Cher inconnu / Berlie DOHERTY

La vie est facile et légère pour Helen. Elle a seize ans et vit une belle histoire d’amour avec Chris. Mais l’univers bascule le jour où elle découvre qu’elle est enceinte. Comment accepter cette vie qui grandit en elle ?

Un livre essentiel et bouleversant sur l’amour et l’expérience de la vie.

Trente-six chandelles / Marie-Sabine ROGER

Roger trente six chandelles

Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l’heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans.

La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ?  Y-a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?

Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d’une malédiction familiale ?

Entre la saga tragique et hilarante des Decime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un  Mortimer finalement  résigné au pire.
Mais qui sait si le Destin et l’Amour, qui n’en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ?

Dans son nouveau roman, Marie-Sabine Roger fait preuve, comme toujours, de fantaisie et d’humour, et nous donne une belle leçon d’humanité.

L’heure des récompenses

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C’est autour d’un goûter que le récit à suites s’est terminé. Après la lecture de la nouvelle créée par les deux classes et la présentation de romans, c’est avec jus de fruits, gâteaux et chocolats que la rencontre a pris fin. Un moment de partage bine agréable pour reprendre quelques forces avant de nouvelles écritures et lectures.

Un nouveau concours d’écriture !

Les 2 Cap coiffure et les 2 Bac pro esthétique vont se succéder pour écrire une nouvelle .

Fin de ce concours et résultat de l’écriture à plusieurs voix. 

Nous avions pris le début dans le roman Trente-six chandelles de Marie-Sabine ROGER

Début de la nouvelle :

On a beau essayer de prévoir l’imprévisible, l’intempestif survient au plus mauvais moment : je m’apprêtais à mourir.

Décéder fait partie de ces moments intimes qui supportent assez mal les témoins importuns.

Je m’étais préparé de longue date, en vue de ce dernier instant. J’avais résilié mon bail pour la fin du mois. Le ménage était fait, poubelles sorties, placards et réfrigérateur vidés, vitres et sol à peu près impeccables. Je venais de couper le gaz et l’électricité, après mon café du matin.

Mes papiers étaient tous en ordre. Je pouvais m’en aller serein.

Il est difficile de se dire que je vais mourir aujourd’hui. Je suis assis dans mon fauteuil et je réfléchis. Je m’imagine une autre vie, une vie où je pourrais vivre un peu plus longtemps, où je pourrais profiter de chaque jour comme si c’était le dernier. Marie, ma femme devait se dire la même chose avant de mourir, elle devait penser à son passé et s’imaginer son futur … Je me pose tellement de questions … Y-a-t-il un paradis comme certains le disent ? Y-a-t-il une vie après notre mort ? Vais-je retrouver ma femme qui est morte avant moi ? Vais-je retrouver ma mère, mon père, ma famille ? Je ne sais pas. J’ai peur, peur de la réalité et ce qui m’attend après. Je ne veux pas laisser mes enfants tout seuls même s’ils sont grands maintenant. Ils ne savent pas que je vais mourir aujourd’hui, ils savent juste que j’ai une grave maladie.

Je me sens diminuer peu à peu, ma respiration diminue… Je réfléchis toujours. Je pense à faire une lettre à mes enfants pour tout leur expliquer. Demain quand ils viendront à neuf heures précises, comme tous les jours, ils me découvriront sur mon fauteuil avec la lettre.

Je ne sais plus où je suis. Je ne sens presque plus mes membres, je suis comme paralysé. J’ai des frissons et une vague de froid me parcoure le corps. J’ai cette sensation étrange de « tomber »… D’un coup, je me retrouve en lévitation. Je flotte dans les airs, je suis sûr que je ne rêve pas. Je regarde autour de moi. Je me demande comment c’est possible de voir ma maison de ce point de vue. Mais, ce n’est pas ça le plus inquiétant … Je voyais mon corps inanimé sur le canapé, avec, sur la petite table, devant, ma lettre ! L’horloge indiquait 9 heures, on frappait à la porte…

Surpris que je n’ouvre pas, mes enfants sont rentrés, grâce au double des clés. Ils arrivent dans le salon. Je tente de leurs parler mais, ils ne m’entendent pas et ne me voient également pas. Après avoir essayé de me réveiller ; en vain, et après avoir lu ma lettre, ils comprennent que je suis mort. L’un d’eux dit tout de même : « je le ressens, il est là ».

Le fait de voir mes enfants autour de mon fauteuil, en larmes, sans pouvoir les toucher, sans pouvoir leur parler, ça me met hors de moi. Mais il y a un bon côté à tout cela : j’ai retrouvé ma femme. Elle est toujours aussi belle que quand elle nous a quittés. J’aurais aimé leur dire quelques mots avant de mourir sur mon fauteuil. J’aurais pu leur dire une dernière fois que je les aimais, que je ne les oublierai jamais. Ils seront toujours dans mon cœur quoi qu’il se passe.

Pour en revenir à ma femme, je lui ai dit que je l’aimais comme au premier jour, je lui ai dit aussi que je me rappellerai toujours le jour où nos regards se sont croisés. Je n’ai cessé de lui dire à quel point je la trouvais magnifique, je lui ai également répété à quel point sa beauté m’illuminait. Je lui ai répété que je l’avais toujours aimé, que je l’aimerais toujours. Elle ne me croyait pas quand je lui ai dit que je ne pourrais jamais en aimer une autre. Je lui ai raconté tout ce qui s’était passé depuis sa mort, dans les moindres détails…

Puis …je ressentis mes membres, je pouvais à nouveau bouger ! J’ai tout de suite compris que j’étais revenu à la vie… 

C’était magnifique ! J’étais vraiment de retour, mais une seule chose me hantait l’esprit, c’était horrible : comment mes enfants allaient réagir en me voyant debout, devant eux ? Ils avaient lu la lettre, c’était trop tard, ils savaient tout : j’allais m’en prendre une pleine poire, ça se comprenait.

Aurélie fut la première à me remarquer. J’ai vu sur son visage que sa colère était immense. A côté Gabriel, mon fils, me vit aussi. Sa rage était tellement marquée dans ses yeux qu’il arriva vers moi et me mit une gifle en pleine face ! Aurélie hurla qu’elle voulait que je m’explique. Je lui ai donc dit : « tu n’es qu’une petite sotte. Regarde-toi, tu es laide ma fille à te mettre ainsi en colère. » Elle me répondit : « Et toi, tu es ignoble, tu as détruit ma vie, sale type ! » Et puis ce fut le tour de Gabriel : « Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu devrais te cacher et avoir honte ! Tu devrais même rejoindre réellement maman, mais même elle, ne voudrait pas de toi ! » Je lui répondis qu’il s’énervait bien vite, que ce n’était rien … juste un raté. Mes deux enfants étaient en rogne contre moi. Après tout, j’ai juste avoué dans ma lettre que j’avais mangé tout leur futur héritage et que j’avais eu une relation avec une autre femme. J’en avais bien profité ! Mais pourquoi ces reproches ? Aurais-je dû aller au ciel ? Aidez-moi !

Dans ma tête tout était en vrac. D’un côté, j’avais honte de mon comportement, de l’autre, j’avais peur de la colère de mes enfants et de leur vérité qu’ils allaient me balancer à la figure. Je me suis levé. Je leur ai dit de me suivre jusqu’à la cuisine. Ma fille m’a dit : »Pourquoi faire ? Si c’est pour fuir toute explication autant rester dans ton canapé et répondre à nos questions ! » je lui ai répondu qu’il n’y avait pas d’explications. En plus je ne sais même pas pour quelles raisons, ils sont remontés contre moi. Mon fils lui dit qu’il ne me le pardonnera jamais, que je suis un mauvais père et qu’il n’emmènera plus sa fille dans cette maison. Alors j’ai commencé à m’énerver et j’ai voulu savoir le pourquoi de leur colère. Alors j’ai crié haut et fort : « Mais pourquoi êtes-vous tant énervés ? Si c’est à cause de l’argent, j’ai le droit de me faire plaisir, non ? J’ai travaillé des années, et dur pour avoir une belle retraite ! »

Une bagarre se déclencha…

Ma fille me lança : « tu n’es qu’un traitre ! J’aurais préféré que tu meurs, pour de vrai ! » Et son visage s’illumina, elle me regarda avec des yeux pervers. Et elle reprit : « Depuis que maman est partie, tu es devenu un bon à rien, tu ne mérites qu’une chose : crever ! » Elle me tendit un couteau . Je lui ai demandé :

« C’est pour quoi faire ?

