Cabotte où il aperçut des déménageurs. Le chien poussa un énorme cri et se dirigea vers eux. Monsieur Henri demanda à ces hommes ce qu’ils faisaient. L’hôpital où se trouvait Mme Cabotte a pris la décision de la placer en maison de retraite.

M. Henri va désormais devoir vivre avec Totoche malgré leurs débuts difficiles. Après un bon shampoing, ils deviendront amis et rendront visite à Mme Cabotte toutes les semaines. M. Henri s’occupa du chihuahua mieux que personne et fit de Totoche un magnifique chien

 Récit des 1 CAP Coiffure

La tumultueuse aventure de Totoche

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter. Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

L’horrible bonne femme se sentit vexée par les propos de son voisin qu’elle ne supportait plus. Elle décida de ne pas se laisser faire et retourna  avec Totoche se confronter au jeune homme. Elle ne prit pas la peine de toquer à sa porte et pénétra directement dans son appartement en hurlant :  » pauvre fou ! Vous vous croyez  malin de vous en prendre ainsi à un vieux chien sans défense ? Tenez mon bébé, je vous le confie et si il ressort de chez vous avec la moindre marque, je porte plainte ! »

Elle mit le chien dans les mains de son voisin qui fit une tête de déterré car il ne s’attendait pas à cette réaction de la part de sa voisine. L’odeur  nauséabonde du chien empesta rapidement tout l’appartement. Très vite, il prit son courage à deux mains et jeta le chien dans la baignoire. le cabot ne cessa d’aboyer tout le long de son nettoyage.

Une bouteille de shampoing plus tard, le chien semblait plus heureux que jamais. le jeune homme le sécha et lui mit un peu de son parfum. Il le ramena à sa maîtresse. Elle ouvrit la porte, en voyant son chien sautant de joie et tortillant la queue comme un petit chiot, une larme coula le long de sa joue. Sa surprise et sa joie étaient si  immenses qu’elle prit le jeune homme dans ses bras. Il se sentit surpris puis fier de sa bonne action ; avoir redonné le sourire à cette vieille femme …

Elle l’invita à boire un café ; il accepta et se mirent à discuter ensemble. Étonnamment, ces deux personnes que tout opposait, se découvrirent des points communs. ils décidèrent d’oublier le passé et de commencer une bonne entente.

Récit à suites – 2 Bac Pro esthétique – dernière écriture.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé. Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  « MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT ! »

Choisissez la fin…

Texte 1.

Décidément,  sa tentative d’exterminer le chihuahua féroce avait encore échoué. Mais, avant de glisser sur le cabot, il avait accidentellement fait tomber sur le tapis la vieille lampe à huile de Mme Cabotte qui prit aussitôt feu. Le chihuaha, effrayé, sortit de l’appartement avec la queue en feu et dévala  les escaliers pour retrouver sa maîtresse.

Madame Cabotte qui avait déjà rencontré son voisin redescendant précipitamment, le suspecta. Elle vit ensuite son Totoche adoré, l’arrière-train en feu qui courait vers elle. Elle cria de panique : « Au secours, aidez-moi ! Mon Totoche prend feu ! A l’aide »

M. Henri entendant sa vieille voisine prit un saut d’eau et le jeta sur ce maudit chihuahua. Mme Cabotte tomba dans les pommes et roula dans les escaliers voyant la queue de son Totoche brûler et qui, maintenant, puait le cochon grillé.

M. Henri, fier de son plan appela, malgré tout, une ambulance. Il n’eut pas le temps de décrocher le téléphone qu’il se réveilla en sursaut. Il se rendit compte que tout ceci n’était qu’un rêve. Il s’était endormi sur le palier : son journal en morceaux avec une crotte déposée dessus. Il repensa tout à coup à son rêve…

Texte 2.

Elle se dépêcha de remonter. A peine arrivée en haut des escaliers qu’elle glissa sur l’urine de son Totoche. Elle se cassa une jambe. N’arrivant pas à se relever, elle hurla à l’aide. M. Henri qui était chez lui, entendit les hurlements de la vieille. Il sortit et aperçut Mme Cabotte par terre au milieu des escaliers. Il appela les secours.

En partant pour les urgences, le chihuahua aboya longuement et sa maîtresse lui dit : »Ne t’inquiète pas mon Totoche, Maman va se soigner. »

M. Henri devait garder cette horreur jusqu’au retour de sa vieille maîtresse. Deux jours après, en allant promener Totoche, il passa devant l’appartement de Mme Cabotte où il aperçut des déménageurs. Le chien poussa un énorme cri et se dirigea vers eux. Monsieur Henri demanda à ces hommes ce qu’ils faisaient. L’hôpital où se trouvait Mme Cabotte a pris la décision de la placer en maison de retraite.

