Un nouveau concours d’écriture !

Les 2 Cap coiffure et les 2 Bac pro esthétique vont se succéder pour écrire une nouvelle .

Fin de ce concours et résultat de l’écriture à plusieurs voix. 

Nous avions pris le début dans le roman Trente-six chandelles de Marie-Sabine ROGER

Début de la nouvelle :

On a beau essayer de prévoir l’imprévisible, l’intempestif survient au plus mauvais moment : je m’apprêtais à mourir.

Décéder fait partie de ces moments intimes qui supportent assez mal les témoins importuns.

Je m’étais préparé de longue date, en vue de ce dernier instant. J’avais résilié mon bail pour la fin du mois. Le ménage était fait, poubelles sorties, placards et réfrigérateur vidés, vitres et sol à peu près impeccables. Je venais de couper le gaz et l’électricité, après mon café du matin.

Mes papiers étaient tous en ordre. Je pouvais m’en aller serein.

Il est difficile de se dire que je vais mourir aujourd’hui. Je suis assis dans mon fauteuil et je réfléchis. Je m’imagine une autre vie, une vie où je pourrais vivre un peu plus longtemps, où je pourrais profiter de chaque jour comme si c’était le dernier. Marie, ma femme devait se dire la même chose avant de mourir, elle devait penser à son passé et s’imaginer son futur … Je me pose tellement de questions … Y-a-t-il un paradis comme certains le disent ? Y-a-t-il une vie après notre mort ? Vais-je retrouver ma femme qui est morte avant moi ? Vais-je retrouver ma mère, mon père, ma famille ? Je ne sais pas. J’ai peur, peur de la réalité et ce qui m’attend après. Je ne veux pas laisser mes enfants tout seuls même s’ils sont grands maintenant. Ils ne savent pas que je vais mourir aujourd’hui, ils savent juste que j’ai une grave maladie.

Je me sens diminuer peu à peu, ma respiration diminue… Je réfléchis toujours. Je pense à faire une lettre à mes enfants pour tout leur expliquer. Demain quand ils viendront à neuf heures précises, comme tous les jours, ils me découvriront sur mon fauteuil avec la lettre.

Je ne sais plus où je suis. Je ne sens presque plus mes membres, je suis comme paralysé. J’ai des frissons et une vague de froid me parcoure le corps. J’ai cette sensation étrange de « tomber »… D’un coup, je me retrouve en lévitation. Je flotte dans les airs, je suis sûr que je ne rêve pas. Je regarde autour de moi. Je me demande comment c’est possible de voir ma maison de ce point de vue. Mais, ce n’est pas ça le plus inquiétant … Je voyais mon corps inanimé sur le canapé, avec, sur la petite table, devant, ma lettre ! L’horloge indiquait 9 heures, on frappait à la porte…

Surpris que je n’ouvre pas, mes enfants sont rentrés, grâce au double des clés. Ils arrivent dans le salon. Je tente de leurs parler mais, ils ne m’entendent pas et ne me voient également pas. Après avoir essayé de me réveiller ; en vain, et après avoir lu ma lettre, ils comprennent que je suis mort. L’un d’eux dit tout de même : « je le ressens, il est là ».

Le fait de voir mes enfants autour de mon fauteuil, en larmes, sans pouvoir les toucher, sans pouvoir leur parler, ça me met hors de moi. Mais il y a un bon côté à tout cela : j’ai retrouvé ma femme. Elle est toujours aussi belle que quand elle nous a quittés. J’aurais aimé leur dire quelques mots avant de mourir sur mon fauteuil. J’aurais pu leur dire une dernière fois que je les aimais, que je ne les oublierai jamais. Ils seront toujours dans mon cœur quoi qu’il se passe.

