Récit à suites 1 CAP Coiffure – Deuxième semaine

Suite de notre concours d’écriture.

Le texte 3 a été retenu.

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme. Qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter.

 Voici à nouveau 3 suites qui vous sont proposées….

Suite 1.

Une matinée, alors que le jeune homme prénommé Hayden sortit sur le pas de sa porte pour y récupérer son journal quotidien, il y découvrit une femme… Une femme, mais pas comme les autres. Elle avait de longs cheveux noir ébène, légèrement ondulés, de grands yeux bleus dans lesquels probablement plus d’un homme s était déjà perdu. Ses pommettes étaient rose pâle comme si des pétales de lys s’y étaient déposés. Ses lèvres, quant à elles, étaient pulpeuses. Elle était grande, mince, comparable aux plus grands mannequins. Bref, Hayden crut rêver. Il se frotta les yeux une fois … puis une seconde fois, mais elle était encore là. La jeune femme consciente de son charme lui sourit. Ils se regardèrent quelques instants, puis Hayden se rappela subitement qu’il était en pyjama. Il sentit ses joues s’empourprer, ce qui le rendait encore plus adorable.

Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’au premier étage madame Thurling les observait d’un œil amusé…

« Viens –t-en, ma douce, j’ai besoin de toi ! » prononça la vieille dame d’une voix tremblante. La jeune femme se retourna d’un air apeuré.

Hayden s’interrogeait … Comment se connaissaient-elles ? Qui était-elle ? Elles étaient si différentes ….

Suite 2.

Un matin, alors que la vieille dame sortait son Totoche, elle prit l’ascenseur, quand, tout à coup, il se bloqua. Le chien se mit à aboyer, la vieille dame appuya sur le bouton d’urgence, mais il ne marchait pas.

« Ne t’inquiète pas mon Totoche, tout va bien se passer ! » le chien prit de panique, tournait dans tous les sens pour attraper sa queue. La dame se mit à crier : « AU SECOUUUURS ! » Le jeune homme entendit son appel et sortit de chez lui. Il arriva vers elle et lui demanda ce qui se passait. D’une voix apeurée, la vieille dame répondit :

« C’est l’ascenseur qui s’est bloqué !

-Ne vous inquiétez pas, madame Ginette, je vais aller chercher le gardien.

– Oui, faites donc, mon Totoche a très envie d’aller au petit coin ! »

Le beau jeune homme, s’empressa de prévenir le gardien.

Suite 3.

Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

A VOUS DE VOTER POUR VOTRE SUITE PREFEREE

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