Récit à suites – 1 Cap Coiffure. Choisissez la fin !

Ils ne se voyaient que dans la cage d’escalier. Au moins une fois par jour. Le plus souvent, deux.

Le matin, il sortait sur le palier pour saisir son exemplaire du Devoir et il entendait sa voix mielleuse – celle qu’elle ne destinait qu’à son sale  cabot, un vieux chihuahua borgne qui sentait la viande un peu trop faisandée.

–          Viens-t-en, mon Totoche, monte les marches, c’est ça. Beau ti-chien.

Il recevait l’odeur du chien bien avant de les apercevoir, tous deux peinant également sur les marches étroites. Bon sang, qu’il puait. Vraiment. Une charogne. Dès qu’ils arrivaient à portée de truffe, la bête avisait de son œil unique l’homme penché sur le paillasson et partait la machine. Il lançait d’abord un long grognement sourd, qu’on eût dit venir bien plus du ventre d’un monstre de film japonais que de celui d’un chihuahua. Il fallait avouer tout de même qu’il avait du coffre, ce cabot. Puis arborant un rictus ridicule, mais dont le but était d’effrayer son ennemi, il se mettait à aboyer avec une haine convaincue.

A vrai dire, dès l’arrivée du jeune homme dans ce building du 15 ème arrondissement de Paris, rien ne s’était passé comme prévu avec sa vieille voisine. Personne ne l’appréciait, elle était grosse, comparable à un ballon de baudruche prêt à exploser à la moindre occasion. Ses cheveux poivre et sel étaient la plupart du temps très gras ; à croire qu’elle était sponsorisée par Végétaline. Ne sachant pas accorder les couleurs, on la croyait tout droit sortie d’un cirque. De plus son horrible clébard ne se gênait pas pour se dépoiler sur ses vêtements miteux. Voilà pourquoi cette octogénaire ne fut jamais accompagnée par un homme : qui voudrait d’une vieille folle, sale et méchante, toujours suivie par son fidèle compagnon ?

Quant au jeune homme, son voisin, c’était tout le contraire. Il était beau, grand, brun, avec des yeux bleus… des yeux qui en disaient long, probablement charmeur. Il était fort discret, légèrement timide mais tellement agréable à regarder comme à écouter. Il vivait seul dans son appartement. C’était un jeune homme qui s’entendait avec tout le monde. Il était toujours vêtu de son costume digne d’un homme d’affaires. Sa voisine le détestait tellement que quand elle croisait  d’autres voisins, elle leur disait : « mon voisin a encore ramené une nouvelle conquête cette nuit. Ils sont tellement bruyants qu’ils font peur à mon Totoche. » Cette femme était le diable incarné. On aurait dit qu’elle était née pour pourrir la vie de ce jeune homme.

Le lendemain, comme tous les jours, le jeune homme sortit pour ramasser son journal et comme tous les jours, il sentit l’odeur de ce vieux sac à puces. Mais cette fois, c’était la fois de trop : il décida de frapper à la porte de la vieille femme et déballa toute sa haine envers le clébard :

« Aujourd’hui, c’est la goutte d’eau  qui fait déborder le vase. L’odeur est insupportable, votre chien asphyxie tout l’immeuble. Soit vous le lavez dans la semaine, soit c’est moi qui m’en occupe et vous allez le regretter ! Au revoir ! »

Il claqua la porte et s’en alla très énervé.

CHOISISSEZ LA FIN…

Texte 1

Trois semaines s’étaient passées et la vieille dame n’avait pas tenu compte de ses menaces. L’odeur empirait de jour en jour. Le jeune homme ne supportait plus cette odeur de cadavre.  Il décida donc d’aller voir le concierge de l’immeuble pour lui parler de ce problème qui devenait insupportable pour tous les résidents de l’immeuble.

« Bonjour, je viens vous parler au nom de tous mes voisins d’étage. L’odeur que dégage le chien de madame Gertrude, appartement n °10 étage 2, nous est insupportable. On dirait qu’un cadavre croupit la-dedans.