Pour en revenir à ma femme, je lui ai dit que je l’aimais comme au premier jour, je lui ai dit aussi que je me rappellerai toujours le jour où nos regards se sont croisés. Je n’ai cessé de lui dire à quel point je la trouvais magnifique, je lui ai également répété à quel point sa beauté m’illuminait. Je lui ai répété que je l’avais toujours aimé, que je l’aimerais toujours. Elle ne me croyait pas quand je lui ai dit que je ne pourrais jamais en aimer une autre. Je lui ai raconté tout ce qui s’était passé depuis sa mort, dans les moindres détails…

Puis …je ressentis mes membres, je pouvais à nouveau bouger ! J’ai tout de suite compris que j’étais revenu à la vie… 

C’était magnifique ! J’étais vraiment de retour, mais une seule chose me hantait l’esprit, c’était horrible : comment mes enfants allaient réagir en me voyant debout, devant eux ? Ils avaient lu la lettre, c’était trop tard, ils savaient tout : j’allais m’en prendre une pleine poire, ça se comprenait.

Aurélie fut la première à me remarquer. J’ai vu sur son visage que sa colère était immense. A côté Gabriel, mon fils, me vit aussi. Sa rage était tellement marquée dans ses yeux qu’il arriva vers moi et me mit une gifle en pleine face ! Aurélie hurla qu’elle voulait que je m’explique. Je lui ai donc dit : « tu n’es qu’une petite sotte. Regarde-toi, tu es laide ma fille à te mettre ainsi en colère. » Elle me répondit : « Et toi, tu es ignoble, tu as détruit ma vie, sale type ! » Et puis ce fut le tour de Gabriel : « Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu devrais te cacher et avoir honte ! Tu devrais même rejoindre réellement maman, mais même elle, ne voudrait pas de toi ! » Je lui répondis qu’il s’énervait bien vite, que ce n’était rien … juste un raté. Mes deux enfants étaient en rogne contre moi. Après tout, j’ai juste avoué dans ma lettre que j’avais mangé tout leur futur héritage et que j’avais eu une relation avec une autre femme. J’en avais bien profité ! Mais pourquoi ces reproches ? Aurais-je dû aller au ciel ? Aidez-moi !

Dans ma tête tout était en vrac. D’un côté, j’avais honte de mon comportement, de l’autre, j’avais peur de la colère de mes enfants et de leur vérité qu’ils allaient me balancer à la figure. Je me suis levé. Je leur ai dit de me suivre jusqu’à la cuisine. Ma fille m’a dit : »Pourquoi faire ? Si c’est pour fuir toute explication autant rester dans ton canapé et répondre à nos questions ! » je lui ai répondu qu’il n’y avait pas d’explications. En plus je ne sais même pas pour quelles raisons, ils sont remontés contre moi. Mon fils lui dit qu’il ne me le pardonnera jamais, que je suis un mauvais père et qu’il n’emmènera plus sa fille dans cette maison. Alors j’ai commencé à m’énerver et j’ai voulu savoir le pourquoi de leur colère. Alors j’ai crié haut et fort : « Mais pourquoi êtes-vous tant énervés ? Si c’est à cause de l’argent, j’ai le droit de me faire plaisir, non ? J’ai travaillé des années, et dur pour avoir une belle retraite ! »

Une bagarre se déclencha…

Ma fille me lança : « tu n’es qu’un traitre ! J’aurais préféré que tu meurs, pour de vrai ! » Et son visage s’illumina, elle me regarda avec des yeux pervers. Et elle reprit : « Depuis que maman est partie, tu es devenu un bon à rien, tu ne mérites qu’une chose : crever ! » Elle me tendit un couteau . Je lui ai demandé :

« C’est pour quoi faire ?

-Te tuer, bon sang ! » me répondit-elle froidement. Elle me faisait peur. « Allez vas-y » dit-elle. J’avais le couteau dans ma main, je le regardais sans savoir quoi faire. Je me suis dit qu’elle avait raison. Je m’en voulais. Les larmes montaient. Je me suis rappelé tout le mal que j’avais pu faire depuis que ma femme était partie. Gabriel était au téléphone depuis un moment. Cela m’arrangeait car il ne voyait pas ce qui allait se passer. J’ai approché le couteau de plus en plus près de mon cœur. Aurélie prononça : « c’est ce que tu mérites, salaud » Et là, je l’ai enfoncé. Je sentis tout à coup une chaleur, je tombai à genoux, puis ensuite ma tête claqua sur le sol. J’entendis ma fille dire en sanglotant : « Oui, allo, venez vite, j’ai retrouvé mon père sans vie ». Et là, je vis flou, je n’entendis plus rien. Ça y est, je partais pour de vrai !

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