-Te tuer, bon sang ! » me répondit-elle froidement. Elle me faisait peur. « Allez vas-y » dit-elle. J’avais le couteau dans ma main, je le regardais sans savoir quoi faire. Je me suis dit qu’elle avait raison. Je m’en voulais. Les larmes montaient. Je me suis rappelé tout le mal que j’avais pu faire depuis que ma femme était partie. Gabriel était au téléphone depuis un moment. Cela m’arrangeait car il ne voyait pas ce qui allait se passer. J’ai approché le couteau de plus en plus près de mon cœur. Aurélie prononça : « c’est ce que tu mérites, salaud » Et là, je l’ai enfoncé. Je sentis tout à coup une chaleur, je tombai à genoux, puis ensuite ma tête claqua sur le sol. J’entendis ma fille dire en sanglotant : « Oui, allo, venez vite, j’ai retrouvé mon père sans vie ». Et là, je vis flou, je n’entendis plus rien. Ça y est, je partais pour de vrai !

Nos étoiles contraires / John GREEN

Green, nos étoiles

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie. Élu  » Meilleur roman 2012  » par le Time Magazine ! Prix de L’Échappée Lecture 2014 de la Nièvre Prix du Jury littéraire Giennois 2014

« Un roman sur la vie, la mort et les gens qui se retrouvent coincés entre les deux. Nos étoiles contraires, c’est John Green au sommet de son art. On rit, on pleure, et on en redemande.  » Markus ZUSAK, auteur du bestseller La voleuse de livres.

Le village évanoui / Bernard QUIRINY

quiriny village

Un beau matin de septembre, les habitants de Châtillon-en-Bierre se retrouvent confrontés à un curieux phénomène : il leur devient soudain impossible de quitter leur village. Les routes n’aboutissent plus nulle part, tout comme les coups de téléphone et les e-mails. Après la sidération du début, il faut très vite affronter des questions pratiques (comment manger, se soigner, etc.), puis des questions métaphysiques. Les Châtillonnais sont-ils désormais seuls dans l’univers ? Est-ce un signe de Dieu ?

Jouant de situations tantôt cocasses, tantôt tragiques, Bernard Quiriny signe une savoureuse fable sur la démondialisation doublée d’une interrogation sur le sens de l’existence.

Sauf quand on les aime / Frédérique MARTIN

Martin sauf quand

Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans et la vie les a malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L’arrivée de l’indomptable Tisha et les tourments enflammés de Monsieur Bréhel vont tout bousculer.

De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent coûte que coûte de préserver leur tendresse et leur solidarité. Jusqu’au jour où la violence leur impose la mesure du réel.

Sauf quand on les aime ébauche le portrait d’une jeunesse silencieuse qui peine à se mettre au monde. Une jeunesse meurtrie en quête de liberté et d’avenir, confrontée au défi d’aimer.

L’ombre de nous-mêmes / Karine REYSSET

Reysset l'ombre de

Elles ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, Alma, incarcérée dans un quartier réservé aux jeunes mères, s’accroche à l’enfant qu’elle y a mis au monde et aux lettres qu’elle envoie comme autant de bouteilles à la mer. Dans la cellule voisine, Lucinda, tombée pour trafic de drogue entre la France et l’Argentine, apaise sa détresse en faisant défiler les souvenirs enchantés d’une enfance dont le fil s’est brutalement brisé. De l’autre côté des barreaux, Sarah, la fille aînée d’Alma, se confie à son ordinateur et tente de maintenir le lien entre sa mère et ceux qui au-dehors attendent son retour. Correspondances, carnets, fragments, confessions filmées, Karine Reysset puise dans de multiples ressources du genre romanesque pour mieux entremêler ces trois itinéraires bouleversants.

Nous étions une histoire / Olivia ELKAIM

« Nous sommes une famille ordinaire, une famille sans histoire. »

ELKAIM, npus étions

Quand Anita accouche d’un petit garçon, toute sa famille se réjouit. Pas elle. Angoisses, nuits sans sommeil, hallucinations… Le présent se dérobe, le passé refait surface. D’où vient un tel désarroi ? Anita quitte son mari et son bébé pour fuir vers Marseille, ville qui fut le théâtre d’un psychodrame familial. Elle tente de comprendre comment, entre sa mère, l’omniprésente et égocentrique Rosie, et sa grand-mère, Odette, séductrice et alcoolique, elle peut trouver sa place.

Être une femme et une mère. Aimer les siens et les détester. Se souvenir et oublier. Percer les secrets qui font notre identité.
Dans ce roman sensible et violent, tendre comme un chagrin d’enfant, Olivia Elkaim dresse le portrait de trois femmes au bord de la crise de nerfs.

Rhinocéros / Eugène IONESCO

« Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! »