– Ah oui, c’est vrai que ce clébard dégage une odeur infâme. Mais ce qui me paraît bizarre, c’est que depuis une semaine, je ne l’ai pas vue et que ces journaux s’entassent dans sa boite aux lettres. Nous devrions aller la voir. Je m’inquiète, elle est quand même très vieille. »

Les deux hommes décidèrent de se rendre à l’appartement. Ils toquèrent à la porte, sonnèrent mais pas un bruit, ni de Totoche, ni de la vieille dame. Ils décidèrent alors de forcer la porte. En découvrant ce qu’il y avait derrière, ils pensèrent vivre un cauchemar.  La vieille dame était étalée au sol, pleine de bleus, sur son Totoche, écrasé par sa poitrine. Ils étaient tous les deux morts, surement à la suite d’une chute.

Cette histoire donna une morale à cet homme : « Ne pas juger quelqu’un en fonction de son apparence et de son odeur », car si madame Gertrude n’avait pas été rejetée, elle aurait pu être sauvée…

Texte 2.

La vieille femme resta bouche bée devant sa porte d’entrée, se répéta plusieurs fois la phrase du jeune voisin et se rendit compte que ce jeune homme n’avait pas tord. A vrai dire, cela faisait un peu plus de trois ans qu’elle ne l’avait pas lavé. Elle décida donc de prendre rendez-vous chez le toiletteur.

Le jour J arriva, Totoche allait enfin retrouver son beau pelage d’autrefois !

A peine arrivé, l’odeur de ce vieux cabot avait déjà envahi toute la pièce. Le toiletteur le prit de suite en charge malgré son odeur désastreuse. Il mit un après-midi pour le laver.

En fin de journée, la vieille femme récupéra son vieux Totoche. Elle était impressionnée par le travail du toiletteur. Il sentait merveilleusement bon et le blanc de son pelage était comme neige. Elle décida de rentrer à la maison avec son chien. Arrivée à l’entrée de l’immeuble, elle croisa son jeune voisin. Celui-ci était époustouflé de ne plus sentir l’odeur infecte de ce vieux cabot et de ne plus voir son pelage gris-noir. Il remercia la vieille femme et elle le remercia à son tour de lui avoir ouvert les yeux sur l’état de son vieux Totoche.

Depuis ce jour, les deux voisins ne se firent plus la guerre et même Totoche accepta le jeune homme.

Texte 3.

L’horrible bonne femme se sentit vexée par les propos de son voisin qu’elle ne supportait plus. Elle décida de ne pas se laisser faire et retourna  avec Totoche se confronter au jeune homme. Elle ne prit pas la peine de toquer à sa porte et pénétra directement dans son appartement en hurlant :  » pauvre fou ! Vous vous croyez  malin de vous en prendre ainsi à un vieux chien sans défense ? Tenez mon bébé, je vous le confie et si il ressort de chez vous avec la moindre marque, je porte plainte ! »

Elle mit le chien dans les mains de son voisin qui fit une tête de déterré car il ne s’attendait pas à cette réaction de la part de sa voisine. L’odeur  nauséabonde du chien empesta rapidement tout l’appartement. Très vite, il prit son courage à deux mains et jeta le chien dans la baignoire. le cabot ne cessa d’aboyer tout le long de son nettoyage.

Une bouteille de shampoing plus tard, le chien semblait plus heureux que jamais. le jeune homme le sécha et lui mit un peu de son parfum. Il le ramena à sa maîtresse. Elle ouvrit la porte, en voyant son chien sautant de joie et tortillant la queue comme un petit chiot, une larme coula le long de sa joue. Sa surprise et sa joie étaient si  immenses qu’elle prit le jeune homme dans ses bras. Il se sentit surpris puis fier de sa bonne action ; avoir redonné le sourire à cette vieille femme …

Elle l’invita à boire un café ; il accepta et se mirent à discuter ensemble. Étonnamment, ces deux personnes que tout opposait, se découvrirent des points communs. ils décidèrent d’oublier le passé et de commencer une bonne entente.

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