M. Henri va désormais devoir vivre avec Totoche malgré leurs débuts difficiles. Après un bon shampoing, ils deviendront amis et rendront visite à Mme Cabotte toutes les semaines. M. Henri s’occupa du chihuahua mieux que personne et fit de Totoche un magnifique chien.

Texte 3.

La vieille madame Cabotte courut, affolée pour retrouver son chien dans un état pitoyable. Une fois arrivée à l’appartement, elle vit son pauvre petit Totoche, pendu par son collier au porte-manteaux derrière la porte d’entrée. Un chapeau avait été écrasé sur sa tête.

Elle se précipita pour l’enlever du porte-manteaux et lui fit du bouche à bouche. Mais elle ne réussit pas à le réanimer : le cabot puant était mort. La vieille Cabotte était désemparée, pleurant toutes les larmes de son corps.

A quelques jours de Noël, M. Henri, qui ne voulait pas laisser cette vieille dame seule, l’invita à passer les fêtes à ses côtés. Le jour venu, impossible pour lui de lui redonner de la joie de vivre. M. Henri lui avoua qu’il aimait Totoche malgré sa puanteur, son haleine de chacal et ses poils tout sales. La vieille dame touchée par ses paroles, l’invita souvent au point de construire une belle histoire d’amour.

Récit à suites – 1 Cap Coiffure. Choisissez la fin !

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter. Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

CHOISISSEZ LA FIN…

Texte 1

Trois semaines s’étaient passées et la vieille dame n’avait pas tenu compte de ses menaces. L’odeur empirait de jour en jour. Le jeune homme ne supportait plus cette odeur de cadavre.  Il décida donc d’aller voir le concierge de l’immeuble pour lui parler de ce problème qui devenait insupportable pour tous les résidents de l’immeuble.

« Bonjour, je viens vous parler au nom de tous mes voisins d’étage. L’odeur que dégage le chien de madame Gertrude, appartement n °10 étage 2, nous est insupportable. On dirait qu’un cadavre croupit la-dedans.

– Ah oui, c’est vrai que ce clébard dégage une odeur infâme. Mais ce qui me paraît bizarre, c’est que depuis une semaine, je ne l’ai pas vue et que ces journaux s’entassent dans sa boite aux lettres. Nous devrions aller la voir. Je m’inquiète, elle est quand même très vieille. »

Les deux hommes décidèrent de se rendre à l’appartement. Ils toquèrent à la porte, sonnèrent mais pas un bruit, ni de Totoche, ni de la vieille dame. Ils décidèrent alors de forcer la porte. En découvrant ce qu’il y avait derrière, ils pensèrent vivre un cauchemar.  La vieille dame était étalée au sol, pleine de bleus, sur son Totoche, écrasé par sa poitrine. Ils étaient tous les deux morts, surement à la suite d’une chute.

Cette histoire donna une morale à cet homme : « Ne pas juger quelqu’un en fonction de son apparence et de son odeur », car si madame Gertrude n’avait pas été rejetée, elle aurait pu être sauvée…

Texte 2.

La vieille femme resta bouche bée devant sa porte d’entrée, se répéta plusieurs fois la phrase du jeune voisin et se rendit compte que ce jeune homme n’avait pas tord. A vrai dire, cela faisait un peu plus de trois ans qu’elle ne l’avait pas lavé. Elle décida donc de prendre rendez-vous chez le toiletteur.

Le jour J arriva, Totoche allait enfin retrouver son beau pelage d’autrefois !

A peine arrivé, l’odeur de ce vieux cabot avait déjà envahi toute la pièce. Le toiletteur le prit de suite en charge malgré son odeur désastreuse. Il mit un après-midi pour le laver.

En fin de journée, la vieille femme récupéra son vieux Totoche. Elle était impressionnée par le travail du toiletteur. Il sentait merveilleusement bon et le blanc de son pelage était comme neige. Elle décida de rentrer à la maison avec son chien. Arrivée à l’entrée de l’immeuble, elle croisa son jeune voisin. Celui-ci était époustouflé de ne plus sentir l’odeur infecte de ce vieux cabot et de ne plus voir son pelage gris-noir. Il remercia la vieille femme et elle le remercia à son tour de lui avoir ouvert les yeux sur l’état de son vieux Totoche.

Depuis ce jour, les deux voisins ne se firent plus la guerre et même Totoche accepta le jeune homme.

Texte 3.

L’horrible bonne femme se sentit vexée par les propos de son voisin qu’elle ne supportait plus. Elle décida de ne pas se laisser faire et retourna  avec Totoche se confronter au jeune homme. Elle ne prit pas la peine de toquer à sa porte et pénétra directement dans son appartement en hurlant :  » pauvre fou ! Vous vous croyez  malin de vous en prendre ainsi à un vieux chien sans défense ? Tenez mon bébé, je vous le confie et si il ressort de chez vous avec la moindre marque, je porte plainte ! »

Elle mit le chien dans les mains de son voisin qui fit une tête de déterré car il ne s’attendait pas à cette réaction de la part de sa voisine. L’odeur  nauséabonde du chien empesta rapidement tout l’appartement. Très vite, il prit son courage à deux mains et jeta le chien dans la baignoire. le cabot ne cessa d’aboyer tout le long de son nettoyage.

Une bouteille de shampoing plus tard, le chien semblait plus heureux que jamais. le jeune homme le sécha et lui mit un peu de son parfum. Il le ramena à sa maîtresse. Elle ouvrit la porte, en voyant son chien sautant de joie et tortillant la queue comme un petit chiot, une larme coula le long de sa joue. Sa surprise et sa joie étaient si  immenses qu’elle prit le jeune homme dans ses bras. Il se sentit surpris puis fier de sa bonne action ; avoir redonné le sourire à cette vieille femme …

Elle l’invita à boire un café ; il accepta et se mirent à discuter ensemble. Étonnamment, ces deux personnes que tout opposait, se découvrirent des points communs. ils décidèrent d’oublier le passé et de commencer une bonne entente.

Récit à suites 2 Bac pro esthétique – Deuxième semaine

Suite de notre concours d’écriture.

Le texte 1 a été retenu.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé

Voici les trois nouvelles suites.

TEXTE 1 :

Tout en le regardant, elle s’approcha de lui, posa sa canne sur son dos et lui dit :

« Monsieur Henri, que faites-vous chez moi ?! »

« Euh ! … je venais … »

« Vous venez faire quoi ? »

« Voir votre chien »

« Eh bien, Monsieur Henri, puisque vous aimez autant Totoche que ça, vous le sortirez tous les jours, dès demain ! Alors, je ne porterai pas plainte pour violation de domicile! »

Monsieur Henri rentra chez lui, désespéré, son plan n’avait pas fonctionné comme il l’avait prévu. Il est désormais condamné à s’occuper de cet horrible chien, qu’il déteste tant.

Après un moment de réflexion…

TEXTE 2 : Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…

Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.

Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.

Elle hurla :  » MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT !  »

TEXTE 3 :

La vieille dame rentra dans son appartement et constata une trace de salive sur la baie vitrée. Son Totoche n’arrêtait pas d’aboyer. Gertrude et son adorable puanteur sur patte, traversa le couloir comme une furie, frappa à la porte de son voisin pour demander des explications. Lorsqu’il ouvrit la porte Mme Cabotte lui hurla dessus :  » que s’est-il passé chez moi ? C’est vous qui avez fait peur à mon Totoche ?  »

Le voisin céda et lui avoua toute la haine envers le cabot :  » oui, c’est moi. Je suis rentré chez vous pour le laver une bonne fois pour toute car son odeur ignoble empeste dans tout l’immeuble ! Donc, soit je le lave, soit vous le lavez, mais faut trouver une solution !  »

Le chien sauta sur M. Henri qui le propulsa d’un coup de pied au cul sur la tête de Mme Cabotte. L’homme, excédé, claqua la porte.

A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE

Récit à suites 1 CAP Coiffure – Deuxième semaine

Suite de notre concours d’écriture.

Le texte 3 a été retenu.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme. Qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter.

 Voici à nouveau 3 suites qui vous sont proposées….

Suite 1.

Une matinée, alors que le jeune homme prénommé Hayden sortit sur le pas de sa porte pour y récupérer son journal quotidien, il y découvrit une femme… Une femme, mais pas comme les autres. Elle avait de longs cheveux noir ébène, légèrement ondulés, de grands yeux bleus dans lesquels probablement plus d’un homme s était déjà perdu. Ses pommettes étaient rose pâle comme si des pétales de lys s’y étaient déposés. Ses lèvres, quant à elles, étaient pulpeuses. Elle était grande, mince, comparable aux plus grands mannequins. Bref, Hayden crut rêver. Il se frotta les yeux une fois … puis une seconde fois, mais elle était encore là. La jeune femme consciente de son charme lui sourit. Ils se regardèrent quelques instants, puis Hayden se rappela subitement qu’il était en pyjama. Il sentit ses joues s’empourprer, ce qui le rendait encore plus adorable.

Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’au premier étage madame Thurling les observait d’un œil amusé…

« Viens –t-en, ma douce, j’ai besoin de toi ! » prononça la vieille dame d’une voix tremblante. La jeune femme se retourna d’un air apeuré.

Hayden s’interrogeait … Comment se connaissaient-elles ? Qui était-elle ? Elles étaient si différentes ….

Suite 2.

Un matin, alors que la vieille dame sortait son Totoche, elle prit l’ascenseur, quand, tout à coup, il se bloqua. Le chien se mit à aboyer, la vieille dame appuya sur le bouton d’urgence, mais il ne marchait pas.

« Ne t’inquiète pas mon Totoche, tout va bien se passer ! » le chien prit de panique, tournait dans tous les sens pour attraper sa queue. La dame se mit à crier : « AU SECOUUUURS ! » Le jeune homme entendit son appel et sortit de chez lui. Il arriva vers elle et lui demanda ce qui se passait. D’une voix apeurée, la vieille dame répondit :

« C’est l’ascenseur qui s’est bloqué !

-Ne vous inquiétez pas, madame Ginette, je vais aller chercher le gardien.

– Oui, faites donc, mon Totoche a très envie d’aller au petit coin ! »

Le beau jeune homme, s’empressa de prévenir le gardien.

Suite 3.

Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE

Concours d’écriture 1 CAP Coiffure et 2 Bac Pro esthétique – VOTEZ pour votre suite préférée !

C’est reparti pour une nouvelle édition de notre concours d’écriture. Cette année deux classes écriront à partir du même texte. C’est un début de nouvelle d’un auteur francophone,  dont nous vous donnerons les références à la fin du jeu, c’est à dire dans trois semaines. Le dernier vote par les élèves aura lieu le 14 décembre et nous aurons alors trois nouvelles, certainement très différentes : celle de l’auteur, celle des élèves de  coiffure et celle des élèves d’esthétique.

Nous publierons chaque semaine les trois textes à départager pour chaque classe.

Voici les textes imaginés par les élèves de 2 bac pro esthétiques. Le début est le même que pour les CAP mais leur imagination les a entraîné vers d’autres chemins….

A VOUS DE VOTER …

Pensez aussi à voter pour les textes des élèves de coiffure (article précédent)

Texte de départ :

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

Suite 1.

Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.

A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé…

Suite 2.

Un jour pas comme les autres, alors que Pierre partait travailler, il croisa Ginette, la vieille femme. Elle n’était pas comme d’habitude, assise sur les escaliers, elle pleurait. Cela attira l’attention de Pierre.

-Bonjour Ginette, qu’avez-vous ?

– Je vais être hospitalisée la semaine prochaine et je n’ai pas de solution pour placer mon chien. Je n’ai pas de famille.

Bien  qu’il n’appréciait pas du tout la vieille femme, il prit pitié, conscient que son vieux cabot était son seul ami.

Une semaine plus tard, Ginette déposa son chien. A peine partie, Pierre regarda cet affreux chien et lui dit d’un ton ironique « on va bien s’entendre nous  deux ».

La nuit tombée, il n’arrivait toujours pas à dormir car l’odeur répugnante de ce sac de bave s’était propagée dans tout l’appartement. le lendemain, il fut réveillé par les aboiements du chien. A peine levé, il aperçut son appartement tout retourné. le chihuahua avait uriné sur sa brioche du matin, déchiré les rideaux et un bout de canapé. Horreur !

Ne supportant l’odeur infecte du chien, il décida de s’attaquer à ce premier problème. Il veut aller chez le vétérinaire acheter du shampoing. Prêt à mettre ses chaussures, il ne se rendit pas compte que celles-ci étaient pleines de bave…

Suite 3.

S’en était assez, il décida de parler à la vieille dame :

– Vous penserez à laver Totoche et à lui apprendre à fermer sa gueule !

– Oh ! je ne vous permets pas de parler de mon Totoche comme ça ! Il sent très bon mon petit Loulou !

Elle monta chez elle très énervée de l’attitude de son voisin et décida de venger son petit Totoche.

Le lendemain avant de le descendre faire ses besoins dans la rue, elle l’emmena sur le paillasson de son voisin. Ce dernier allant chercher son journal comme tous les matins, marcha dedans. Il enleva sa chaussure et l’essuya sur la poignée de porte de la vieille dame et échangea les paillassons.