Suite de notre concours d’écriture.
Le texte 1 a été retenu.
Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.
Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.
– Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.
Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.
Le lendemain, ne supportant plus ce sale chien, il mit au point un plan pour l’exterminer. Le soir même, surveillant la voisine, naïvement, depuis sa porte, il attendit qu’elle aille chercher son courrier pour pénétrer dans son appartement. Le moment venu, il courut chez Madame Cabotte, ouvrit la première porte, et, dans sa foulée, se heurta violemment contre la baie vitrée. Le chien, réveillé par surprise, redressa la tête, vit l’homme allongé par terre et fit son rictus ridicule.
A moitié assommé, monsieur Henri rampa péniblement jusqu’à son appartement, observé par Mme Cabotte qui se demandait bien ce qui lui était arrivé…
Voici les trois nouvelles suites.
TEXTE 1 :
Tout en le regardant, elle s’approcha de lui, posa sa canne sur son dos et lui dit :
« Monsieur Henri, que faites-vous chez moi ?! »
« Euh ! … je venais … »
« Vous venez faire quoi ? »
« Voir votre chien »
« Eh bien, Monsieur Henri, puisque vous aimez autant Totoche que ça, vous le sortirez tous les jours, dès demain ! Alors, je ne porterai pas plainte pour violation de domicile! »
Monsieur Henri rentra chez lui, désespéré, son plan n’avait pas fonctionné comme il l’avait prévu. Il est désormais condamné à s’occuper de cet horrible chien, qu’il déteste tant.
Après un moment de réflexion…
TEXTE 2 : Déçu de son échec de la veille, il décida de refaire une tentative…
Le matin suivant, quand la vieille Cabotte sortit ses poubelles, il en profita pour retourner dans l’appartement, vérifia que personne ne le voit, et pénétra dans la pièce.
Entendant, la vieille remonter, Monsieur Henri se précipita et glissa sur ce chihuahua horriblement laid et puant. Celui-ci poussa un aboiement effroyable qui résonna dans tout l’immeuble et jusque dans les oreilles de sa vieille maîtresse.
Elle hurla : » MAIS QU’EST-CE QUI T’ARRIVE MON PETIT TOTOCHE ! MAMAN REVIENT ! »
TEXTE 3 :
La vieille dame rentra dans son appartement et constata une trace de salive sur la baie vitrée. Son Totoche n’arrêtait pas d’aboyer. Gertrude et son adorable puanteur sur patte, traversa le couloir comme une furie, frappa à la porte de son voisin pour demander des explications. Lorsqu’il ouvrit la porte Mme Cabotte lui hurla dessus : » que s’est-il passé chez moi ? C’est vous qui avez fait peur à mon Totoche ? »
Le voisin céda et lui avoua toute la haine envers le cabot : » oui, c’est moi. Je suis rentré chez vous pour le laver une bonne fois pour toute car son odeur ignoble empeste dans tout l’immeuble ! Donc, soit je le lave, soit vous le lavez, mais faut trouver une solution ! »
Le chien sauta sur M. Henri qui le propulsa d’un coup de pied au cul sur la tête de Mme Cabotte. L’homme, excédé, claqua la porte.
A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE